Philippe Mettens, le bourgmestre de Flobecq révoqué !
Philippe Mettens, le bourgmestre socialiste de la petite entité hennuyère de Flobecq, était, selon le gouvernement wallon, dans l'illégalité depuis le début du mois de janvier. L'élu a été purement et simplement révoqué. Un fait rarissime dans notre pays.
Le gouvernement wallon de ce jeudi a tranché dans le dossier mis à charge de Philippe Mettens, le bourgmestre socialiste de la petite entité hennuyère de Flobecq: dans l'illégalité depuis le début du mois de janvier, l'élu a été purement et simplement révoqué. Un fait rarissime dans notre pays. Pour rappel, Philippe Mettens est sous le coup d'une incompatibilité légale fixé par le Code wallon de la démocratie locale, qui est entrée en vigueur en début d'année soit après les élections. Il ne peut être à la fois membre d'un exécutif local, bourgmestre en l'occurrence, et occuper la présidence du service public fédéral de la Politique scientifique. En janvier, il aurait dû choisir et il ne l'a pas fait, se plaçant ainsi sciemment hors la loi. Aucune demi-mesure n'était envisageable (retenue sur salaire ou suspension provisoire), la révocation de son mandat de bourgmestre était inéluctable.
L'incompatibilité qui frappe Philippe Mettens est une nouveauté dans le droit wallon. Le principal concerné ose affirmer qu'elle a pratiquement été conçue pour lui nuire personnellement. Flobecq était autrefois la commune de Rudy Demotte (PS), le ministre-président wallon. Des liens familiaux unissent les deux hommes. Demotte a pris ses quartiers à Tournai depuis les dernières communales, une ville qui sied mieux à ses ambitions politiques. Mais depuis quelques années, la rivalité entre les deux hommes a pris des proportions impressionnantes, qui se soldent peut-être aujourd'hui.
Depuis qu'il sait qu'il sera frappé d'une incompatibilité légale, Mettens refuse de se soumettre. Il a largement gagné les élections d'octobre 2012, malgré tout. Il bénéficie du soutien de l'essentiel de son conseil communal et d'une large part de la population qui l'a élu. Son dossier a été porté jusqu'au comité des régions du Conseil de l'Europe où l'on s'inquiète officiellement du sort réservé à ce maïeur. Le bourgmestre de Flobecq et ses avocats ont aussi multiplié les arguments de fond pour faire valoir une cause qui n'a pas d'égal en Belgique: ils estiment que le code wallon viole les droits constitutionnels de tout Belge de se présenter à une élection et de travailler.
Plus prosaïquement, Mettens a aussi tenté de faire valoir que les deux "postes" qu'il occupe n'ont rien à voir l'un avec l'autre et qu'il n'y a donc dans son chef aucun conflit d'intérêt possible. La gestion de Flobecq et de ses 3.000 habitants demande finalement peu de temps et ne peut nuire au travail du haut mandataire fédéral. Mais pour en convaincre les sceptiques, l'élu du Hainaut s'est mis partiellement en congé de la politique scientifique, diminution de salaire à l'appui, pour s'occuper quelques heures par semaine de sa commune. En outre, le bourgmestre s'est soulagé de ses compétences, pour ne pas mettre celle-ci dans l'embarras légal. Il occupe la fonction, c'est tout.
Mais rien n'y a fait évidemment. Aucune transaction n'était possible puisqu'il y a incompatibilité légale. Philippe Mettens a-t-il le droit d'occuper les deux fonctions? Au yeux du code wallon, la réponse est non, trois fois non. La décision attendue est donc tombée, mais le désormais ex-bourgmestre va sans aucun doute poursuivre son combat.
Vos réactions
Voir toutes les réactions encore un socialo qui se croit au dessus des lois. C'est vraiment ça le probleme de la wallonie...
Ainsi donc le petit Rudy Demotte qui à TOUT à prouver sur ses compétences a eu la peau! d'un Docteur en Sciences ! Jalousie. Vive la Politique scientifique dirigée par PH. Mettens et pauvre Wallonie et tous ses plans Ecolo.VERT.2. VERT qui fait des millliers de chômeurs grâce à Nollet. Puisse Ph. Mettens rester à BELSPO !
Sauf que bourmestre d'une entité comme celle-là reste un job aléatoire : on peut être débarqué lors d'une élection suivante... Tandis que Manager de la politique scientifique c'est un boulot à temps plein, certes aussi aléatoire (il arrive au bout de son dernier mandat ? - 2 maximum), mais en général on est recasé par les copains... Manifestement Mettens est la victime de la "haine corse" qu'il entrentient avec le bourgmestre ff de Tournai pour la suprématie en Wallonie picarde, qui est comme par hasard aussi le président de la région wallonne !
J'aurais aimé voir Mettens lâcher la Politique scientifique et ne garder que son siège de bourgmestre. Il ferait moins de dégât en restant dans son bourg.









Pas de rétroactivité... Contrairement à ce que pensent quelques intervenants, il n'y a pas de rétroactivité mais simplement l'application immédiate d'une disposition légale nouvelle: celle-ci ne modifie pas les actes qui lui sont antérieurs (en l'espèce, elle n'annule pas la désignation de M.Mettet comme bourgmestre); le droit fourmille de ce genre de situations, par exemple lorsque l'on modifie les conditions de déduction fiscale d'une assurance-vie ou le remboursements des CV pour les possesseurs de panneaux photovoltaïques. Certains comparent la situation de MM. Mettet et Magnette: elle est différente, car la présidence d'un parti est une activité "privée". Est-il exagéré de refuser le cumul d'une fonction de direction d'un SPF et celle de bourgmestre d'une commune, même petite? Je ne le pense pas, ce sont des fonctions à haute responsabilité et la 1ere citée nécessite (largement!) un temps plein. La région veut que ces fonctions soient exercées avec toute la disponibilité possible,[...]