Walter Matyja (Starter): «Ca reste de la réalité»

Olivier Croughs
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L’expert des questions financières revient sur son rôle dans l’émission. Un sérieux coup de main quant à l’une des étapes charnières de la création d’entreprise : le premier contact avec la banque.

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Walter Matyja, coach Starter et expert financier chez Belfius.
    Walter Matyja, coach Starter et expert financier chez Belfius.

Entretien

Ce soir, c’est l’avant-dernière de Starter sur la Deux, mais la dernière ligne droite pour les candidats. Mercredi prochain, le jury se prononcera sur celui des six projets qui a su, au cours des semaines de coaching, montrer la plus belle progression. Une occasion en or pour faire le point avec Walter Matyja, expert en financement d’entreprises chez Belfius et coach de l’émission.

Quel fut votre meilleur apport pour les candidats ?

Je me suis attaché à sensibiliser les starters aux écueils majeurs dès lors qu’ils s’adressent à la banque pour le financement ou la création de leur entreprise.

La préparation d’un dossier en vue d’une demande de crédit ?

Par exemple. Et Le premier danger de la discipline, c’est la question de la maturité du projet. Souvent, les jeunes starters ont tendance à se précipiter. Ça se comprend, mais s’ils vont trop vite dans une demande de crédit bancaire, ils peuvent se mettre en difficulté vis-à-vis du banquier.

Febelfin pointe aussi une insuffisance de fonds propres de la part de bon nombre d’entrepreneurs…

Quand la banque est confrontée à une demande de crédit, elle est sollicitée pour s’engager dans une forme de collaboration. Qui implique un partage des risques. D’où la nécessité pour l’entrepreneur de faire valoir des fonds propres. Au niveau de Belfius, nous avons développé un partenariat avec Angel.me, une plateforme de crowdfunding (financement collaboratif) qui fait appel à des investisseurs potentiels. Ce peut être un premier levier d’octroi de crédit.

Et quid des garanties, l’autre frein à l’octroi de crédit souvent rencontré par les demandeurs ?

Une fois que la banque accepte de prendre le risque d’accompagner un entrepreneur, elle cherchera à limiter ce risque. Et la garantie est l’accessoire du crédit. Pour aider les starters sur ce point précis, Belfius a initié une collaboration avec le Fonds européen d’Investissement (FIE). Pour les projets validés par le FEI, il s’agit d’une garantie donnée à la banque pour permettre son intervention. La banque évalue alors si les critères sont respectés avant d’octroyer un crédit à l’entrepreneur. Il n’y a aucune démarche ni coût supplémentaire à supporter. Pour le porteur de projet, c’est une garantie réelle. Dans le même temps, ce mécanisme permet de réduire les coûts de la banque, ce qui peut avoir une influence favorable sur le taux d’intérêt.

Que retenez-vous de votre expérience dans Starter ?

Cette émission, c’est une parenthèse avant et après le développement du projet. C’est un coup d’accélérateur, mais ça reste de la réalité. Avec un caractère didactique et pédagogique. Notre rôle de coach fut de ramener les candidats à la réalité, leur sortir la tête du guidon. J’ai constaté l’évolution de certains candidats, désormais plus à même d’introduire une demande de financement (Damien, Philippine et Caroline). C’est une petite victoire que je crois partagée.

OLIVIER CROUGHS

Osez la rencontre !