Le 11h02: «Le retour d’une certaine France réactionnaire»
L'agression mortelle d'un jeune d'extrême gauche par un groupe d'extrême droite a polarisé encore les débats politiques. « La France comme le reste de l’Europe n’est pas épargnée par la montée de l’extrémisme ». Joëlle Meskens a répondu à vos questions.
La mort du jeune militant d’extrême gauche a suscité beaucoup d’émotion en France…
Oui, énormément. Toute la classe politique a réagi, il y a eu une sorte d’état de choc qu’on n’avait plus ressenti en France depuis longtemps.
L’agresseur a été arrêté. En sait-on plus ?
Sept personnes ont été interpellées, ce sont tous des jeunes. Parmi eux, un jeune homme reconnaît avoir porté des coups, sans intention de tuer. Ces jeunes sont-ils membres des jeunesses nationalistes révolutionnaires ? Il semble que oui, même si le chef de ce groupe dément. Ce sont des groupuscules très mouvants, il y a des activistes qui sont des solitaires dans ce genre d’action « coup de poing ». Il est difficile de les relier à une galaxie de groupes existants.
Beaucoup d’amalgames ont été faits depuis mercredi ?
Oui. Mais on ne peut pas comparer les deux modes d’actions : l’extrémisme de gauche combat un système, l’extrême droite peut s’attaquer à des individus, des adversaires identifiés, comme les musulmans et les homosexuels.
Quelles sont les solutions pour endiguer le radicalisme ?
Des lois existent depuis 1936 pour dissoudre des groupuscules violents mais cette arme doit être maniée avec précaution. Quand vous interdisez des groupes, ils peuvent entrer en clandestinité, ou renaître sous d’autres formes, avec d’autres noms.
Les manifestations contre le mariage gay n’ont-elles pas exacerbé des sentiments extrêmes ?
Il ne faut pas aller aussi loin. Ce lien est sur toutes les lèvres. Mais à ce stade de l’enquête, aucun lien n’a été établi avec les manifestations contre le mariage gay. C’est plutôt un climat qui s’est installé ces derniers mois. Les groupuscules d’extrême droite ont retrouvé une certaine forme de visibilité à travers ces manifs pour tous. Le climat est plus délétère et a donné à ce tragique événement un retentissement encore plus important.
La gauche a-t-elle joué avec le feu en faisant passer cette loi ?
Il n’y a pas eu de passage en force. Hollande avait annoncé cette réforme dans sa campagne présidentielle. Ce qu’on peut lui reprocher c’est d’avoir été hésitant pendant un certain temps. Il a aussi parlé de clause de conscience pour les maires qui seraient récalcitrants au mariage homo. Il y a eu manque de fermeté. Cela a peut-être contribué au pourrissement général.
Quelle est la position de l’UMP dans tout cela ?
Il faut voir ce qui s’est passé ces dernières années. Le FN s’est employé à exclure tous les groupuscules néonazis du parti. Ils avaient un certain cadre, et maintenant, la parole et les actes sont débridés. Quant à l’UMP, il y a eu un déplacement du curseur politique très à droite depuis la campagne de Sarkozy pour la présidentielle. L’UMP est maintenant balancé entre pulsions très droitières et centrisme républicain.
La France se radicalise-t-elle en ces temps de crise ?
Il faut être prudent. Ce qui s’est passé mercredi soir aurait pu se passer il y a 10 ou 20 ans. Mais il est évident que la France comme le reste de l’Europe n’est pas épargnée par la montée de l’extrémisme. Ces mouvements prospèrent sur la crise économique ambiante. Marine Le Pen a été habile en changeant la ligne de conduite du FN qui tient un discours plus social en termes économiques. Et en temps de crise, ça marche !
N’avons-nous pas affaire à une guerre entre deux groupes antagonistes ?
Ce sont des mots forts, mais il ne faut pas, malgré l’énorme émotion, faire d’interprétation hâtive, de liens immédiats. Il s’agit de la rencontre entre deux groupes qui est un tragique fait divers. Il n’y a pas de revendication politique, à ce stade en tout cas.
Assiste-t-on au retour de la vieille France réactionnaire ?
C’est un peu pessimiste mais c’est vrai que ces mouvements « manif pour tous » ont vu défiler des centaines de milliers de personnes. On a redécouvert qu’il existait en France une droite conservatrice qui n’était plus représentée politiquement. Ces gens disent que la parole leur a été enlevée. Ce n’est pas l’électorat du FN. Ce sont des représentants d’une certaine bourgeoisie catholique qui n’est plus vraiment représentée par l’UMP. Cet électorat est laissé en déshérence et sort s’exprimer dans la rue. Il va falloir compter avec lui, cela conduira peut-être à la constitution d’un tea party à la Française.
Vos réactions
Voir toutes les réactions 17."Ceux qui ignorent l'Histoire sont condamnés à la revivre!" et j'ajoute que la nature humaine étant ce qu'elle est les recettes du passé, dans la forme sont peut-être d'un autre temps mais les questions et la misère demeurent. Toujours les mêmes.Il y aura toujours des pouvoirs locaux et des pouvoirs plus "grands".La Mondialisation oblige l'Europe à se structurer.Ce n'est pour autant que les Pauvres doivent continuer à payer la note.Comme toujours!Je vous signale que le conflit est, en général considéré comme structurant.En soi il n'est pas mortel.Il ne faut pas le craindre,mais il faut le maîtriser de même que ses acteurs.Faute de quoi les faibles seront encore plus écrasés qu'ils ne le sont!
17.Vous rappelez Clément.Je ne pis qu'être d'accord! Hier, j'ai dis sur ce Forum, Il est avant tout un Antifasciste, à ce titre il est mon Frère.Car,j'en ai longuement expliquer les raisons.Je n'en ferai pas état plus avant.Mais nous savons depuis toujours qu'il y a une logique de haine et de mort dans le fascisme.Nous avons connu le temps des Assassins, la peste noire et la peste brune.L'intention était la même, la manière aussi.C'est leur manière de vouloir conduire les Hommes.Le knout, la schlague, le nerf-de-b
"il faut organiser l'Etat" Pas à mon avis. Je crois que l'état a trop d'importance en amont pour son réel pouvoir local. Je veux dire les gros états. Ce qui se passe à l'UE, c'est le blocage par l'un ou/et l'autre au détriment des petits. Fractionner les états au sein de l'ensemble permettrait de répartir le pouvoir : l'inverse des idéologies avec centralisation du siècle passé. Et c'est pareil dans les villes : dans les villages il y avait une solidarité, une identité permettant la diversité. Il faudrait seulement ne pas organiser des concurrences conflictuelles, il faut quelque chose qui chapeaute en guise de conscience globale sans stigmatisation des groupes et individualités. Pour moi le truc, c'est plus d'Europe et moins d'état, supprimer les niveaux de pouvoir entre l'UE et les communes. Mais il y a le problème de la représentativité à l'UE et il faut pouvoir renoncer au passé.
17.un type."C'est la Justice que je veux et non le Sacrifice" fait dire à YHWH un Prophète de l'A.T.La religieuse Amérique devrait mieux lire les Écritures dont les Eglises Réformées se gargarisent et veulent une charité individuelle et je dirais "lunatique", puisque livrée aux humeurs de ceux qui possèdent ou à la précarité des temps.La seule charité voulue par les religions ne saurait suffire à nourrir les Pauvres.L'Etat doit, à un moment, pouvoir s'opposer aux Riches et à leur égoïsme. Pour cela il faut une ou des organisations politiques qui s'en chargent.EX: Considérez l'Ecologie.S'il n'y avait un Parti qui se batte pour cela,les Partis traditionnels n'en parlaient même pas!.L'égoïsme est toujours à abattre.et la Justice à conquérir.









17."Ceux qui ignorent l'Histoire sont condamnés à la revivre!" et j'ajoute que la nature humaine étant ce qu'elle est les recettes du passé, dans la forme sont peut-être d'un autre temps mais les questions et la misère demeurent. Toujours les mêmes.Il y aura toujours des pouvoirs locaux et des pouvoirs plus "grands".La Mondialisation oblige l'Europe à se structurer.Ce n'est pour autant que les Pauvres doivent continuer à payer la note.Comme toujours!Je vous signale que le conflit est, en général considéré comme structurant.En soi il n'est pas mortel.Il ne faut pas le craindre,mais il faut le maîtriser de même que ses acteurs.Faute de quoi les faibles seront encore plus écrasés qu'ils ne le sont!