Au grand-duché de Luxembourg, le coût du logement absorbe une partie non négligeable du budget des ménages. Voici trois ans, le service national de statistiques estimait que, tous types de ménages confondus, 30 % des dépenses étaient consacrées au logement. Il est vrai que le prix de l’immobilier a grimpé ces dernières décennies, multiplié par 12 en 40 ans. Selon l’Observatoire de l’habitat, une maison coûte 530.000 euros en moyenne et un appartement deux chambres, 360.000 euros. Selon les villes, les variantes sont évidemment énormes.
Si l’on se concentre sur Luxembourg-ville et sa périphérie, «
il subsiste toujours un déséquilibre entre l’offre et la demande
, estime Jean-Nicolas Montrieux, chief operating officer chez Property Partners Residential.
La plupart des appartements sont vendus sur plan. Et cela se vend bien.
»
Au centre-ville, l’offre est toutefois limitée mais de nouveaux lotissements sortent de terre. «
Plus on va en périphérie, plus il y a de l’offre
», concède Victor Rockenbrod, de l’agence immobilière du même nom. «
Il
y a une pression continue, poursuit Jean-Nicolas Montrieux.
La population augmente régulièrement. Il faut donc du logement, d’autant que je perçois une demande pour des personnes aisées qui se relocalisent sur Luxembourg. Pour des raisons professionnelles, pour des raisons de placement. À cela s’ajoutent des frontaliers qui en ont marre des bouchons quotidiens… Luxembourg a une qualité de vie et de services qui n’existait pas voilà quelques années.
»
Et puis, par rapport aux pays voisins, les aides fiscales ne sont pas négligeables pour l’achat d’immeubles neufs. Les droits d’enregistrement se situent à 7 %. À cela s’ajoute le crédit d’impôt, 20.000 euros par conjoint. Si on achète un bien à 500.000 euros par exemple, ce crédit finance finalement le droit d’enregistrement…
Il n’empêche que le prix du mètre carré n’est pas donné dans les quartiers recherchés. «
Le prix moyen pour un appartement se situe entre 5.500 et 6.500 euros le mètre carré
», note Victor Rockenbrod. Mais il y a de grosses disparités selon les lieux. Cela se situe à 5.000 euros dans le quartier de Bonnevoie alors qu’on peut monter à 10.000 euros dans le centre de la capitale. Les villes voisines de Strassen, Bertrange sont aussi très recherchées.
«
Il
y a des demandes pour tous types de logement, même du très haut de gamme, qui est rare. Cela part très vite, poursuit Jean-Nicolas Montrieux.
Cela dit, la demande classique tourne autour de 80 à 100 m2 avec deux chambres. Souvent, les gens recherchent du neuf. Dans les années 70-80, l’immobilier résidentiel n’était pas très sexy et assez vorace en énergie. Et 100 m2 hier n’offraient pas plus d’espace qu’un 80 m2 bien agencé aujourd’hui. »
Côté maison unifamiliale, c’est quasiment le rêve inaccessible. Elles sont très rares dans la capitale et impayables en périphérie pour le commun des acheteurs. Pas étonnant que les emprunts courent jusqu’à 30 ans, voire au-delà… À Strassen, en périphérie de Luxembourg, l’are constructible se vend autour de 100.000 euros.
«
Le marché de l’immobilier est fort lié à l’évolution de l’économie luxembourgeoise et de la santé du secteur financier au sens large
», relève Victor Rockenbrod. Des nuages ? «
Non, on ne prévoit aucun changement dans les mois à venir, mais les choses changent vite en matière financière. Et dans les banques, il y a bien quelques inquiétudes liées notamment à la DLU
(NDLR : Déclaration libératoire unique)…
»
Et ailleurs dans le pays, quelle est la situation, notamment autour de la seconde ville, Esch-sur-Alzette, et plus spécialement à Belval, où une nouvelle ville (avec gare, salle de concert, université, lycée, logements, bureaux) sort de terre depuis 10 ans sur les friches sidérurgiques ? «
Depuis octobre 2009, date de vente des premiers appartements, on dénombre 750 nouveaux résidents
, explique Robert Kocian, conseiller à la direction d’Agora, chargée de l’aménagement de tout ce site.
511 logements ont été réalisés, dont 494 appartements. Le taux de commercialisation se situe à 90 %. 267 logements sont en cours de construction, 150 en prévision à court terme tandis qu’après, ce sera une centaine par an. Mais il y aura aussi du logement pour les étudiants et chercheurs. Les prix ? Entre 3.700 et 4.300 euros/m2. À Esch, juste à côté, la moyenne est de 4.700 euros.
»