L’espoir d’une Belgique qui gagne

Christophe Berti
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Ils étaient deux millions et demi devant la télévision, au mois de mars, pour regarder le match des Diables rouges contre… la Macédoine, 78e nation au classement mondial. Combien seront-ils ce soir pour la rencontre face à la Serbie ? Plus encore, sans aucun doute.

Le tout alors que, sportivement parlant, l’équipe de Marc Wilmots est séduisante et dispose, comme on dit dans le jargon, d’un formidable potentiel, mais qu’elle n’a encore rien gagné (elle n’a battu, en matchs officiels, « que » l’Ecosse, le pays de Galles, la Macédoine et la Serbie, des nations moyennes ou mineures du concert mondial) et que la qualification pour la Coupe du monde n’est encore qu’un objectif et pas une certitude. Eliminer la Croatie sera la vraie preuve de l’évolution sportive de l’équipe.

Mais pourquoi donc, dès lors, la Belgique entière aime-t-elle les Diables rouges ? La réponse est simple et elle prend la forme d’une question : comment ne pas les aimer ?

Il y a d’abord ce qu’on peut résumer par le mot talent  : Vincent Kompany, Eden Hazard, Thibaut Courtois et quelques autres pourraient jouer dans n’importe quelle équipe du top 10 européen.

Ce n’est plus arrivé au foot belge depuis la fin des années 90. Cette génération en or joue en très grande partie dans les trois pays qui constituent les références actuelles en matière de ballon rond : l’Angleterre, l’Espagne et l’Allemagne.

En outre, ces gamins sont pour la plupart sympas, emblématiques, positifs, bref, à l’image de Vincent Kompany, symbole absolu des Diables, ils sont « tendance ».

Donc leur capacité de mobilisation est énorme, nourrie par deux concepts simples : un marketing intelligent (les Diables donnent désormais l’impression, notamment via les réseaux sociaux, d’être très près de leurs supporters, à la fois héros et amis) et l’envie de positiver.

Dans l’inconscient collectif, l’espoir d’une Belgique qui gagne, l’espoir d’un peu de lumière dans un monde gris, au propre et au figuré, l’espoir d’un projet collectif positif, tout cela est désormais incarné par l’équipe nationale.

Et la politique ? On pourrait être tenté de s’aventurer sur un terrain miné en évoquant une génération black-blanc-beur à la sauce belge et les Diables comme ciment de la nation, mais à nos yeux, on est là sur le terrain de l’émotion et pas de la raison. Prenons tout simplement le succès des Diables pour ce qu’il est : la possibilité d’une belle aventure.

Vos réactions

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11. Fubar dit le 08/06/2013, 17:40

L'espoir, ça fait du bien. Si les Diables rouges vont sauver la Belgique désintegré est en effet doutable. Vous avez raison quand vous dites que la politique est une question de raison et ne pas d

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10. Fubar dit le 08/06/2013, 17:36

Si les Diables rouges vont sauver la Belgique désintegré est en effet doutable. Vous avez raison quand vous dites que la politique est une question de raison et ne pas d

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9. curtius dit le 07/06/2013, 20:20

La fin des années 90 ? Y avait quoi, comme équipe ? Je ne vois pas. La Belgique a été bonne fin des années 80, à part ça...

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8. bulbisi dit le 07/06/2013, 12:34

Je n'ai pas bien compris: est-ce la Serbie (1er paragraphe) ou la Croatie (2è paragraphe) contre laquelle notre équipe joue ce soir ??

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7. Bonito dit le 07/06/2013, 09:28

On joue effectivement sur le terrain de l'émotion. Mais la politique, c'est trop souvent (pas toujours) celui de la déraison, du mensonge et du « courage fuyons » D'un côté, 20000 têtes de pipe qui frétillent comme des crevettes quand un ballon tombe dans les filets de l'équipe adverse, de l'autre une élite qui s'égosille comme des coqs à coup de « je veux que », « il faut que », mais parfaitement incapable de dire « comment » Ces deux terrains ont pour dénominateur commun l'irrationnel dont se nourrit chacun d'entre-nous plus ou moins consciemment.

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