Pour Julian Assange, Google est un danger pour la démocratie
Dans une tribune publiée par le journal suisse « Le Temps », le fondateur de Wikileaks fustige Google et ses relations avec le pouvoir américain.
Julian Assange a lu « The New Digital Age », le livre écrit par Eric Schmidt et Jared Cohen, deux dirigeants de Google. Mais il n’a pas aimé. Il conclut d’ailleurs sa critique par ces mots : « Les dévots de la technologie trouveront peu d’inspiration dans ce livre – sans doute n’en ont-ils guère besoin. Mais, pour tous ceux qui se trouvent pris dans la lutte à venir, c’est une lecture essentielle, au regard d’un seul impératif : connais ton ennemi. » Car c’est une lutte que veut mener Assange.
Lutte contre « l’hydre titanesque et décentralisée » qu’est devenue, selon lui, la firme de la Silicon Valley. « Google, et donc le gouvernement américain, va s’immiscer dans les communications de chaque être humain non-résident en Chine (oh la méchante Chine !) », dit-il. Et d’ajouter : « La démocratie sera insidieusement subvertie par les technologies de surveillance, le contrôle sera renommé, dans l’enthousiasme, « participation » ; et ainsi se consolide, sans un mot, sans perturbation ou presque, l’ordre de notre monde d’aujourd’hui, où règnent déjà la domination systématique, l’intimidation et l’oppression. »
Lutte aussi contre « les tabous et obsessions du Département d’Etat » américain. Dans les tabous, Assange parle d’Israël et de l’Arabie Saoudite. Dans les obsessions, les démocraties d’Amérique du Sud ou le terrorisme.
Julian Assange dénonce surtout ce qu’il estime être une contradiction dans le discours très pro-technologie de Google. D’un côté l’utilisation de celle-ci par les « autocraties répressives » mènerait vers un « ciblage » des citoyens, d’un autre côté son utilisation par les « démocraties ouvertes » permettrait de « mieux répondre aux problèmes des citoyens et des consommateurs ». « En réalité, l’érosion de la vie privée en Occident et la centralisation du pouvoir rendent les abus inévitables, poussant les ‘bonnes’ sociétés du côté des ‘mauvaises’ », estime pour sa part Assange.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Je vois que ceux dont on parlaient déjà au XVIes ("De la servitude volontaire" E.de la Boétie.)sont toujours partant pour être encore un peu plus aliénés de leur liberté sans l'avoir ni voulu ni compris.S'empêcher de réfléchir sur les moyens que l'on développe et sur le développement que cela entraîne me surprendra toujours.La force que nous mettons, au nom d'un progrès quelconque, à nous laisser embarquer sans voir le "jusqu'où ça peut mener" et mépriser ceux qui veulent nous éclairer me laisse rêveur.Un de mes Professeurs dénonçait déjà en 1976 la possibilité pour le numérique de nous ficher tous.C'est fait.Priez que ces fichiers ne tombent en "de mauvaises mains" en des temps encore plus mauvais.Je suis ringard, sans doute.Mais je le sais.Au moins!
Je suis du métier je travailles dans les techno web et dans les technologies de l'informations en général. J'utilises les services Google du matin au Soir 7/7. Je dis que Mr Assange a tout a fait raison. ce qu'il dit est correct d ailleurs tous le monde le sait. Si l'on veut il y a énormément de contenu sur la protection de la vie privée, les sociétés US qui utilisent ces infos les ventes le partage de donnée avec la NSA ou la législation US comme le Patriot Act....Dommage que les utilisateurs du soir refuse de prendre en compte une réalité tellement flagrante. Pas de problème la realité vous tomberas dessus comme un boomberang.
Merci Assange Je suis du métier je travailles dans les techno web et dans les technologies de l'informations en général. J'utilises les services Google du matin au Soir 7/7. Je dis que Mr Assange a tout a fait raison. ce qu'il dit est correct d
"C'est la Chine et l'Iran qui ont montré le chemin vers ses possibilities liberticides" Non, ils n'ont pas inventé les cookies et tout le reste, pas plus qu'Einstein n'a inventé la bombe atomique.









"la possibilité pour le numérique de nous ficher tous" Ah, je me souviens de la carte GB. Elle permettait de nous lier à notre carte de banque (comme le font les cartes actuelles), puis elle s'est étendue à d'autres, dont ma banque directement. Ma banque a donc fini par savoir ce que je faisais comme achats, avec précision. Maintenant quand on me demande si je veux la carte, je réponds que je veux bien des remises directes. Mais c'est tout de suite moins "poétique" de clairement vous montrer qu'on ne vous accorde même pas un centime par ticket de caisse. Et vu les montants ridicules des remises, c'est que ces cartes ont très clairement une autre finalité.