Jean-Pascal Labille: «Il y a de l’indécence dans les salaires des patrons» (vidéo)

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Le ministre des Entreprises publiques et de la Coopération a un projet « bien avancé » pour limiter les salaires des grands patrons et des cadres d’entreprise publique. « Il faut un salaire juste, estime Jean-Pascal Labille dans le Grand Oral La Première Le Soir. Dans certaines entreprises, on a dépassé la limite du normal. »

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Voilà l’homme qui monte au sein du PS. Jean-Pascal Labille a quitté il y a quatre mois la présidence des Mutualités Socialistes pour devenir ministre des Entreprises publiques et de la Coopération. Il n’arrête pas de faire parler de lui. Il se dit qu’il a fâché la Commission européenne et Di Rupo. L’interview accordée au Soir où il dénonçait les « politiques de mort » de l’Europe aurait perturbé la négociation sur la sanction européenne que la Belgique voulait éviter. Il a eu il y a quelques jours, un coup de sang sur ses collègues de la Fédération liégeoise du PS. Grande gueule ou redresseur de tort ? Plus socialiste que son Premier ministre ? Il dément tout cela et donne sa version des faits au Grand Oral La Première Le Soir. Et insiste : «  Je n’ai reçu aucun coup de fil de Di Rupo. Après quatre mois, ce serait me faire vraiment beaucoup d’honneur que de penser que je puisse empêcher une négociation européenne  »

« Il n’est pas question pour l’Etat que ce soit dans Belgacom ou pour la Poste, de devenir minoritaire »

Didier Bellens patron de Belgacom a déclaré depuis les Etats-Unis que l’Etat, qui est propriétaire de la moitié et un peu plus des actions de Belgacom, pourrait aussi bien s’en sortir avec 40 % des parts. «  Il n’est pas question aujourd’hui pour l’Etat, que ce soit dans le dossier Belgacom ou que ce soit dans le dossier Poste, de devenir minoritaire, c’est-à-dire d’avoir moins que 50 % + 1 action. Ça, c’est très clair et je resterai sur cette ligne de conduite-là. »

Ce point ne sera pas au conclave budgétaire cette année ou avant les élections ? «  Je ne dis pas cela pour le plaisir de rester sur ce principe-là ; c’est parce que je suis de ceux qui pensent que si l’Etat considère que des entreprises publiques autonomes, que des services publics, donc des services au public, sont stratégiques pour l’Etat, alors il faut se donner tous les moyens d’action sur ces entreprises. Je ne suis pas le seul de cet avis au gouvernement.  »

Jean-Pascal Labille souhaite aussi que Didier Bellens arrête ces déclarations à tout va et rentre dans le rang. «  Remettons une logique de service public à la Poste ou Belgacom. Pourquoi pas financer l’internet gratuit pour les écoles, les hôpitaux ?  »

«  On a diminué la notion de mission de service public. Eh bien, moi, je pense qu’il est peut-être temps au jour d’aujourd’hui, de se dire que si c’est stratégique, alors remettons en place une logique de nouvelles missions de service public. Par exemple, pourquoi pas imaginer dans la formation du personnel, un partenariat entre ces grandes entreprises et un certain nombre d’écoles ou d’universités, au lieu de se dire, je vais délocaliser mon personnel, puisque je ne le trouve pas ici. Il reste aujourd’hui comme missions de service public au sein de Belgacom, la mise à disposition de lignes internet pour les écoles, les bibliothèques et les hôpitaux. »

Vous avez les moyens d’imposer ça à Belgacom encore comme l’actionnaire majoritaire ? «  Mais bien sûr et c’est la raison pour laquelle, je veux rester majoritaire parce que si je ne suis plus majoritaire, j’aurai beaucoup de difficultés à pouvoir imposer cela comme d’autres choses. »

Salaires des patrons : « Il y a de l’indécence. Je veux aboutir avant les vacances »

«  La limitation des salaires des grands patrons et des cadres d’entreprise publique est une question de volonté politique et donc j’ai maintenant avancé dans ce dossier, j’ai fait un premier tour de mes collègues du Gouvernement. »

Certains vous attendaient au tournant, comme Didier Reynders qui vous regardait avec un grand sourire un peu carnassier, quand vous êtes arrivé, en disant, tu t’occupes des salaires des patrons ? «  Dans les discussions que j’ai eues mais je ne vais pas vendre la peau de l’ours comme on dit, mais j’attends l’accord. J’ai aujourd’hui un projet qui est bien avancé et, mon objectif est d’atterrir avant les vacances. Parce que ce n’est que justice, quand on est dans une crise aussi profonde que celle dans laquelle, on est aujourd’hui, que des gens ont beaucoup de difficultés à nouer les deux bouts en fin de mois, quand ils arrivent même encore avec deux bouts en fin de mois. Moi, je trouve qu’ici, il y a une forme d’indécence dans ces rémunérations. Je connais le monde de l’entreprise depuis de nombreuses années, mais je trouve qu’il faut un salaire juste et c’est là-dessus que nous devons aujourd’hui travailler. Et je trouve qu’à un moment donné, dans certaines entreprises, on a dépassé la limite du normal. Et ça, je peux vous dire, que cette conception a été partagée par mes collègues. » Et Jean- Pascal Labille de préciser que Johnny Thys, patron de bpost, est sur la même longueur d’ondes que son ministre en ce qui concerne le niveau optimal que doit avoir son salaire.

« Il y a à la Fédération liégeoise du PS un chef de file… Marcourt »

Mais que s’est-il donc passé à la dernière réunion de la Fédération liégeoise du PS. On dit que Jean Pascal Labille s’est fâché tout rouge. ON voit sur la vidéo, sur le site internet de la RTBF et du Soir, ce petit sourire amusé de notre invité du Grand oral lorsqu’on lui parle de cette Fédération du PS de Liège. Ca a été chaud là récemment, non ? «  Vous savez, tout ça m’amuse un peu. Enfin cela m’amuse mais sans vraiment m’amuser parce que tout ça nous éloigne de ce que doit être la politique avec un grand P. C’est-à-dire un vrai projet de société. »

La Fédération Liégeoise du Parti Socialiste, a été parfois plus proche de la petite que de la grande politique… « Eh bien, il faut justement qu’on retrouve le goût d’autres choses et donc voilà. » C’est pour cela que vous avez tapé du poing sur la table l’autre jour, chez eux ? «  Ca, ça en faisait partie, mais je ne suis pas là pour mettre des divisions à quelque niveau que ce soit. Il y a, à la Fédération Liégeoise du PS, un chef de file. » Mr Demeyer ? «  Il y a un chef de file derrière lequel, je suis et à côté de qui, je suis depuis de nombreuses années, ce chef de file, c’est Jean-Claude Marcourt. Il fait un travail exceptionnel et on ne le soulignera jamais assez, dans des contextes extrêmement compliqués et le dossier Arcelor-Mittal en est un exemple et donc moi, je soutiendrai Jean-Claude Marcourt, voilà, parce que je trouve que son travail est exceptionnel. »

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18. Dr Jekyll dit le 09/06/2013, 22:38

Pour un qui n'a pas manqué de doubler son salaire en arrivant à la mut et qui de surcroît en a vidé les caisses... http://www.levif.be/info/actualite/belgique/le-dernier-cadeau-de-labille-aux-ardentes/article-4000256375500.htm. N'oublies pas Jean-Pascal, il n'y a que deux types de personnages qui devront répondre devant le comité de justice révolutionnaire, les opposants et les traîtres, pour les opposants on peut s'attendre à un peu d'indulgence... L'intelligence ne donne pas droit à tout.

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17. Peace dit le 09/06/2013, 14:25

Toujours la même chose cette classe de politicards qui ne s'occupent jamais des problème réels de ce pays . La gauche est scandalisée par les gros salaires et la droite est scandalisée que tous les jeunes combattants belges en Syrie touchent les allocations de chômage . Mais quid des véritables problèmes économiques et de sécurité ?

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16. Ellende3 dit le 09/06/2013, 10:49

J'AI ETE VERIFIE, PAR SECURITE. Mais ce monsieur est bien socialiste, comme je le pensais, et je suis sure que si on le mettait à la tête d'une d'une de ces sociétés, il ne ferait pas long feu avant que celle-ci ne tombe en faillite. Alors avant de hurler au scandale, les socialistes feraient mieux de faire ce qu'il ne font jamais : tourner 7 fois leur langue dans leur bouche avant d'oser parler. De par leurs discours, la plus part du temps haineux, ils ne sont certainement pas les meilleurs juges dans ces domaines.

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15. comi dit le 08/06/2013, 20:40

iL Y A DE LA VACUITE,beaucoup de vacuité, dans ce "chef" des patrons du public. Les mutuelles ne sont pas une entreprise. Dans des entreprises, comme Belgacom, qui sont en concurrence directe avec le privé, les salaires doivent se comparer au secteur. L'Europe, dans sa frénésie libérale a fait là dessus aussi beaucoup de mal là aussi. Si on veut que la Poste assume l'aspect service de sa mission et soit confrontée au marché, il faut que son CEO soit à la hauteur. Du secteur. ET des salaires qui s y pratiquent. La régularisation des salaires des patrons du public dans cette configuration est une démarche idéologique, populiste et démagogique, ou idiotement candide: ou on régule les salaires des grands patrons. Ou on accepte, bon gré mal gré, les effets secondaires de la dérégularisation des marchés. Ne pas l accepter, c est vouer le secteur public à l échec, et au rachat par le privé, à vil prix, avec des patrons aux salaires... sans limite... Faux d

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14. Herr Roland dit le 08/06/2013, 20:07

Ces messieurs à image sociale Essaient de nous r'monter le moral Ils iraient même, qui l'aurait crû, Jusqu'à nous montrer leur cul (Béranger)

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