L’énergie vaut plus qu’un luxe idéologique
La Belgique s’est perdue dans une impasse énergétique. Comme l’Europe. Aveuglée par des idéologies ultralibérales et écologistes.
La première erreur a été commise par la Commission européenne qui a cru qu’il suffisait d’ouvrir des marchés de l’électricité, du gaz et de la pollution (carbone) pour pérenniser l’approvisionnement énergétique au meilleur tarif. La conception de ces marchés n’a cependant pas tenu compte des particularités des produits qui en étaient les objets : infrastructures onéreuses, investissements de long terme, difficulté de stockage…
La seconde erreur, quasiment concomitante, a consisté en une course au renouvelable : éoliennes et panneaux photovoltaïques, principalement, ont poussé partout. A renforts de subsides invisibles à l’œil du contribuable. Invisibles mais perceptibles en milliards d’euros dans la facture énergétique acquittée par les clients : cette dernière n’a cessé de gonfler alors que le prix de l’énergie proprement dite s’effondrait.
Conséquences de ce double égarement : le pouvoir d’achat, la compétitivité et la sécurité d’approvisionnement sont menacés. Gravement. Que faire ? Rétablir des monopoles et interdire les moulins à vent ? Absolument pas.
Le renouvelable représente indéniablement un élément, sinon le pilier du système énergétique du futur.
De même, une concurrence bien organisée permet de mettre coûts et profits sous pression. La solution tient davantage du dosage.
Exemple : la Belgique s’apprête à fermer prématurément le nucléaire et à subsidier les unités de production au gaz ainsi que le renouvelable. Dispendieux. N’est-il pas temps de renoncer à cette destruction de valeur ? Et à utiliser cette valeur pour organiser la transition. C’est-à-dire remettre les choses dans l’ordre : financer, grâce aux gains dégagés par l’atome, l’efficacité énergétique (isolation des bâtiments, etc.) et investir dans la recherche autour du stockage de l’électricité. Avant de s’offrir un luxe idéologique.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Je suppose que si c'est un édito et non une carte blanche, c'est que cette opinion est partagée par l'ensemble de la rédaction du Soir ? La santé, la sécurité, l'existence des générations futures, vous leur donnez quel prix ?
Bien écrit Mr Condijts. On a voulu nous faire croire au miracle vert en le subsidiant, qui plus est tout en ayant un état super endetté. A la fin, on paiera le véritable prix d'une manière ou d'une autre. On peut faire toutes les recherches que l'on veut, l'énergie abondante, bon marché, et sans dommage sur l'environnement, ça restera un mythe.
Il faut déclarer la réduction du gaspillage de l'énergie une conquête du graal, donc en fait un durcissement des normes. Pour commencer il faudrait une transparence dans les coûts et autant que possible une coopération au niveau de l'UE. Pour cette dernière on peut prendre l'exemple de l'Allemagne et de la Pologne qui disposent d'un charbon abondant mais sont d'accord pour subir les taxes carbones correspondantes.
Idéologie ou réflexion ? Une double impasse bien décrite. Si on veut des économies d'énergie, il faut rendre la consommation plus chère et pas meilleur marché (je vais me faire lyncher). Permettre aux gens de consommer à moindre prix (le cas du pholtovoltaïque), c'est encourager à consommer plus. Croire qu'en libéralisant l'énergie, son coût va diminuer, c'est oublier qu'il s'agit d'une rente et que les "rentiers" ont un intérêt commun. A force de faire de l'idéologie, libéraux et écologistes perdent de vue les réalités concrètes.








@Manuela. Plus que le prix de l'idéologie, de la théorisation et du dogmatisme, en tout cas.