Hommage à Clément Méric à l’ULB: «Il se mobilisait en tant qu’étudiant»
Une centaine de jeunes ont manifesté ce samedi à l’ULB pour rendre hommage à Clément Méric, ce militant d’extrême-gauche de 19 ans qui est décédé ce jeudi après avoir été agressé par des skinheads. À Paris aussi, des milliers de personnes ont défilé cette après-midi en son souvenir. Un témoin direct raconte le drame.
À l’appel des Jeunes FGTB, plus d’une centaine de jeunes se sont rassemblés, samedi vers 16h00, à l’entrée du campus de l’Université Libre de Bruxelles (ULB), pour rendre hommage au militant d’extrême gauche, Clément Méric, 19 ans, décédé jeudi à l’hôpital de la Salpêtrière à la suite d’une bagarre avec des skinheads, mercredi dernier, en plein cœur de Paris.
Une dizaine d’associations ont répondu à l’appel, parmi lesquelles Antifa Bruxelles, la Fédération des étudiants francophones, Comac, la Fédération bruxelloise des jeunes socialistes (FBJS), les Jeunesses ouvrières chrétiennes (JOC) et l’Union syndicale étudiante (USE). Malgré les différentes voix, ce sont les drapeaux antifascistes qui occupaient l’horizon.
Derrière la bannière « Clément : ni oubli, ni pardon », les militants endeuillés se sont rendus au square G, qui honore un groupe de résistants belges durant l’occupation Nazie. « Le symbole est important » explique Ghyslain Matthieu, membre des jeunes FGTB. « On a choisi de manifester à l’ULB parce que Clément était dans un syndicat étudiant, il se mobilisait là où il était, dans sa situation d’étudiant », précise-t-il. Quelques mots, tels que « Clément, Clément, antifasciste ! », se sont envolés au cours d’une marche voulue sobre. Une minute de silence et un discours ont clôt la cérémonie.
« Ce drame renvoie les extrêmes dos à dos, mais ils ne se valent pas », remarque Gérald Roger, responsable antifascisme pour les Jeunes FGTB. « L’extrême gauche défend un projet d’égalité sociale. Ici, on se retrouve face à une idéologie sexiste, homophobe et raciste. (…) On est choqué. On travaille avec le syndicat et le collectif antifasciste dont Clément était membre. Ce qui nous inquiète, c’est la montée, en Belgique, du mouvement Nation, qui est proche des Jeunesses nationalistes révolutionnaires de France. » « Plus largement, on voit en France que ce sont des petits groupes de 5000-10.000 militants, même le FN ne comptabilise que 20.000 militants. Mais leurs idées percent et se répandent dans la société. Ils ont gagné la bataille des idées », continue Ghyslain Matthieu. « Ces idées sont reprises par la droite, quand on voit Copé par exemple qui parle de « racisme anti-blancs ». En Belgique, l’extrême-droit n’est pas du tout aussi structurée qu’en France ou qu’en Grèce avec Aube Dorée par exemple, mais ces idées sont présentes. Il suffit de voir comment l’affaire a été traitée, comme une simple bagarre entre gangs ».
« Clément à jamais dans nos mémoires »
Ce samedi, des milliers de personnes aussi ont défilé à Paris en hommage à Clément, mais aussi pour en appeler à ouvrir les yeux sur la montée de l’extrême-droite. « Aujourd’hui la parole de l’extrême-droite et les idées fascistes dépassent le Front National. C’était ça, le combat de Clément », explique l’un des manifestants.
On en sait un peu plus sur les prémisses de la bagarre. Des mots auraient été échangés entre les deux groupes. Par ailleurs, ce n’est pas la chute sur les plots qui a tué Clément, mais bien les coups. Le profil du suspect se précise lui aussi : Esteban, 20 ans a passé sa jeunesse en Alsace où l’on se souvient de lui. « On l’avait signalé à la gendarmerie parce qu’il se promenait habillé en SS », explique l’un des habitants. D’abord poursuivi pour homicide volontaire, il a été inculpé ce samedi pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. Le juge a estimé, au vu des premiers éléments de l’enquête, que le suspect, Esteban M., un skinhead de 20 ans, n’avait pas eu l’intention de tuer le militant d’extrême gauche Clément Méric, 18 ans.
« Ils se sont jetés sur nous »
Le récit d’un témoin direct, publié par Libération permet d’en apprendre un peu plus. «Mercredi après-midi, vers 17 heures, nous nous sommes rendus, Arthur, Dylan et moi, à une vente privée de vêtements rue Caumartin», écrit un certain Mathieu, membre d’Alternative libertaire, organisation dont Clément était proche. «En sortant du lieu, Arthur et moi avons croisé trois skinheads néo-nazis arborant des tee-shirts «white power» et «blood and honor». Nous les avons vus glisser dans leur sac à dos des coups de poings américains, avant de rentrer. Dylan qui n’était pas encore sorti, les a apostrophés, ulcéré par leur panoplie. Nous en sommes restés-là», continue Mathieu. Ils attendent alors Clément, resté à l’intérieur du magasin. «Un des vigiles est venu nous voir pour nous demander de ne pas déclencher de bagarre devant le magasin. Nous lui avons promis que nous ne comptions pas nous battre, ce qui était vrai au regard de la configuration (gros sacs, caméras et de nombreux passants). Nous avons également signalé que les skins portaient des armes sur eux et le vigile nous a dit qu’il allait les fouiller et les remettre aux deux policiers qui étaient présents sur les lieux. Cinq skins ont quitté les lieux. Ils se sont dirigés vers nous. Ils nous ont encerclés, sorti des coups de poings américains et se sont jetés sur nous. Nous ne nous attendions pas à un tel affrontement, mais nous ne pouvions pas fuir, littéralement dos au mur. Clément a été touché au visage par un coup de poing américain. Nous avons finalement réussi à les faire fuir, mais trop tard; Clément est mort sur le coup».
Vos réactions
Voir toutes les réactions un type : Oui, les skins étaient armés, c'est condamnable, oui, ce sont bien les coups de poing de l'un d'entre eux qui ont entrainé la mort de Clément, il y a donc homicide, il doit être condamné à moins qu'il n'existe une preuve de légitime défense (pour moi il ne s'agit pas de légitime défense mais d'une bagarre entre deux groupes composé d'individus aussi stupides les uns que les autres, et donc l'auteur des coups mortel devrait être inculpé pour coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans l'intention de la donner, et tous les participants à la rixe condamnés pour coups et blessures volontaires et troubles à l'ordre public, mais ce n'est que mon avis)
"elles vont dans le sens de la provocation" Et de ce que les skins étaient armés.
Un témoignage d'une personne impliquée n'a pas plus de valeur que celle des skinheads. Seuls les témoignages des commerçants, du vigile et l'analyse des vidéos sont pertinentes, or, elles vont dans le sens de la provocation de la bagarre par les antifa.
(suite) merci la gauche de cette diabolisation constante qui mènera sans aucun doute au chaos, bien joué les gars...




"la mort sans l'intention de la donner" Avec une arme létale utilisée à la tête ? Des témoignages externes disent que ces armes avaient été rangés dans les sacs et que celle du tueur était présente par la suite. Il a donc prémédité de s'en servir. Et un communiqué officiel parlant de l'autopsie va dans ce sens. Sinon, S. Ayoub a annoncé que ce n'était pas quelqu'un de son groupe : il connaissait les coupables et a certainement été interrogé à leur sujet. Il a intérêt à se placer sous la protection de la police. Lui et le Esteban ne sont pas en posture de se taire, leur groupe est facile a démanteler.