Le 11h02: «Sous la ville… la campagne»
Bras de fer entre Benoît Lutgen, président du CDH, qui lance l’idée de la création d’une nouvelle ville en Wallonie, et Philippe Henry, ministre écolo de l’Aménagement du Territoire, qui parle d’un plan de communication dans la perspective de la campagne électorale de 2014. David Coppi a répondu à vos questions.
Créer une nouvelle ville en Wallonie, une bonne ou une mauvaise idée ?
Précisons d’abord que Benoît Lutgen n’est plus ministre wallon depuis un certain temps, il est président de parti (CDH) et sa proposition est un propos de président de parti qui veut relancer l’idée de constituer plusieurs nouvelles villes pour absorber le choc démographique, mais qui aurait aussi une portée de redynamisation globale économique et énergétique.
Cette idée n’est pas nouvelle ?
L’idée n’a jamais été lancée de cette façon. Il faut s’entendre : c’est un président de parti, on est à un an des élections, il y a donc une part de communication politique. Néanmoins le propos a-t-il de la valeur ? C’est aux experts d’en juger. Philippe Henry (Ecolo), ministre wallon de l’Aménagement du territoire a rétorqué que cette idée existait déjà mais n’avait pas été retenue. L’Institut Jules Destrée, de son côté, estime que c’est assez irréaliste. Lutgen a fait une interview globale, dans laquelle il lance l’idée du plan Marshall 3 et dans la foulée il parle de cette idée de ville.
On cite souvent l’exemple de Louvain-la-Neuve ?
L’idée n’est pas insensée. Mais Louvain-la-Neuve est construite autour d’une Université, autour d’un projet fonctionnel. Le politologue Pascal Delwit estime qu’il faut une dimension d’emploi. On ne fait pas pousser une ville comme un champignon. Puis l’idée avait déjà circulé ailleurs : Jacques Attali, expert et ancien bras droit du président François Mitterrand, avait rendu un rapport au début de la législature de Nicolas Sarkozy, rapport dans lequel il avait développé l’idée d’une création de plusieurs villes.
Les exemples qui existent, comme Villeneuve d’Asq en France, ne sont d’ailleurs pas vraiment très réussis…
Le projet a effectivement ses limites.
Le premier volet de l’interview de Lutgen parlait aussi d’un plan Marshall 3 ?
C’est encore une fois une idée projet d’un président de parti. Ce plan Marshall serait à l’échelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles, donc plus uniquement Wallonie, sur une dimension d’éducation et de formation.
Cela veut dire que gouvernements wallon et bruxellois doivent les mettre autour de la table ?
Ce n’est pas l’option de tous les régionalistes, cette idée est un peu abrasive et ne rassemble pas forcément. L’idée de Lutgen est de ne pas se contenter des programmes signés il y a 3 ans mais de relancer quelque chose de neuf tant que la législature n’est pas terminée. Cela dit, cette interview a une dimension de campagne.
Le ton de la réponse de Philippe Henry est assez véhément ?
Oui, car Benoît Lutgen venait un peu sur son terrain. C’est une façon de lancer la campagne entre Ecolo et le CDH.
Ce sont justement deux partis qui ont besoin de se positionner pour l’instant ?
CDH et Ecolo sont en concurrence directe pour ravir la 3e place côté francophone, ce qui n’est pas sans conséquence sur la formation des coalitions. À ce stade de la vie politique, il faut le décoder à l’aune des élections qui se profilent. On a entendu tous les partis se repositionner idéologiquement. Ce sont des préparatifs de campagne électorale et l’interview de Lutgen est à lire dans ce contexte-là, y compris les réactions à cette interview. Mais en soi, l’idée reste interpellante.
Utopie ou bonne idée ?
Il faut la remettre dans le contexte d’une Wallonie qui reprend du poil de la bête, avec certains indicateurs positifs.




Et n'oublions pas: on n'en a rien à f...du score électoral de ce Monsieur et de son parti: on veut du travail, des sous et les voleurs ( bancaires, européens, multinationaux, fiscaux ou délinquants ) dehors !