Iain Banks a rejoint son univers de la Culture

JEAN-CLAUDE VANTROYEN
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L’écrivain écossais a succombé dimanche au cancer.

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AP/Yui Mok
    AP/Yui Mok

L’écrivain écossais Iain Banks est décédé. Il y a quelques semaines, en avril, il avait annoncé qu’il était atteint d’un cancer de la vésicule biliaire qui s’était étendu au foie, probablement au pancréas, aux ganglions lymphatiques et avait engendré une tumeur autour de vaisseaux sanguins. «  La conclusion, maintenant, je le crains, c’est qu’en tant que malade d’un cancer avancé de la vésicule biliaire, je suis censé n’avoir que quelques mois à vivre et il est extrêmement peu probable que je vive plus d’un an  », avait-il écrit sur son site internet. Il est en effet décédé dimanche. Il avait 59 ans.

L’écrivain avait fait son apparition à la fin des années 1980. Avec deux textes plutôt macabres : Le seigneur des guêpes (Pocket) et Entrefer (Folio). Deux grands textes, le premier plutôt horrifique, le second plutôt onirique et délirant. Mais ce qui le fit connaître dans le monde des amateurs de science-fiction, c’est son cycle de la Culture, commencé avec Une forme de guerre, puis L’homme des jeux et L’usage des armes et qui s’est poursuivie jusqu’à ces dernières années.Son dernier ouvrage de la Culture, La sonate Hydrogène, sera publiée en octobre 2013 chez Robert Laffont.

La Culture, c’est un vaste univers galactique. Pas un Empire, comme chez Asimov ou Heinlein ou dans Star Wars, non : un univers. Parce qu’il n’y a pas de gouvernement central dans ce monde-là. C’est une société plutôt libertaire, un monde parcouru par de vastes vaisseaux, dirigé par des machines intelligentes. Ce sont ces « Minds », ou « Mentaux » en français, qui gèrent les affaires du monde, libérant ainsi les individus pour des activités plus ludiques ou plus spirituelles. Chez Banks, la Culture n’est pas qu’un simple décor pour des aventures multiples de héros multiples. Elle est en quelque sorte l’enjeu même des romans : que devient un système politique quand toute la gestion est laissée aux intelligences artificielles ? Qui, elles, sont aux antipodes des notions de pouvoir. Pas de gouvernement, pas de pouvoir incarné par un individu, pas de tentative d’exploitation des êtres. On vit alors dans une société quasi anarchique où toutes décision est laissée aux machines et où les individus, qui ne travaillent plus, s’occupent à ce qui ressemble davantage à des hobbys. Passionnante interrogation sur la politique, le pouvoir ou son absence, l’aliénation de l’individu, etc.

Iain Banks signait de ce nom son œuvre de science-fiction. Il ajoutait un M. pour faire Iain M. Banks et signer de cette façon ses romans de littérature générale, dont Un homme de glace (Pocket) ou Le business (Belfond), une fable sur le capitalisme. Mais, disait-il en 2001 à Actu-SF, le travail entre les deux branches de son écriture n’était pas très différent : « Ce sont des histoires avec des personnages, une intrigue, des dialogues… On pourrait presque trouver plus de différences entre deux de mes romans de littérature générale qu’entre un roman de SF et un plus classique. En fait, en général je préfère écrire de la science fiction. Cela me laisse plus de liberté. Je peux y faire tout ce que je veux. Même faire exploser l’univers si j’en ai envie. »

Iain Banks, ses romans le montrent, n’était pas étranger à la politique menée par son pays, la Grande-Bretagne. D’abord, il était favorable à l’indépendance de l’Ecosse. Ensuite il a mené une ardente campagne contre l’intervention britannique en Irak, exigeant la démission de Tony Blair.

Vos réactions

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1. GreenBug dit le 12/06/2013, 15:57

Petite inversion: ce sont ses oeuvres de science-fiction qu'il signait Iain M. Banks

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