Tous inégaux devant le bac
Fin mars, la Fédération Wallonie-Bruxelles a décidé que le TESS serait progressivement étendu aux maths et aux sciences. Quels changements pour nos élèves ? Verra-t-on une sorte de baccalauréat made in Belgium débarquer chez nous ? Non. L’uniformisation n’est pas en vue.
Mis en place durant l’année scolaire 2010-2011, le Test d’Enseignement Secondaire Supérieur, largement répandu sous l’acronyme TESS, est une épreuve externe commune qui prend place au terme de la dernière année de l’enseignement secondaire. De nature certificative, elle débouche sur la réussite – ou pas – de l’année scolaire en cours pour les parties des matières concernées. Encore en phase expérimentale jusqu’en 2015, le TESS deviendra par la suite obligatoire. Une mesure qui rapproche encore davantage notre TESS du baccalauréat français, devenu mondialement connu.
Alors qu’il mobilisait une vingtaine d’écoles en 2010, le TESS en rassemble aujourd’hui 241. Histoire et français continuent d’être évalués chez les élèves de 6e année de l’enseignement général, technique et artistique de transition, comme chez ceux de 7e année professionnelle. En 2014, le français fera l’objet d’une épreuve plus globale avec l’examen de différentes compétences (lecture, compréhension de textes…). En 2015, cette dernière deviendra généralisée et donc obligatoire pour le français et l’histoire.
Quid des autres disciplines ? Au fur et à mesure, le TESS va s’ouvrir à d’autres matières. D’ici deux ans, l’évaluation des mathématiques et des sciences deviendra, dans un premier temps, expérimental. Un TESS qui s’apparente de plus en plus au bac à la française ? Marie-Dominique Simonet s’en défend. Pour la ministre cdH de l’Enseignement obligatoire, la différence entre ces deux épreuves réside dans le fait que le « bac à la belge » ne balaie pas toutes les matières.
Stéphane Cornet, attaché de presse au cabinet, ajoute : « La comparaison est abusive. Le bac en France est complètement externalisé, les écoles n’ont rien à dire, alors que le TESS dépend de chaque pouvoir organisateur et que le conseil de classe ainsi que les professeurs restent souverains dans la décision. »
Un coup de sonde nécessaire
L’épreuve a cependant toute sa raison d’être, insiste le collaborateur ministériel. « Le TESS est un coup de sonde permettant d’évaluer le niveau d’apprentissage des différentes écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles et d’avoir une vision globale des compétences qu’elles ont acquises ou non. Il devient une sorte de projet pilote qui permet par la suite de calibrer les épreuves ; de donner des pistes didactiques et de modifier les pratiques selon les problèmes spécifiques rencontrés. Chaque école doit veiller à l’apprentissage de chaque élève et, pour ce faire, on a besoin d’outils comme le CE1D ou le TESS. »
Du côté des élèves, plusieurs changements sont à prévoir. Désormais, réussir cette épreuve reviendra à réussir leur année scolaire pour la matière visée. Concrètement, l’élève devra obtenir des résultats satisfaisants dans chacune des disciplines étudiées. En 2012, le taux de réussite au TESS, toutes matières confondues, avoisinait les 80 %. « La différence pour les élèves ne sera pas fondamentale. Il y a d’un côté les compétences testées par le TESS et celles évaluées pendant toute l’année qui sont aussi prises en compte. » L’évolution se fera progressivement. Et dépendra de celle des référentiels, actuellement en plein chantier de révision. Une fois adoptés par vote au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, ils deviendront le prescrit légal sur la base duquel devront être réécrits les programmes des différents pouvoirs organisateurs.
Annabelle Duaut
D’UNE ÉCOLE À L’AUTRE, LE JEU DES DIFFÉRENCES
Si le baccalauréat à la française n’est pas en vigueur en Belgique, force est de constater que, chez nous, les élèves de rhéto ne sont pas tous logés à la même enseigne.
TFE obligatoire – sujet au choix
A l’Athénée Royal Ardenne-Hautes Fagnes, par exemple, les élèves de 6e générale choisissent un sujet qui doit être validé par les professeurs. Le travail doit comporter entre 15 et 30 pages de texte et des annexes éventuelles. Le travail est évalué pour tous les élèves de 6e générale en français, histoire, géographie et philosophie. Les élèves des options sciences économiques et sciences sociales sont évalués aussi dans ces cours. Le TFE (travail de fin d’études) intervient pour 50 % des points de 3e période dans chacun des cours concernés à l’exception de la géographie. En géographie, il intervient pour 50 % de l’examen de juin.
Sujet imposé en groupe et passage à l’oral
Au Collège Saint-Guibert de Gembloux, certains élèves de 6e année doivent rendre, en cours de formation géographique et sociale, un travail de groupe (4-5 personnes) portant sur un conflit géopolitique imposé. La cotation se fait sur base d’un oral d’une heure, avec diapositives et PowerPoint à l’appui.
TFE laissé au libre choix des professeurs
A l’athénée royal d’Ans, selon la finalité du cours, les professeurs peuvent demander un TFE ainsi qu’une défense orale à leurs élèves inscrits dans l’enseignement général. Si, selon le préfet de l’établissement, la pratique est loin d’être généralisée (seulement 2 ou 3 professeurs en usent), il n’est pas impossible que les élèves se retrouvent parfois avec deux dossiers à rendre pour la fin de l’année. A l’athénée royal d’Uccle II, cela peut même être plus.
Un TFE ou une mini-entreprise
Chaque année, les élèves de l’Institut Sainte-Marie, à Huy, peuvent réaliser un TFE ou monter leur propre mini-entreprise. Sur base d’une lettre de motivation, 15 élèves de dernière année sont choisis par leurs professeurs pour monter pendant un an une entreprise de taille réduite. Des projets financés grâce à des actions que tout le monde peut se procurer pour 7 euros. L’initiative est encadrée par une ASBL et le produit final est présenté devant un jury pour, peut-être, accéder à la finale européenne.








