Au service d’une bonne cause
Créé en 1997, le Service volontaire européen offre aux jeunes de l’UE la possibilité de passer un an au service d’une association étrangère, en ou hors de l’Europe. Cap sur ces missions plutôt prisées en période de vaches maigres pour l’emploi.
Ouvert à tous les jeunes âgés de 18 à 30 ans, le SVE a soufflé ses 15 bougies l’an dernier. Si ce programme européen offre l’opportunité de partir tous frais payés pendant plusieurs mois dans de nombreux pays étrangers, il propose surtout d’assurer une des 4 500 missions de nature sociale, culturelle, sportive, sanitaire ou environnementale proposées.
« Contrairement aux programmes Erasmus ou Leonardo, le SVE n’est pas encore très connu et reste une activité de niche », indique Roberta Stebel, coordinatrice de Javva, un organisme d’envoi. Selon Stéphanie Drèze, chargée de projets SVE au Bureau Infor Jeunesse (qui coordonne le programme), le nombre de jeunes envoyés entre 2007 et 2012 est stable « et tourne autour d’une quarantaine par an, un chiffre important pour un petit pays. »
Depuis quelques années, le budget consacré par la Commission Européenne au SVE a d’ailleurs été revu à la hausse. « En 2007, nous recevions 310.000 euros pour couvrir tous les dossiers. Depuis 2012, 413.000 euros sont attribués pour l’année, ce qui nous permet de réaliser un bon encadrement. »
Un bonus sur le CV ?
Envie de réaliser un séjour prolongé à l’étranger, d’obtenir une expérience professionnelle supplémentaire ou d’apprendre une nouvelle langue font partie des motifs de départ des jeunes. « Certains veulent aussi donner un sens à leur vie, se sentir utiles ou trouver de nouveaux horizons. A leur retour, beaucoup constatent que dans un environnement neutre, où personne ne les connaît, ils arrivent à être eux-mêmes », poursuit l’employée de Javva.
S’investir à temps plein dans une association, mener des activités de volontariat, tous frais payés mais sans être rémunéré, voilà les grandes particularités du SVE. « Ce service est très axé sur le développement de l’apprentissage, explique Roberta Stebel. De soi-même, des autres, des langues, de la culture ainsi que de ses limites et ressources. Il donne les valeurs de la citoyenneté active, de la solidarité et de l’ouverture d’esprit, des qualités qu’on peut ensuite exploiter sur le marché de l’emploi. »
Bruno Wattenbergh, à la tête de l’Agence Bruxelloise des Entreprises, confirme : « Il est difficile pour les jeunes d’avoir une expérience dans le monde du travail. A défaut de stage dans une institution, un SVE est plus intéressant qu’un job étudiant car il intègre le jeune dans une structure et lui fait exécuter des tâches appréciées par les recruteurs. »
Reconnu par l’ONEM, le SVE semble mobiliser de plus en plus de jeunes à la recherche d’un emploi. La crise y est pour beaucoup, d’après Stéphanie Drèze. « Le but premier du SVE n’est pas de développer des compétences professionnelles, même si l’on constate que c’est le cas sur le terrain. De plus en plus d’Espagnols et de Grecs arrivent en Belgique dans ce cadre-là. Comme ils ne trouvent pas de travail, ils en profitent pour faire un SVE, en attendant de décrocher un job. » Mais le volontariat ne remplace pas un emploi à temps plein. « On ne confiera jamais autant de responsabilités à un volontaire qu’à un employé. Il ne faut pas venir avec les mêmes attentes, sinon c’est la déception assurée. »
Annabelle Duaut








