Cool attitude pendant les révisions
Souvent stressés pendant leurs révisions, les étudiants n’ont pas, en plus, besoin que maman leur courre après pour leur dire quoi faire. Comment gérer au mieux la période de blocus sans que cela ne tourne au cauchemar ? Emilie Wouters, psychologue, et Amaury Huybrechts, neuropsychologue, vous livrent quelques conseils pour adopter la bonne attitude.
Canaliser le stress de son enfant. L’approche d’un examen est angoissante pour beaucoup de jeunes. Plutôt que d’ajouter du stress à l’adolescent, essayer de le limiter. « Il faut tenter de calmer ses craintes, et les nôtres par la même occasion », renseigne Emilie Wouters. « Etre stressé est normal, mais la vie de la famille ne doit pas être rythmée par le blocus de l’étudiant. »
Garder les bonnes habitudes. Pendant le blocus et les examens, l’important, c’est la remise en contexte. Emilie Wouters : « C’est une période artificielle, où les jeunes passent leur temps dans les syllabi. Les parents doivent veiller à ce que le jeune ne bouleverse pas totalement ses habitudes, ce qui génèrerait encore plus de stress que l’appréhension des examens elle-même. Vérifier que l’étudiant fasse des pauses de 5 à 10 minutes toutes les heures, qu’il aille dormir à une heure décente et qu’il mange sainement sont quelques réflexes à conserver. » Amaury Huybrechts recommande aux parents d’agir positivement sur les éléments qui entourent l’étudiant. « Ils ne peuvent pas étudier et réussir à la place des enfants mais peuvent leur fournir un cadre de travail optimal. »
Se concentrer sur des objectifs concrets. Etre motivé passe bien souvent par la volonté d’atteindre un but à portée de main. Encourager l’enfant à établir un planning de travail raisonnable peut être une des clés pour qu’il réussisse ses révisions. « Les objectifs permettront de réaliser les tâches plus rapidement et plus efficacement » à court et moyen terme, ajoute Amaury Huybrechts.
Responsabiliser et faire confiance. Motiver son jeune et le valoriser ne veut pas dire l’infantiliser. Selon Emilie Wouters, « faire confiance au jeune adulte est bien plus gratifiant pour lui que de le materner. Cela contribue à son développement personnel et à son indépendance. Il ne s’agit pas de lâcher prise et de laisser le jeune faire ce qu’il veut mais d’avoir confiance en ses capacités. »
Maintenir le dialogue. Moment chargé en tensions, le blocus nécessite de conserver des échanges entre parents et enfants, « mais cela reste possible s’il y a une culture du dialogue dans la famille », note Emilie Wouters. « Parler de son état d’esprit, faire un état des lieux de ses révisions ou de ses angoisses facilite le quotidien et fait du bien au moral. » D’après M. Huybrechts, « mettre la pression ne sera d’aucune aide. Tout comme le système de punition/récompense est un mécanisme bien trop simpliste. »
Focaliser sur le positif. Si le blocus est souvent prétexte aux hésitations, c’est l’occasion idéale pour mettre en valeur les réussites antérieures du jeune. « Mettre l’accent sur les richesses de l’enfant est primordial », avance Amaury Huybrechts. « Nous devons l’encourager sur ses qualités, talents et atouts. Cela va augmenter son estime de lui et diminuer son anxiété. Ensuite, on doit pouvoir mettre en avant ses points forts pour les utiliser au mieux. »
Veiller à décompresser. Le nez dans les livres, l’étudiant perd souvent de vue qu’il est essentiel de maintenir une activité sociale normale. « Boire un verre avec des copains, aller au cinéma ou lire un livre sont des bons moyens de se détendre ». Pour éviter les divertissements à outrance, les parents peuvent, lorsqu’ils le jugent nécessaire, « réaliser des privations saines comme limiter l’usage de la télévision, de l’ordinateur ou des jeux vidéo ».
Ne pas imposer ses méthodes. Une personne n’est pas l’autre. Et les méthodes qui vous ont aidé par le passé n’aideront pas forcément votre enfant. « L’étudiant doit réussir à trouver celle qui lui convient », explique Mme Wouters. Suggérer et questionner peuvent être de bonnes manières de procéder, mais surtout pas contraindre. « Le planning de travail sera efficace s’il respecte le rythme du jeune, et pas forcément de la famille. Certains préfèrent réviser le soir, en groupe etc. Si cela fonctionne, il ne faut pas s’y opposer. »
Le traiter d’égal à égal. Plutôt que de considérer votre enfant comme un élève, pourquoi ne pas plutôt le voir comme un adulte ? Posez-lui des questions sur sa matière, demandez-lui de vous expliquer un point peut-être gratifiant et constructif pour qu’il assimile correctement. « Instaurer un partenariat enfant/parent, tout en laissant une marge de liberté, peut être une des recettes qui marchent », note Mme Wouters.
Visualiser le moment de l’examen. Si s’imaginer à sa table, devant sa copie, peut faire pâlir nombre d’étudiants, « anticiper l’examen, en s’imaginant le réussir, peut aider à gérer ses émotions », indique la psychologue. « Se dire que si tel chapitre tombe le jour J, on va le réussir, c’est une démarche positive. »
ANNABELLE DUAUT








