La «plus petite ville du monde» fait peau neuve et souffle 25 ans de rénovation

Nicolas Druez
Mis en ligne

Tout est parti d’un simple courrier daté du mois de décembre 1988. Un appel à l’aide, signé par le bourgmestre de Durbuy de l’époque, Jean-Paul Ledoux, et du président du syndicat d’initiative, Maurice Caerdinael.

  • Le parc Baudouin fait partie du lifting géant qu’a subi la ville de Durbuy, une «<134>perle touristique<134>» qui affiche quelque 500.000 nuitées par an.
    Le parc Baudouin fait partie du lifting géant qu’a subi la ville de Durbuy, une «<134>perle touristique<134>» qui affiche quelque 500.000 nuitées par an.

La « plus petite ville du monde » suffoque. Trop de voitures, trop de trafic… L’attrait touristique principal, caractérisé par un patrimoine bâti typique blotti autour d’un château, souffre de cette congestion automobile.

Vingt-cinq ans plus tard, le vieux Durbuy s’est métamorphosé grâce à une opération de rénovation urbaine réussie. Cette fille de l’Ourthe approche le demi-million de nuitées par an. Elle figure dans le top cinq des destinations en Wallonie.

Voilà un quart de siècle, les forces vives locales ont donc décidé de s’adresser, avec leur courrier, à l’intercommunale de développement économique luxembourgeoise Idélux et au bureau d’études Agua (Louvain-la-Neuve), dirigé par Yves Rahir.

La démarche associe, en outre, Daniel Bodson, sociologue et professeur à l’Université catholique de Louvain. Les Durbuysiens attendent un diagnostic extérieur. But ? Etablir un plan stratégique de développement… à dix ans, via un audit, et croiser une série de disciplines (urbanisme, architecture…).

Un constat s’impose assez vite : Durbuy n’a pas de plage et ne peut garantir l’ensoleillement. En revanche, il existe ce concept de « plus petite ville du monde ».

Et puis, – c’est plutôt encourageant – des visiteurs, la perle ardennaise en a ! La destination est (déjà) courue. La circulation piétonne est cependant désorganisée. Toute l’ingéniosité de la rénovation a été de réguler progressivement l’afflux de visiteurs, dans un espace contigu. Le tableau de bord prévoit d’y aller touche par touche. Morceau après morceau.

La voiture est progressivement sortie du cœur historique, au profit du piéton. Cela n’a pas été sans mal : les habitants et commerçants n’étaient pas convaincus, au début, par ce projet de cité piétonne.

La rénovation est passée par un travail de conviction permanent auprès d’une série d’acteurs, parmi lesquels la Région wallonne. « Tous les lobbyings nécessaires ont été faits ! », constate Yves Rahir (Agua).

Le gouvernement wallon a accepté de concentrer les subsides. Les aides ont été cherchées à tous les niveaux de pouvoir, jusqu’à l’Europe. De son côté, le collège échevinal ne s’est jamais départi du canevas de départ. « Nous n’y serions pas arrivés, si nous n’avions pas tenu cette ligne de conduite, souligne le bourgmestre actuel, Philippe Bontemps (CDH). C’est une fierté d’être mandataire dans cette commune. Chaque fois qu’un ministre ou un collègue bourgmestre passe chez nous, il souligne la chance que l’on a de diriger Durbuy. »

Les vingt-cinq ans de l’opération coïncident avec l’aménagement d’un chaînon manquant, dans les différentes phases successives de revitalisation. À savoir : l’ancien couvent des Récollets et ses abords.

Ce quartier en friche a été complètement redéfini, avec l’agencement d’un minigolf moderne, d’un amphithéâtre et d’un parking semi-enterré. Les auteurs du projet ont à nouveau mêlé, de manière subtile, rénovation du patrimoine bâti et ajout d’une touche de modernité.

C’est une nouvelle porte d’entrée dans le vieux Durbuy, au pied du plan d’eau du grand anticlinal, cette roche superbement mise en valeur.

Cet investissement s’ajoute à la création du parc Baudouin, de l’allée verte, de la rénovation de la Halle aux Blés, au parc des Topiaires, etc.

Le travail de l’équipe pluridisciplinaire a aussi consisté, nous l’avons dit, à écarter progressivement la voiture du cœur de la localité. Plusieurs parkings de délestage ont vu le jour à l’extérieur et relient le centre par le biais d’un cheminement piéton et d’une passerelle sur l’Ourthe.

Et demain ? La feuille de route mentionne encore des étapes à franchir, au nord de Durbuy. « Nous sommes repartis pour dix ans ! », s’enthousiasme le bourgmestre.

Le rendez-vous est pris…

Osez la rencontre !