Des centaines de Wallons bientôt privés d'eau ?
Le ministre wallon de l’Aménagement du territoire refuse que la Société wallonne de distribution d’eau (SWDE) finance la réaffectation du réseau de distribution d’eau d’une zone de loisirs devenue avec le temps zone d’habitat permanent. Deux cents personnes seront bientôt sans eau potable au Champ des Oiseaux à Aywaille. Des centaines de Wallons sont potentiellement dans la même situation.
Un beau petit chalet. Deux ou trois ares de terrain. De sympathiques familles voisines. Un ensemble de 175 secondes résidences plus ou similaires. La vie au grand air, pour le week-end au moins. Et les vacances scolaires. C’était dans les années 70-80, le domaine du « Champ des Oiseaux » à Aywaille. Un p’tit coin de paradis pour les amateurs de villégiature à deux pas des grandes villes wallonnes.
Depuis, les étés ont passé. Les familles ont souvent fait place à des personnes seules. L’habitat secondaire a fait place à un habitat permanent. Les citoyens s’y sont domiciliés et les pouvoirs publics ont perçu taxes et impôts. La paupérisation s’est emparée du lieu.
Depuis aussi, les voiries privées sont en mauvais état. Tout comme le raccordement à l’eau alimentaire. Quarante ans après sa construction, le réseau privé de distribution n’est plus qu’une passoire. «Pour un litre consommé, les habitants en paient deux», dit Philippe Dodrimont, député wallon et bourgmestre (MR) d’Aywaille. En fait, la Société wallonne de distribution d’eau (SWDE) alimente un réservoir privé et le syndic du domaine refacture à l’ensemble des propriétaires. Mais comme la moitié de l’eau file dans la nature à travers les fuites… « Dans six mois ou un an, ce réseau sera au bout du rouleau. Bientôt il n’y aura plus d’eau potable à cet endroit. De plus, il existe des dizaines de domaines similaires en Wallonie avec environ 10.000 personnes concernées par des problèmes du genre », dit encore Philippe Dodrimont. Les pouvoirs publics doivent prendre des dispositions
La commune d’Aywaille a donc pris la décision de reprendre à son compte la voirie du « Champ des Oiseaux » . Son projet : désaffecter le réseau privé de distribution et créer un nouveau réseau, public cette fois, en appliquant une disposition de la SWDE pour les raccordements récents : elle prend à sa charge les 50 premiers mètres. Multiplié par au minimum 50 propriétaires, il y a de quoi alimenter les 2500 mètres de voirie du domaine.
Mais vu la situation du lieu (une zone de loisirs plutôt qu’une zone d’habitat) la société publique de distribution d’eau veut l’aval de son pouvoir de tutelle, la Région wallonne. « Pas question », répond en substance le ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire Philippe Henry. «Il faut constater que dans le cas d’espèce, on s’écarte de l’esprit du Code de l’Eau qui vise à aider les candidats bâtisseurs dans leur projet de construction, à favoriser leur implantation dans nos villages et, de manière indirecte, à contribuer à soutenir le domaine de la construction, a expliqué, mardi, le ministre en commission du Parlement wallon. Nous ne sommes manifestement pas dans un tel scénario et il parait clair que la volonté du législateur n’est pas de faire supporter aux distributeurs d’eau les défauts de gestion normalement prudente d’un gestionnaire privé. Les travaux devraient en toute logique être décidés, sollicités et financés par la copropriété. »
Philippe Dodrimont en est resté bouche bée mardi en commission du Parlement avant de lancer : « Que fera la Wallonie quand 200 personnes seront, dans six mois ou un an sans eau potable ? Que fera-t-elle pour les autres domaines qui sont ou seront bientôt dans cette situation ? Oui, nous sommes dans une zone d’habitat permanent qui a évolué mais les pouvoirs publics doivent assumer les erreurs du passé. » Avant de conclure : «Je plaide pour un reclassement du domaine en zone d’habitat à caractère rural. Je vais continuer le combat. »
Vos réactions
Voir toutes les réactions N'importe quoi!!! Il s'agit d'un domaine privé, d'accord, mais perso, lorsque j'ai acheté ma parcelle et mon chalet (parce que vivre dans une maison en bois était un rêve) JAMAIS on ne m'a prévenue que ce domaine était considéré comme lieu de vacance!!!! alors de quel droit Marie, vous permettez vous d'être aussi directive dans vos dires??? que connaissez vous de notre situation???? Que je sache, JAMAIS on ne m'a proposé un autre logement... et vous savez quoi???? 100 000 euros remboursables en 30 ans, vous pensez que nous vivons dans une masure????? Nous ne sommes pas riches, nous sommes comme tous les belges, ou presque.... nous vivons sans pouvoir économiser, nous tirons sur les ficelles pour clôturer le mois... et oui, nous espérons devenir enfin communal car vous savez quoi???? nous payons, comme vous, nos taxes communales, provinciales, régionales, .... alors aidez nous plutôt que de nous jeter la pierre!!!!!
Si je n'entretiens pas mes canalisations, moi non plus, je n'aurai plus d'eau... Un camping n'est pas une zone de logement POINT. S'ils veulent faire venir l'eau, il va falloir payer les travaux!! On leur a proposé d'autres logements, mais non : ils n'en ont pas voulu. Tant pis pour eux maintenant...
Ah ces écolos ! Henry n'a pet-être pas tort mais il oublie que ces gens qui n'ont pas beaucoup de revenus ne peuvent pas payer le raccordement à l'eau ! Au fait ces gens payent un loyer à un propriétaire privé, non ?
Ces camping sont les bidons ville belge, vu les prix exorbitant de l immobilier c est souvent le dernier endroit ou ils peuvent encore vivre décemment. Quel chantage immonde que de leur coupé l eau pour les forcer a partir, mais ou?









LECTURE BIAISEE PAR LES LUNETTES D'UN FANATIQUE ! Le Droit est-il fait pour les hommes ou les hommes pour le droit ? Ce ministre n'est décidément pas en mesure de faire la part des choses entre idéologie et démocratie, entre valeurs et société, entre le mieux absolu et le bien relatif, dont la sagesse des anciens connaît pour l'avoir expérimenté l'antagonisme en toute matière de la vie en société humaine ! Que ce Nième dérapage puisse enfin nous convaincre du danger de ces "nouveaux religieux" que la certitude de leur vérité exclusive et primautaire sur toute autre amène insensiblement vers un totalitarisme sans mesure ! MAINTENANT NOUS SOMMES PREVENUS !