Belgique fédérale: ne soyons pas naïfs
En attendant de voir ce que la N-VA entend par confédéralisme – elle dévoilera son projet début 2014 –, le fédéralisme nous réserve son lot d’inconnues et de pièges. On avait tendance à l’oublier. Des responsables flamands nous l’ont rappelé opportunément ces derniers temps, nous réveillant d’un rêve : obtenue après plus de 540 jours de crise, la sixième réforme de l’Etat (débattue en ce moment au sein du Comité de mise en œuvre des réformes institutionnelles) n’est pas la panacée. Si elle aura pour effet de stabiliser un temps l’Etat fédéral (elle en a l’ambition), celui-ci restera le théâtre de rapports de forces Nord-Sud. Et à en juger par certaines déclarations et prises de position au Nord, ils pourraient se manifester puissamment. Ne soyons pas naïfs.
A quoi fait-on allusion ? Au semi-chantage entre la construction d’un centre commercial et d’un stade de foot autour de Bruxelles, exercé par le ministre-président Kris Peeters sur son homologue Rudi Vervoort. Au repositionnement du VLD sur une ligne anti-confédéraliste, tracée par sa présidente Gwendolyn Rutten, cela alors que Bart Somers, et d’autres libéraux flamands avec lui, appelle à abolir, à terme mais c’est remarquable, la parité linguistique au gouvernement fédéral, ou des mécanismes de sauvegarde comme la protection des minorités, ou la sonnette d’alarme. Raisonnement : ce seraient autant de freins, de blocages, dans les processus de décision. Une affaire d’efficacité, de fluidité, dans le fonctionnement de l’Etat.
Soit. Sauf que l’on croit voir là comme un retour de flamme ex-unitariste, du temps où la Flandre(l’Etat-CVP jadis) occupait le pays. Après la Belgique de papa, le fédéralisme de papa ! Tenez : qu’est-ce qui se cache derrière l’intérêt soudain au Nord pour une circonscription fédérale unique ? Le doute est permis. Gare à voir notre fédéralisme amélioré reproduire in fine des schémas hégémoniques pour la Flandre.
Non, ne soyons pas naïfs. Nous n’avons pas changé de paradigme d’un coup. La Belgique reste la Belgique. Et faut-il préciser qu’au beau milieu du jeu, Bruxelles, lui, reste incertain ? On voit bien les efforts déployés ici par les francophones pour promouvoir une « identité bruxelloise », un enseignement bilingue partout en Région-Capitale. Louables intentions, beaux projets. Qui ne doivent pas faire oublier, cependant, la loi du rapport de forces. Gare à se faire oiseau pour le chat (le lion…). On exagère ?
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Voir toutes les réactions Le francophone belge est un citoyen de seconde zone en Belgique. Il faut supprimer la parité linguistique au gouvernement fédéral. Il est urgent que le politicien francophone subisse le sort que la population qu'il représente subit depuis belle lurette.








[Parlons un peu de la delation organisée par Crombez] La délation du peuple par le peuple et pour les riches, organisée par le gouvernement... C'est très beau! C'est bien horrible, car les petites vengeances personnelles et mesquines viendront forcément se mêler à cette "noble" entreprise. On sent que M. Crombez cherche à détourner l'attention du peuple, à lui donner un peu de chair fraîche. Ca va marcher! Les frustrations vont pouvoir s'exprimer pleinement, et il y aura des débordements, surtout si les médias s'en mêlent! Pourquoi se focaliser ainsi? Que cache M. Crombez? Quelles autres fraudes bien plus vastes n'est-il donc pas en mesure de freiner? Ha Ha Ha c'est ridicule, bas, mesquin, pitoyable, lamentable, affreux, désolant! Mais... j'y songe: pourquoi ne demande-t-il pas aux banquiers de dénoncer anonymement les fraudes fiscales ou financières?