«After Earth», un film à la gloire de Will Smith et de son fiston

Philippe Manche
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Le nouveau film de M. Night Shyamalan se révèle un conte SF gentiment écolo. Entretien avec le réalisateur.

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Il sirote son thé glacé dans lequel est délicatement posée une fleur de jasmin. M. Night Shyamalan, qui a bien du mal à (re)trouver sa place après ses débuts tonitruants dans la foulée du Sixième Sens et de Incassable , a fait, fin mai dernier, une courte escale dans un palace parisien à l’occasion de After Earth , sa dernière réalisation. Drapé d’un impeccable costard satiné et élégant, le cinéaste d’origine indienne âgé de bientôt 43 ans (le 6 août prochain) évoque, lors d’un court entretien en tête à tête d’à peine 14 minutes, son dernier né.

L’histoire de « After Earth » a été écrite par Will Smith qui, non content de jouer dans votre nouveau film, est également crédité comme producteur. Quelle a été son implication dans le projet ?

C’est une première en ce qui me concerne parce que d’habitude, j’écris mes scénarios. Will m’a contacté avec cette idée de film de science-fiction que j’ai immédiatement visualisée dans mon esprit. J’ai ensuite rencontré Will Smith à Los Angeles, on s’est serré la main et l’affaire était faite. Juste nous deux, sans nos agents, parce que nous n’avions rien dit à personne. Tout s’est passé très vite.

Vous appréciez la science-fiction en tant que genre cinématographique ?

Pas spécialement même si Alien est un de mes films de tous les temps. Je ne suis pas Steven Spielberg qui, lui, est un dingue de SF. Si vous me demandiez maintenant quel est le genre de film que je fais depuis mes débuts, je vous dirais que ce sont des films dramatiques. Le drame peut aussi bien se trouver au cœur d’un film d’horreur ou d’un thriller. Tout dépend comment vous l’habillez.

Artistiquement, où se situe le challenge de « After Earth » ?

Le plus difficile a été de créer ce monde qui n’existe plus, à partir de rien. Il fallait s’éloigner d’une vision post-apocalyptique proche de l’enfer. Nous avons passé une année à imaginer ce nouveau monde en harmonie avec la nature. Il ne faut pas oublier que l’histoire se situe mille ans après l’évacuation de la planète de ses habitants. Mon instinct me disait de ne pas en rajouter trop dans les scènes d’action. Et garder ce minimalisme. Si j’ai cette image-là, c’est parce que parfois, j’ai peur d’essayer de nouvelles choses.

La peur, l’angoisse, celle de l’inconnu, des autres, est au cœur de votre filmographie. D’où vient-elle ?

C’est la part de ma personnalité que je déteste le plus. C’est sans doute pour cela que je n’ai cessé de la décliner. Par exemple, lorsque j’ai un peu de temps pour moi, ce qui n’arrive jamais, toutes mes peurs refont surface. Est-ce que le film va marcher ? Est-ce que je ne me suis pas planté ? Est-ce que ma gamine est en bonne santé ? L’avion qui va me ramener aux Etats-Unis ne va-t-il pas se crasher ? Je déteste ça. Chaque fois que je me réveille, c’est la même chose. J’essaie d’y travailler parce que je suis conscient que c’est une perte d’énergie considérable. Un jour, j’avais emmené ma fille au zoo avec ses copines pour son anniversaire. Le responsable des serpents que les enfants peuvent toucher me disait qu’il les remplace toutes les six semaines. Tout simplement parce qu’ils ont constamment peur quand ils sont touchés et qu’ils peuvent devenir malades. C’est la même chose avec moi.

Osez la rencontre !