Espionnage des communications: «Les révélations du Guardian ne vont pas bouleverser nos habitudes»

Louis Colart (St.)
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Les révélations sur le programme américain de surveillance «PRISM» incitent des sociétés à faire migrer leurs données de serveurs américains vers des serveurs jugés plus sûrs. Mais pour le co-fondateur de ContactOffice, «nous avons une conception de la vie privée différente des Etats-Unis».

Preuve que les révélations de la presse (le Guardian et le Washington Post) sur le programme américain de surveillance « PRISM » inquiètent, des sociétés commencent à changer de crémeries. Ainsi, la société belge ContactOffice, qui offre notamment des services de « clouding » (enregistrement de données sur Internet) affirme recevoir «  une véritable déferlante de demandes d’information et de migration  ». Nous avons interrogé Patrick de Schutter, le co-fondateur de l’entreprise.

Depuis la révélation du programme PRISM par la presse, qu’avez-vous observé dans votre entreprise, ContactOffice ?

« Nous avons un afflux de demandes qui viennent de sociétés, surtout d’Europe mais aussi du Moyen-Orient, qui nous posent des questions sur la localisation de nos serveurs ou bien comment nous répondons à des demandes d’instances officielles. En bref, sur la sécurité, notre infrastructure, où elle est hébergée, quelles sont nos procédures, etc. »

Quelles sont les craintes de vos clients...

(il coupe)« Ce ne sont pas nos clients. Ce sont les sociétés qui prospectent, de potentiels futurs clients. Ils réalisent qu’en hébergeant des données sur les serveurs américains, premièrement : ils ne sont pas protégés par la législation européenne qui concerne la protection de la vie privée, les possibilités de voir les données que l’on conserve sur un utilisateur et tout ce qui est droits de modification et de suppression de ces données ; et deuxièmement : notre entreprise ne répond qu’à des demandes officielles de juges belges, en ce qui concerne les demandes d’informations hébergées sur un compte. »

Pensez-vous que l’avenir de l’Internet mondial va être bouleversé par les révélations sur PRISM ?

« Non, le mot « bouleversé » est trop fort, je pense. La conception de « vie privée » est différente en Europe et aux Etats-Unis. Nous avons une législation qui protège beaucoup plus les utilisateurs, à l’image de celle qui protège les consommateurs. Je pense simplement que les gens vont réfléchir un peu plus au fait qu’héberger leurs données sur des serveurs de sociétés américaines les protège moins que sur des serveurs européens. Je ne m’attends pas à un bouleversement. Voyez un outil comme Facebook : au début les gens ne font pas attention à ce qu’ils en font et puis ensuite, une maturité apparaît. »

Vos réactions

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1. Tonton_Beber dit le 12/06/2013, 16:30

"Nous avons une législation qui protège beaucoup plus les utilisateurs" ... y a-t-il un naïf dans la salle pour croire qu une législation européenne peut nous protéger des agissements des agences gouvernementales américaines. Quant à parler d apparition d une maturité sur facebook ... j'en rigole encore ... parce que c'est exactement le contraire qui se produit, les gens deviennent complètement cons à force de s'en servir

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