Un ancien proche de Tapie l’accuse d’avoir exulté «j’ai les sous!» lors de l’élection de Sarkozy
« Ca y est ! J’ai les sous », se serait exclamé Bernard Tapie en 2007 en voyant Nicolas Sarkozy se faire élire. C’est ce qu’affirme un ancien proche de l’homme d’affaire. M. Tapie a immédiatement démenti et l’accusateur est partiellement revenu sur sa déclaration. Dans le même temps, l’Etat Français annonce qu’il va contester l’arbitrage à 403 millions d’euros. L’affaire Tapie n’en finit plus de faire polémique en France.
Dans un entretien paru aujourd’hui dans Sud Ouest, Benoît Bartherotte, un ancien proche de Bernard Tapie, affirme : « En 2007, le soir de la victoire de Nicolas Sarkozy, on l’a tous vu exulter : ‘ça y est, j’ai les sous !’ ». M. Bartherotte fait allusion au conflit qui l’opposait à la banque Crédit Lyonnais et qui a donné lieu, en juillet 2008, à un arbitrage en sa faveur.
Bernard Tapie s’est montré scandalisé par cette phrase, affirmant : « Ce type dit n’importe quoi sur moi ». « Le soir de l’élection de Sarkozy, j’étais chez moi, avec mes parents, mes enfants, et sauf si ce monsieur était caché dans un placard à balais, je ne vois pas comment il a pu entendre ce que je disais ce soir-là. »
Une décision « logique mais scandaleuse »
L’homme d’affaires Benoît Bartherotte a expliqué ce matin que sa description d’un Bernard Tapie lançant « Ca y est : j’ai les sous » le soir de l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007 était « une interprétation », tout en se disant convaincu qu’il « comptait bien » à l’époque obtenir un arbitrage dans ses démêlés avec le Crédit lyonnais. Sur plusieurs médias jeudi matin, M. Bartherotte a confirmé qu’il n’était pas avec Bernard Tapie ce soir-là. Mais « quand il a fait le tour des plateaux de télévision en exultant, on comprenait ‘ça y est, j’ai les sous’, il est évident qu’il avait fait élire Sarkozy et qu’il estimait qu’on lui devait un renvoi d’ascenseur », a-t-il affirmé sur BFMTV, ajoutant : « Mon propos est imagé mais il est extrêmement clair, c’est l’interprétation de quelqu’un qui connaît bien son sujet ».
Il qualifie aujourd’hui la décision d’arbitrage en faveur de Bernard Tapie (403 millions d’euros dont 45 millions pour préjudice moral) de « logique mais scandaleuse ». Selon lui, « les turpitudes du Lyonnais ne font pas la vertu de Tapie », qui avait « risqué (…) surtout (l’argent) du contribuable », puisque « c’était le Crédit lyonnais qui avait avancé la majeure partie des capitaux ».
L’État va contester l’arbitrage en justice
L’État français « a l’intention » d’engager un recours en révision contre l’arbitrage dont a bénéficié en 2008 Bernard Tapie dans son litige avec le Crédit lyonnais, ont indiqué jeudi les services du Premier ministre, confirmant une information du Monde.fr.
Mercredi, Stéphane Richard, PDG d’Orange et ancien directeur de cabinet de la ministre de l’Économie Christine Lagarde – elle-même témoin assisté dans cette affaire –, a été mis en examen pour « escroquerie en bande organisée » comme l’ancien président du Consortium de Réalisation, Jean-François Rocchi, qui l’est également pour « usage abusif de pouvoirs sociaux ».




Tapie:"j'ai les sous"! A mort l'arbitre(trage)!!