L’hôtel bruxellois couve le businessman

Paolo Leonardi
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Avec l’entrée en gare du Pullman à Bruxelles-Midi, la capitale s’est dotée d’un cinquième hôtel haut de gamme destiné, en majorité, aux hommes d’affaires. Mais pour être viables, les hôtels de luxe doivent aussi appâter le touriste.

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On ne peut pas dire que la réception (futuriste) du nouveau Pullman soit grande. C’est que les hôtels ne cessent de changer... Photo 
: Le Soir/Alain Dewez.
    On ne peut pas dire que la réception (futuriste) du nouveau Pullman soit grande. C’est que les hôtels ne cessent de changer... Photo : Le Soir/Alain Dewez.

A Bruxelles, il y avait déjà le Radisson, le Sheraton, le Marriott, the Hotel (ex-Hilton). Il faut y ajouter désormais le Pullman Brussels Midi.

Installé sur le flanc de la deuxième gare ferroviaire la plus fréquentée du pays (après la gare Centrale), le dernier-né de la gamme Accor lorgnera en priorité, comme ses concurrents, vers l’homme d’affaires, cet homo sapiens reconnaissable entre mille et qui a pour habitude de se réveiller à Paris, de déjeuner à Londres, pour enfin s’endormir, fourbu et (souvent bien) repu, à Bruxelles.

L’hôtellerie bruxelloise constitue à n’en pas douter un secteur attractif qui intéresse de nombreux investisseurs. Mais y a-t-il réellement de la place pour cinq hôtels de cette trempe dans la capitale à l’heure où les sociétés font de plus en plus attention à leurs frais ? L’avenir le dira d’autant que les Français de Boissée Finances (les propriétaires du bâtiment dans lequel a pris place le Pullman) ont misé sur un quartier encore trop peu alléchant aujourd’hui.

Bruxelles compte 202 hôtels pour un total de 20.000 chambres. Malgré la crise, son taux d’occupation (68,5 %) et le prix moyen par jour (104,81 euros) sont restés au-dessus de la moyenne des dix dernières années. C’est ce qu’a constaté Serge Loumaye, partner chez PwC, qui a procédé à l’analyse du secteur hôtelier européen. Pour la première fois, Bruxelles a été passée à la loupe. « Notre capitale garde un très bon potentiel à moyen terme, insiste-t-il, parce qu’elle est reconnue comme pôle économique et financier international, ainsi que comme une ville de congrès. Par ailleurs, la présence de l’Union européenne, de l’Otan et d’autres institutions internationales assure un flux continu d’hommes d’affaires. »

Ceux-ci représentent plus de la moitié (53 %) des nuitées sur Bruxelles dont le problème crucial reste le taux de remplissage de ses hôtels le week-end.

Et même si en 2012, la fréquentation touristique a crû de 1,2 % pour atteindre la barre des 3,2 millions, les prévisions du secteur sont pessimistes en raison d’une diminution des tarifs des nuitées combinée à d’importantes hausses des charges.

Osez la rencontre !