Le Pullman est sur les rails en gare du Midi
La marque haut de gamme du groupe Accor revient à Bruxelles avec un nouvel hôtel business. C’est le cinquième dans ce secteur hautement concurrentiel.
Avec l’ouverture du Pullman Brussels Midi, au cœur de la gare du même nom, l’offre hôtelière bruxelloise s’est enrichie d’un cinquième établissement haut de gamme destiné prioritairement aux hommes d’affaires, les autres étant The Hotel, le Marriott, le Sheraton et le Radisson.
Cinq hôtels dans le même segment, c’est beaucoup pour une ville comme Bruxelles. Mais cela n’inquiète aucunement Christophe Vanswieten, le directeur général de Pullman Europe. « Bruxelles n’est pas grande, mais c’est une ville qui jouit d’un énorme passage, dit-il à ce sujet. Elle est d’ailleurs dans le top 10 européen en matière de taux d’occupation. Et c’est une ville très attractive également sur le plan touristique. Sa gastronomie est fabuleuse, il y a des musées et j’en passe et des meilleures. Seule la promotion de la ville n’est pas bonne. Le jour où nos gouvernements comprendront que le tourisme est un vecteur économique important et qu’ils mettront au point une réelle politique de vente de Bruxelles à l’étranger, nous aurons fait un grand pas… »
Pour l’heure, les 237 chambres du nouveau Pullman, le premier en Belgique (depuis la disparition il y a quelques années de celui situé à l’aéroport de Zaventem), attendent l’homme d’affaires. Les réservations vont bon train depuis l’ouverture, ce qui ne surprendra personne vu que l’hôtel se trouve en gare du Midi. Une des dix salles de conférences (pour un total de 1.000 m2 d’espace disponible) offre d’ailleurs une vue inédite sur l’arrivée de l’Eurostar en provenance de Londres.
Implanter un hôtel quatre étoiles au cœur même de la gare du Midi – dont l’offre select en termes de services est par ailleurs fort limitée – est un véritable défi pour Pullman, la marque haut de gamme du groupe français Accor. « Le quartier du Midi est en cours de transformation et d’assainissement, assure Christophe Vanswieten. Tout le monde de l’immobilier s’est regardé pendant une quinzaine d’années en attendant de voir quel serait le premier à se lancer. Dans un avenir proche, il va voir son immobilier d’entreprise se développer. D’ailleurs, il ne reste quasiment plus d’espaces disponibles dans les environs. C’est un pari, c’est vrai, mais il a été longuement réfléchi. »
Pour rendre le Pullman viable, ses responsables misent en priorité sur la clientèle business. De ce côté-là, l’implantation sur la place Victor Horta est idéale puisqu’une centaine de milliers de personnes transitent chaque jour par la gare du Midi, un nœud ferroviaire important qui voit partir quotidiennement 25 trains pour Paris, 10 pour Londres et 9 pour Amsterdam. « Mais aucun hôtel ne peut tenir le coup à Bruxelles sans l’apport des purs touristes, insiste ce Gantois de 55 ans qui passe plus de 150 nuits par an à l’hôtel. Le Pullman tournera sur une base de 60 % d’hommes d’affaires et 40 % de touristes. Quant au pricing, il sera comme dans l’aérien, c’est-à-dire dépendant de la demande. »
Etant entendu que Bruxelles souffre d’un taux d’occupation nettement plus réduit le week-end qu’en semaine, des offres seront destinées aux amateurs de short trips dans la capitale. « C’est pourquoi nous avons accepté d’ouvrir un hôtel de 237 chambres, expose Christophe Vanswieten. S’il en avait proposé 500, nous ne l’aurions pas fait car cela nous aurait obligés à trop brader nos prix le week-end. Les prix moyens tourneront ici autour des 200 à 300 euros la semaine, et entre 120 et 180 euros le week-end (hors petit-déjeuner). »
Pour un mois de juillet qui s’annonce très calme, les responsables n’excluent pas des prix qui se situeront aux alentours des 100 euros. Normal quand on sait que juillet et août sont des mois problématiques pour l’hôtellerie bruxelloise avec un taux d’occupation qui descend en dessous de la barre des 50 %.
En 2007, année de son lancement, la marque Pullman comptait 13 hôtels dans le monde. Aujourd’hui, ce chiffre est passé à 80 et on en trouve désormais en Europe, Afrique, Moyen-Orient Asie Pacifique et Amérique Latine. L’objectif avoué est de doubler l’offre d’ici 2020.
Cette année, la marque devrait ouvrir 13 établissements. « La stratégie du groupe est de reprendre des contrats de gestion, explique Christophe Vanswieten. Pour une chaîne comme la nôtre qui est cotée en Bourse, il devient extrêmement difficile de nos jours de rester propriétaires de nos bâtiments. À terme, les contrats de gestion devraient avoisiner les 80 %. »
À la gare du Midi, le bâtiment dans lequel s’est posé le Pullman a été longtemps la propriété d’Eurostation, la branche immobilière de la SNCB, avant d’être revendu. Pullman avait déjà signé un contrat de gestion en 2008 mais le nouveau propriétaire est tombé en faillite et l’affaire avait capoté. Quelques années plus tard, le projet fut récupéré par la société française Boissée Finances qui possède plusieurs Ibis et Novotel, autres enseignes du groupe Accor.
Equipé des technologies de pointe, le Pullman Brussels Midi possède, on l’a dit, 237 chambres qui vont de la classique à la suite Deluxe (il y en a deux). C’est l’architecte français Jean-Philippe Nuel, qui possède une grande expérience dans le domaine, qui a dessiné les plans. Pour la décoration, on a fait appel aux designers Christophe Pillet et Mathieu Lehanneur.
Reste plus qu’à séduire la clientèle.








