Quand l’Amigo a rimé avec travaux…
Un hôtel, c’est bien. Mais comment rénove-t-on un établissement pareil? Pas simple quand il s’agit de gérer en quantité industrielle à la fois des chambres, les cuisines, le restaurant, le personnel et, surtout, les clients qu’il convient malgré tout de garder pendant les travaux histoire de ne pas trop grever le chiffre d’affaires.
Installé à un jet de pierres de la Grand-Place, l’Amigo en sait quelque chose. Lorsqu’il cessa d’appartenir à la famille Blaton pour entrer dans le giron des hôtels Rocco Forte en 2000, l’institution bruxelloise fit l’objet d’une rénovation totale. « Nous avons procédé à la rénovation complète des 173 chambres, se souvient Didier Roosenboom, le directeur technique de l’hôtel. Le chantier était phénoménal. Chaque jour, il fallait trouver une solution rapide à un problème qui se posait ! »
Pendant les travaux, la capacité de l’Amigo fut réduite à 60 chambres, histoire de continuer à faire tourner le commerce. Les travaux ont concerné le chauffage (l’Amigo a été l’un des premiers hôtels belges à utiliser la co-génération), l’air conditionné mais aussi la plomberie. Il n’y a pas un mur qui n’a pas été mis à nu. Seul le lobby est resté quasiment en l’état, ainsi que la façade à laquelle on ne pouvait pas toucher (à part un rafraîchissement), le cinq étoiles étant situé dans le périmètre Unesco. « Entre 1958, date de sa construction sur les ruines d’une ancienne maison d’arrêt, et 2000, l’hôtel avait très peu évolué, insiste Didier Roosenboom. Il fallait le remettre au goût du jour. On a installé une centrale téléphonique et il a fallu passer à internet qui faisait ses grands débuts. S’il était impensable à l’époque de proposer une chambre sans télévision, aujourd’hui c’est le wi-fi qui est devenu essentiel dans un hôtel. Et qui sait ce que demain nous réserve en matière d’innovations technologiques… »
S’il fut relativement rapide, le chantier nécessita néanmoins d’importantes ressources financières : près d’un milliard de francs belges fut injecté pour rénover l’Amigo. « Certains jours, on montait facilement à 170 ouvriers en activité, se souvient Didier Roosenboom. C’est une société italienne qui était chargée de coordonner des travaux. Des tapis ont été spécialement créés pour nous. Le challenge fut énorme, il y eut des tensions avec les clients, les serveurs, les commerciaux, l’équipe de maintenance qui comportait à l’époque douze personnes. Mais dans l’ensemble, tout s’est bien passé à part, peut-être, l’amiante que l’on a trouvé à certains endroits du bâtiment. »
Quelques années plus tard, d’autres rénovations furent encore apportées avec la transformation de quelques chambres et l’apparition de suites à thème (la suite Magritte, la suite Blaton…).
Aujourd’hui, Didier Roosenboom est à la tête d’un service de six personnes : deux peintres, qui font également les travaux de menuiserie, et quatre autres personnes qui font… tout le reste. « Ils ont tous une formation d’électricien car il est plus facile de demander à un électricien de faire de la plomberie que l’inverse », sourit le responsable.
Par « tout le reste », on entend les nombreux travaux de maintenance qui marquent inévitablement la vie d’un hôtel. « On remplace quelque 1.000 ampoules LED par mois, souligne le directeur technique. Chaque mois également, on utilise 200 litres de peinture et on procède au remplacement de 200 mètres carrés de tapis, rien que pour les chambres. Pour la cuisine, nous dépensons environ 2.500 euros par mois pour remplacer un frigo qui lâche, ou un lave-vaisselle qui fuit. Si je vous dis en plus que l’hôtel compte 1.000 téléphones, vous pouvez imaginer le nombre d’interventions techniques que cela implique ! »
On le voit : si pour les clients, la vie dans un hôtel doit être la plus calme possible, il en va tout autrement pour les préposés à l’assistance technique pour laquelle chaque intervention s’effectue en mode XXL.
Classé cinq étoiles, l’Amigo jouit d’un taux d’occupation annuel de 70 %, lequel est constitué principalement d’hommes d’affaires. Mais contrairement aux autres hôtels de sa catégorie de la capitale, il profite d’une excellente fréquentation le week-end.
Il est vrai qu’en matière d’emplacement, l’Amigo fait très fort…








