La culture vaut une exception
Faut-il exclure la culture et l’audiovisuel de la négociation commerciale de libre-échange qui va s’ouvrir entre l’Europe et les Etats-Unis ? Faut-il préserver cette exception culturelle, qui contrairement à ce qu’on pense généralement, n’est pas une protection de la culture française via l’Europe, mais un principe qui protège toutes les cultures et langues de l’Union européenne ? La réponse est oui.
Parce que la culture européenne livrée, sans protection et sans soutien, au face-à-face avec les productions américaines, ne résisterait pas, ou de façon minimale. Il n’est pas question ici de protéger de petits intérêts ou de donner raison à la France qui veut attester que sa culture mérite une place de choix sur la scène mondiale.
Non, il s’agit de garantir la diversité culturelle, en permettant à des artistes, à des centres culturels, à des musées, à des journaux de continuer à bénéficier d’aides à la création, à la production et à la diffusion. Et donc d’exister. Pensez-vous que, sans cela, les séries danoises comme Borgen ou The Killing, auraient vu le jour et auraient pu résister aux Esprits criminels et autres Desperate Housewifes ? Non. Or ce serait une perte, pour les Danois tout d’abord, pour leurs acteurs et pour leurs scénaristes, mais aussi pour nous tous, qui ne projetons plus nos fantasmes politiques ou nos effrois domestiques que sur Los Angeles ou une banlieue de Minneapolis, mais aussi vers Copenhague.
Si nous citons les séries télévisées, c’est pour bien montrer que cette exception culturelle n’est pas un protectionnisme pour cultureux élitistes. La diversité ainsi défendue concerne tous les supports et toutes les productions créatives, tous les artistes. Le principe de l’exception doit être bétonné, sans laisser de porte entrouverte. L’exemple français a eu la vertu de démontrer que le système fonctionne – et il a, de fait, préservé une production culturelle locale riche et diffusée largement.
Découragerait-il la créativité ? Hasta la Vista , Jean-Philippe Toussaint (écrivain) ou Michèle Anne De Mey (chorégraphe), pour ne citer que quelques exemples belges, démontrent superbement l’inverse.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @libremax : bien d'accord avec vous. Pareillement, quand des instits grecs ont leur salaire divisé par 3 et bossent pour qques centaines d'euros, qu'on saisit l'argent sur les comptes, qu'on vend des iles, libéralise tte l'activité éco, etc etc les médias sont tjs là pour expliquer que sans l'UE ce serait pire, que sortir de leuro, mais vous n'y pensez pas mon bon monsieur (ne seriez vous d'ailleurs pas un peu facho des fois ?). Mais que les tv publiques (surement le même niveau pensée unique que chez nous) soient restructurées et là toute la profession hurle... Pathétique... .
Dans les jeux vidéos qui sont de plus en plus où se trouve la culture les entreprises françaises, par exemple Ubisoft, ont une place aussi importante que leurs homologues des Etats Unis d'Amérique. Il faut donc des précautions mais pas celles indiquées dans l'article.
Extraordinaire...non juste comme dh'ab. Madame Delvaux se ralie à la belle belle pensée poco de gauche (propos de Hollande et aussi Magnette). La nouvelle ligne maginot doir défendre 'Josephine ange gardien' et les frères Dardenne. Tout un programme. Je suppose que la presse fait partie de l'exception : tout s'explique. Merci. Que l'Europe soit le dindon de la farce de la mondialisation et que ces accords soient la porte grande ouverte au dumping social, et écologique (gaz de schiste) à la mise sous tutelle (avérée) des services secrets US. Pas un mot. Rien du poulet à l'eau de javel, rien du tender beef... Rien. Welcome Monsanto ! Seules avancées attendue : des centaines de millions d'économie pour l'Europe. En fait les salaires des gens qui vont perdre leurs boulots...De ça rien, nada.
Rien a voir avec la culture. La position française est téléguidée par les oligarchies du cinéma français (quelques familles d'acteurs). Un film sur vingt distribué, les autres restant sur les tablettes. Traitement fiscal exorbitant. De toute façon cette lutte d arrière-garde ne sert à rien, sinon à torpiller au départ une ouverture possible des deux économies pourtant salutaire.









Pas de culture sans économie. Et pas d'économie sans indépendance. Or, depuis la conquête de l'Afrique lancée par Bush, les financiers anglo-saxons ont pris le contrôle de nos leviers politiques, législatifs, juridiques, stratégiques, aéronautique, défense, télécommunications, sidérurgie, finance,... Dix ans de déréglementation et d'investissements extérieurs massifs ayant ponctionné la valeur ajoutée, les intérêts, les dividendes - sans réinvestir. Les pertes économiques et sociales sont énormes. Va-t-on nous rembourser?. Signer un tel projet d'accord transatlantique serait une capitulation devant l'offensive qui a provoqué la crise que nous subissons et à priver la génération future des leviers nécessaires au redressement.