Avec Obama au secours des Syriens

Maroun Labaki
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Convient-il d’apporter une aide militaire aux rebelles syriens ? Les Etats membres de l’Union européenne ne sont pas parvenus à répondre à cette question d’une seule voix. C’est nul – comme on dit maintenant – et c’est inquiétant. Mais ainsi va l’Europe sur le chemin de l’avenir, telle une tortue, alors que le monde impose à l’évidence l’allure du lièvre.

Les Européens tergiversent depuis plus de deux ans.

Et 93.000 morts plus tard,

ils tergiversent encore. Sous prétexte que la Syrie n’est pas la Libye, que c’est beaucoup plus compliqué que ça, ils ont laissé faire en croisant les doigts, et en s’en remettant secrètement à… l’Arabie Saoudite et au Qatar !

Pas de chance : l’Iran et le Hezbollah libanais se sont occupés, eux aussi, de la Syrie, permettant récemment au régime de reprendre le dessus sur le terrain.

Cette (absence de) stratégie européenne a donc objectivement contribué à un désastre humanitaire, à une radicalisation confessionnelle de l’opposition syrienne et à une montée régionale des périls entre sunnites et chiites. Impressionnant !

Aujourd’hui, les choses pourraient changer, puisque la « ligne rouge » fixée par l’administration Obama a été franchie : Bachar el-Assad a utilisé des armes chimiques, c’est établi.

Français et Britanniques, qui n’avaient déjà plus de doutes quant au recours à des armes chimiques, et qui rongeaient leur frein dans le cadre de l’Union européenne, vont sans doute se sentir libérés par le signal venu de Washington. L’heure d’une nouvelle dynamique a vraisemblablement sonné.

Il faut armer les rebelles syriens – ou certains d’entre eux, minutieusement choisis – au nom de nos valeurs, au nom des enfants qui pleurent dans les camps de réfugiés, au nom de la démocratie, au nom de la liberté, au nom du progrès.

Il faut également les armer pour leur permettre d’aller en position de force à la table des négociations, parce que c’est là que la guerre doit s’achever.

Il faut enfin les armer pour que cette guerre finisse rapidement, car elle porte en elle les germes d’une déflagration globale entre sunnites et chiites, qui pourrait notamment affecter nos économies, déjà très mal en point.

L’incapacité de l’Union européenne à parler d’une seule voix en politique étrangère est un problème très grave. Il serait tragique qu’elle conduise à une paralysie générale, à l’impuissance, à l’erreur.

Bien sûr, l’option de l’aide militaire, voire de l’intervention limitée, comporte des incertitudes. Mais l’alternative, hélas !, ne comporte que d’effroyables certitudes.

Vos réactions

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9. citoyenne lambda dit le 16/06/2013, 21:14

C'est un vrai scandale!! Ou comment se donner bonne conscience à bon compte?? Il ne fallait pas attendre si longtemps, il fallait les aider rapidement, quand c'était vraiment un élan démocratique qui soulevait la population, mais maintenant, on a laissé tout le temps aux extrémistes de s'infiltrer et profiter de la rebellion... Et c'est se leurrer de croire qu'on armera les "bons" rebelles!! Où on en est, il vaudrait presque mieux qu'Assad reprenne le contrôle, et tienne sa promesse de respecter le processus électoral... Et pour la Turquie, on va attendre que ça dégénère combien de temps??? La politique étrangère, c'est quand même de l'hypocrisie élevée au rang de grand art!!!

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8. Roi-Loi-Liberté dit le 16/06/2013, 11:57

Incertitudes?! ASSASSIN !!! Vous nous demandez de soutenir un système théocratique et la mort de millions de chrétiens, "d'hérétiques" chiites et la mise en place de sultanat islamiques ou les femmes auront le droit de fermer leurs gueules et vous voudriez qu'on applaudisse en disant : "voilà un comportement responsable!"? Vous n'êtes qu'un méprisable meurtrier, et tout ceux qui armeront ces gens seront responsables de leurs faits et gestes ! Comment osez vous soutenir des gens qui, en représaille à leur défaite de Qousseir, décide de massacrer un village entier de chrétien pour se venger? Les quelques survivants ne l'ont été que parce que l'armée régulière est intervenue à temps ! Comment osez vous soutenir l'assassinat d'un jeune homme de 15 ans parce qu'il a refusé de croire au "prophète"? C'est ça, vos rebelles, les autres se sont rangé du coté de bachar depuis longtemps!

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7. Bob Marone dit le 16/06/2013, 07:21

Mais quel brouet idéologique. L'Irak et l'Afghanistan n'ont visiblement pas servi de leçon. Enfin, je pense que les maîtres du monde ne sont pas si bêtes et savent pertinemment et cyniquement bien ce qu'ils font (voir La stratégie du choc de N. Klein) et de leurs affidés médiatiques de faire leur petit travail de propagande à géométrie variable. Cet exemple-ci est tellement caricatural qu'il en est grotesquement risible.

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6. draathelvete dit le 15/06/2013, 19:31

Comment Le Soir peut il se montrer à un tel point démago ? A -t-il oublié ce que sont devenus les "printemps" arabes ou est-il devenu un quotidien à la solde de l'industrie de l'armement FR/UK/US ? Ceci prouve a nouveau a quel point ce monde est formatté par le bisounourisme. Vive Bashar et vive la Syrie multiculturelle.

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5. Labrador dit le 15/06/2013, 16:31

Demain, l'Iran sera une démocratie, et aura la bombe atomique.

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