Les urgentistes sont à bout

Nicolas Druez
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  • Le personnel urgentiste de l'hôpital de Marche est moins rémunéré que celui d'Arlon ou Libramont. Photo Frédéric Humblet
    Le personnel urgentiste de l'hôpital de Marche est moins rémunéré que celui d'Arlon ou Libramont. Photo Frédéric Humblet

Le courrier de trois pages sonne comme un véritable signal d’alarme. Les voyants sont au rouge, dans les services d’urgences des hôpitaux de Marche et Bastogne. Il n’y a plus assez de médecins spécialistes. En cause, la disparité des conditions de rémunération entre tous les sites hospitaliers de Vivalia, au nombre de quatre avec Libramont et Arlon. Dit autrement, les urgentistes sont moins bien payés qu’à Arlon et Libramont. Ils travaillent pourtant au sein de la même entreprise.

Une lettre a donc été envoyée aux responsables de l’intercommunale pour attirer leur attention sur le problème. Si des mesures ne sont pas prises rapidement, les deux services devront revoir leur offre à la baisse à partir du 1er octobre. Les alternatives évoquées mettront, selon le personnel, « en danger la qualité des soins et la sécurité des patients, les relais aux spécialistes nécessitant un délai ». Depuis 2010, les urgentistes de Marche et Bastogne demandent une harmonisation des barèmes au sein des quatre hôpitaux. « Malheureusement, à ce jour, il n’y a pas d’évolution tangible. Ils sont toujours les moins bien rémunérés de Vivalia », peut-on lire.

Résultat ? Le texte évoque « une concurrence déloyale intersite et une aggravation des tensions au sein des hôpitaux ». Certains urgentistes de Marche et Bastogne « suspendent ou réduisent leurs prestations au profit de sites plus équitablement valorisés, rendant l’établissement de grilles horaires impossible ». Les interpellations ont été multiples et sans effet, d’après ce courrier. D’où la nécessité de revoir l’organisation des services et, concrètement, de ne plus établir « un des trois rôles de gardes obligatoires des urgences dès octobre 2012 ». Pour éviter de nouveaux départs et rendre attractif le travail dans les deux établissements, une revalorisation adéquate est indispensable. Il en va « de la sauvegarde des services d’urgences et de la poursuite de missions essentielles de services à la population ».