Les mystères thérapeutiques de la Chambre zéro
Les photographie de San Damon, l’inventeur de l’oniroscopie, se découvrent des effets thérapeutiques.
San Damon est photographe, plasticien et compositeur de musique. A l’aube du XXIe siècle, l’artiste parisien a inventé l’oniroscopisme. Ce langage photographique du futur repose sur un processus créatif où s’entremêlent la lumière, les couleurs et le trompe-l’œil.
Les photos de San Damon sont retravaillées dès la prise de vue et la transformation se poursuit pendant le développement. Il utilise la lumière comme un acteur de l’image. Sa technique permet aussi de jouer avec les couleurs, en utilisant toutes les nuances qui relient l’ocre à la terre de Sienne ou le bleu au gris. Si les tons rouges et jaunes peuvent déconcerter les sens, ils ne sont pas le fruit du hasard. L’artiste aime l’incertitude. Le noir tient aussi un rôle tout particulier : celui de soutenir et rehausser toutes les autres couleurs.
Onze œuvres sur le thème de la forêt
Par un phénomène mystérieux, les angles sont détournés comme dans un trompe-l’œil. Le cerveau ne s’en aperçoit pas tout de suite. Si la technique du trompe-l’œil est bien connue dans le monde de la peinture, elle est plus étonnante dans l’univers de la photographie. D’autant que San Damon n’utilise pas d’appareil digital. Il travaille avec les bons vieux rouleaux de pellicule argentique. C’est pour l’artiste la meilleure technique possible pour jouer à sa guise de la profondeur de champ et maîtriser l’agrandissement de ses œuvres.
Le but de l’oniroscopisme est de nous faire basculer dans un autre monde. San Damon nous dépouille de toutes nos connaissances habituelles pour nous jeter nus dans l’espace-temps de l’insolite et de l’inédit. Il nous précipite dans ses vertiges chromatiques et l’étrange s’empare de nos sens. Nous ne sommes plus maîtres de la perception. Nos yeux ne reconnaissent plus la réalité.
Onze de ces œuvres « oniroscopistes » sur le thème de la forêt ont été rassemblées dans une « Chambre zéro » où résonne la Suite nº 3 de Bach avec des échos jazz-rock, mixée, déchirée et interrompue par des sons d’orgasmes, des rires, des applaudissements, des pleurs, des sons d’avions, des chants d’oiseaux, bref tout ce qui fait la vie…
L’installation a été filmée et huit spécialistes de l’art, de la santé, de la philosophie, de l’anthropologie… témoignent longuement, face caméra, de ses étranges pouvoirs thérapeutiques (lire quelques-unes de leurs réactions ci-contre).
En quelques jours, le film intitulé San Damon S.O.I., que l’on peut découvrir en deux parties sur le site Dailymotion, a déjà explosé les 10.000 vues !
L’installation est appelée à voyager autour du monde entre New York, San Francisco, Shanghai, Berlin, Paris… entre les cabinets de psychiatres et de psychanalystes. « Chambre Zéro pourrait être perçue comme un véritable système autothérapeutique, souligne Jean-Noël Missa, le président de la Société belge de philosophie. Le patient dépressif, mélancolique, dément précoce avec des idées délirantes, qui attend le psychanalyste, va examiner ces photos, va écouter la musique et peut-être qu’il y aura un effet thérapeutique spontané, un effet placebo. Donc je pense que le maître San Damon pourrait en quelque sorte breveter son installation comme la première machine autothérapeutique ! »



