James Gandolfini, à jamais Tony Soprano
L’acteur phare de la série « Les Soprano » est décédé mercredi à l’âge de 51 ans. Hommage à celui qui rayonna dans son rôle de mafieux angoissé.
Le syndrome est fréquent pour les acteurs de séries TV fameuses, et James Gandolfini n’y a pas échappé. Comme frappé par cette fatalité sourde qui saisissait Tony Soprano, qui l’agitait comme un pantin, lui infligeait ces vertiges et ces doutes dont il ne voulait rien savoir, qu’il chassait en pure perte. En dépit d’une carrière variée, de la scène à l’écran, James Gandolfini demeurera Tony, le chef de clan mafieux, et patron de famille des « Soprano », la série de David Chase (« The Sopranos », 1999-2007). L’acteur est mort mercredi d’une crise cardiaque, à l’âge de 51 ans. Il avait deux enfants de mariages différents, sa fille était née il y a une année. Cruelle ironie, il était alors en vacances à Rome.
Il avait commencé au théâtre, se faisant remarquer à Broadway en 1992, avec une adaptation d’« Un Tramway nommé désir » aux côtés de Jessica Lange et Alec Baldwin. L’année suivante, après déjà quelques petits rôles, Tony Scott le propulse sur grand écran dans « True Romance ». Il figurera notamment dans « Crimson Tide », en 1993, à nouveau sous la direction de Tony Scott, puis dans « Get Shorty » et « Romance & Cigarettes ». En 1997, il se frotte à la production télévisée en participant à un chapitre de « Gun », une anthologie produite par Robert Altman, où il côtoie Rosanna Arquette.
Puis viennent David Chase et son projet de série mafieuse, porté à bout de bras par HBO. James Gandolfini a alors 38 ans. Les deux hommes se trouvent à propos du sujet des « Soprano ». L’acteur dira avoir apprécié l’humour de l’écriture du scénariste. Sans doute, ils se rapprochent vite, aussi, grâce à un goût commun pour la musique – David Chase voulait la pratiquer en professionnel, James Gandolfini goûtait la trompette et le saxophone. Il endosse à merveille le rôle de Tony, ce gangster brutal, perdu en famille et en son intimité, les 86 épisodes débutant par une crise psychologique, ces fameux canards dans la piscine. L’officiel patron d’une société de voirie se révélera incapable de faire son ménage intérieur, et d’agencer sa vie domestique, tenant tout au plus les laisses de ses douteux acolytes.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Un acteur fabuleux, une série d'une qualité exceptionnelle, aussi bonne que les meilleurs films. Pour moi, il n'y a que Mad Men qui est encore mieux...




Oui, c'est vrai, il avait croisé le rôle de sa vie, colossal, magnifique. Ben tiens, j'ai la BO sous la main, j'y replonge...