Le bâtiment devait initialement accueillir un bureau d’architecture
Né en 1954 à Ankara, Sefik Birkiye a débarqué à 17 ans à Bruxelles pour y suivre des études aux Beaux-Arts, à La Cambre (diplôme d’architecture) et enfin à l’UCL (licence en architecture urbaine). En 1979, il fonde Vizzion Architects, anciennement Atelier d’art urbain, un bureau d’architecture et d’urbanisme. Très vite, trois associés le rejoindront mais il s’en séparera en 2006 pour poursuivre l’aventure seul.
A ce jour, Vizzion Europe (qui englobe entre autres Vizzion Architects) s’est illustré dans des projets d’envergure comme le Jardin des fonderies à Molenbeek ou le centre d’affaires Green Island, mais aussi dans la rénovation de City 2. Au total, il a construit quelque 8 millions de m2 dans le monde, dont 4 millions à Bruxelles.
Pourquoi avoir jeté votre dévolu sur une ancienne clinique ?
C’est le pur hasard. Quand la Croix-Rouge a vendu, notre but était d’installer les bureaux de Vizzion Europe. Mais les permis se sont fait attendre, et ce n’est pas peu dire ! Il a fallu attendre tellement longtemps qu’on a dû déménager ailleurs. L’idée des appartements est venue par la suite.
Trente-trois millions d’euros, ça fait très cher la rénovation…
Oui, d’autant que les ventes ne rapporteront que 35 millions. Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi personne ne voulait de cette clinique !
(rires)
Des regrets ?
Non, car on a réalisé un bâtiment à part, une sorte de monument et personnellement, j’ai toujours adoré l’Art déco. Maintenant, je vais être franc : je suis content de voir la place Brugmann aussi bien cotée…
Y a-t-il une clientèle pour ce type de biens à Bruxelles ?
C’est un marché qui s’adresse à une petite niche mais elle existe. Bruxelles pourrait supporter quelques bâtiments comme le nôtre, au square du Roi, au Sablon, à l’avenue Molière, voire même à Woluwe. Mais cela ne doit pas être comparé à une ville comme Londres où ce genre de projets foisonne et où le « One Hyde Park » propose des appartements de minimum 1.000 mètres carrés avec un mètre carré qui atteint… 70.000 euros ! On est là dans un autre monde…
Vous construisez actuellement un centre de tourisme à Istanbul, sur un des coins donnant sur la place Taksim, théâtre des événements que l’on sait. Quelle issue ceux-ci vont-ils connaître selon vous ?
Ils vont continuer et le gouvernement, qui a déjà lâché du lest, va devoir composer avec la population qui défile et parmi laquelle on a vu beaucoup de jeunes, de familles et d’hommes d’affaires très réputés. Ce qui se passe en Turquie est un summum de la démocratie. C’est beaucoup mieux que mai 1968 ! N’oubliez pas qu’ici, on a trente ans d’avance par rapport aux luttes urbaines.
Certains parlent de printemps turc…
Ce n’est pas la même chose. Le printemps arabe a concerné des pays en situation de crise économique. La Turquie, elle, marche très fort . Mais ce n’est pas pour cela que ses habitants n’ont besoin de rien…








