Le 11h02: bpost en Bourse, «CVC passe à la caisse»

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Plus de 22.000 Belges ont acheté des actions bpost à l’occasion de l’introduction en Bourse d’une partie du capital de l’entreprise publique. Le prix d’offre final se monte à 14,5 euros, ce qui valorise l’entreprise postale à 2,9 milliards d’euros. Domnique Berns et Eric Renette ont répondu à vos questions.

Est-ce un risque de se lancer en Bourse pour bpost ?

Eric Renette :«  C’est toujours un risque ! Le but étant de récupérer des liquidités. Or bpost n’en avait pas besoin. Alors pourquoi une entrée en bourse ? L’explication première c’est que l’un des actionnaires voulait faire du « cash ». Et vu l’entrée en bourse réussie, c’est gagné. Le partenaire, c’est un groupe britannique qui s’appelle CVC. CVC possède 59,999 % des actions, et à peu prêt la moitié seulement de ses actions sont mises en Bourse. Donc il faudra bien garder ça à l’esprit quand ils promettront des dividendes, etc. Cela ne concernera que la moitié de la moitié.  »

C’est l’actionnaire britannique qui va passer à la caisse ?

Dominique Berns :«  On n’est pas là dans le cas d’une introduction en bourse pour financer le développement de bpost et des bouleversements que le secteur va connaître, on est là pour que CVC passe à la caisse. Mais c’est le droit de CVC, puisque l’accord conclu avec l’Etat belge en 2005 le permettait.  »

Pourquoi l’entrée en bourse est un succès ?

Dominique Berns  : «  Parce que bpost promet un rendement élevé. Autour de 6 % brut. 5 % pour les particuliers. Dans le contexte actuel c’est beaucoup, surtout comparé aux comptes épargne. »

Le profil des investisseurs ?

Dominique Berns :«  Il y a 1/5e des investisseurs qui sont des particuliers. C’est une action « bon père de famille » pour les trois/quatre prochaines années, mais bpost doit changer. Doit s’adapter au dégonflement progressif de son activité principale, le courrier. Donc l’investisseur particulier devra prochainement s’intéresser à l’entreprise et voir si elle évolue pour garantir la pérénité de son bénéfice. »

Qu’est-ce que l’introduction peut changer pour les salariés de bpost et pour les usagers ?

Eric Renette : «  C’est le grand paradoxe de cette introduction : c’est un service public qui entre en Bourse. Fondamentalement, les deux ne sont pas faits pour se rencontrer. Un service public doit être à l’équilibre et, s’il fait des bénéfices, ces bénéfices doivent être investis pour améliorer le service au public. Ce sera moins le cas désormais.  »

Osez la rencontre !