La souffrance absolue n’a pas d’âge
Etendre l’euthanasie aux mineurs ? Le sujet est délicat, et exige que chacun, notamment et évidemment les parlementaires appelés à voter, se détermine en âme et conscience. Ce qui justifie de demander un vote, non régi par la consigne d’un parti, mais selon la conviction infiniment respectable de chacun. On le constate dans nos contacts : les parlementaires ne partagent pas nécessairement la ligne de leur parti.
Sur le fond ? Nous pensons que les quatre éléments contenus dans les propositions sou- mises à discussion, sont impératifs.
L’existence de la loi belge sur l’euthanasie a prouvé que l’existence d’une loi définit les pratiques sans les faire exploser et, surtout, qu’elle permet à ceux qui posent ces gestes d’être protégés, suivis, encadrés par des règles claires, et non laissés à une terrifiante solitude, obligés de poser en cachette un acte d’une gravité inouïe.
Pourquoi les mineurs, confrontés à une détresse identique, ne pourraient-ils pas se voir accordé ce qui l’est aux adul- tes ? Les propositions libérales-socialistes ont prévu de ne pas fixer d’âge « barrière » pour l’euthanasie des mineurs : c’est sage. La notion de « discernement » est beaucoup plus juste, dans une situation où chaque enfant, vu sa personnalité, son parcours, les circonstances au moment crucial, diffère. Elle impose aussi un dialogue avant toute décision. Et un recours devant un juge en cas de litige.
La Belgique ne peut que se féliciter d’avoir très tôt encadré légalement la fin de vie. Elle ne ferait que se grandir encore en étendant cette loi aux mineurs et en corrigeant trois lourds défauts (durée limitée de la déclaration anticipée, institutionnalisation de la clause de conscience et absence de délai de réponse du médecin) de la loi actuelle. Le CDH juge inopportun de discuter de ce sujet parce qu’il ne se trouve pas dans l’accord de gouvernement. C’est une justification inaudible pour les jeunes malades actuels, et pour ceux que l’on sait, hélas, à venir – ainsi que pour leurs parents –, qui à un moment de leur vie, ne se soucient plus du rythme des accords de gouvernement, mais du degré de plus en plus intolérable de leurs souffrances.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @IlEstGrandTemps Peut-être. Encore n'est-il probablement pas le même pour tous. Ecouter et comprendre, avec compassion, me semble plus important que fixer un âge légal qui donnerait poids à un message tel que "Je n'en peux plus. S'il vous plaît, faites que ça s'arrête." Que celui-ci soit formulé par des mots ou un regard, c'est la même chose.
La souffrance absolue n'a pas d'âge... La capacité de réflexion éthique sur sa propre mort en a un.
Pour une fois (Puisqu'il ne s'agit pas de belgitude.). Et MERCI à 3. Noname ! !




Rhétorique, failles argumentatives et propositions critiques. Le but de l'édito est de promouvoir la mort de ceux qui souffrent et pas de soulager les souffrants. L'argumentation passe sous silence la réalité de terrain, la réalité de ceux qui souffrent et de ceux qui les accompagnent. De plus, elle confond arrêt de l'acharnement thérapeutique et l'euthanasie. En réalité, ce qui est demandé par nos politiciens, et l'éditorialiste, ce n'est pas un élargissement de la dépénalisation de l'homicide sur malade, mais bien un encadrement (limitation) de l'acharnement thérapeutique. Quand cela sera compris, on pourra discuter.