L’unif à la merci plus qu’au service de l’entreprise
Les universités mènent-elles à l’emploi ? Quels sont les moyens mis en œuvre pour répondre aux besoins du marché de l’emploi ? Ces deux questions servent de trame à l’enquête menée par notre journal. Un constat se dégage : le monde académique n’est pas ignorant de celui du travail. Il n’a même jamais été aussi poreux.
D’abord, pour une raison politique. La réforme de Bologne, qui vise à créer un espace européen de l’enseignement supérieur, a mis les filières en concurrence, transformant les étudiants en « parts de marché ».
Pour des raisons économiques, ensuite. La massification de l’enseignement supérieur, dans les années 60, a de facto redéfini le paradigme d’une université libre de toute contrainte et réservée à une élite. Mais, dans le même temps, le taux d’encadrement et le financement par étudiant ont été divisés par deux, obligeant ces institutions à entrouvrir leurs portes aux « nouvelles pratiques ».
Affamées par les pouvoirs publics, elles sont de plus en plus tentées de manger dans la main du privé.
Facteur aggravant de ce sous-financement structurel, on fonctionne en enveloppe fermée – le gâteau est partagé entre les universités au prorata de leur nombre d’étudiants.
En outre, malgré toutes ses failles, la formation universitaire reste le meilleur rempart contre le chômage, toutes les études le démontrent. Et le retour public de l’investissement dans l’enseignement supérieur est particulièrement élevé. Selon l’OCDE, chaque euro investi en rapporte jusqu’à quatre, notamment en futures recettes fiscales.
Et si affranchir l’enseignement supérieur des diktats du marché en le refinançant, c’était finalement lui permettre d’encore mieux le servir... ?
Poser la question, c’est y répondre.
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Voir toutes les réactions De plus en plus ce qui est l'essentiel c'est d'apprendre à apprendre car les données brutes sont omniprésente et la faculté sociale de communiquer (leadership). Est ce que ces organismes sont le meilleur truchement?








Un des problème de fond de l'enseignement universitaire est celui de la vérité scientifique. Qu'est-ce que cette vérité ? Est-ce la capacité à s'inscrire dans le consensus bureaucratisé qui permet (ne serait-ce que par la méthode) d'assoir les autorités actuellement en place ? Ou est-ce quelque-chose qui permet de construire des objets concrets et utiles ? D'après les réponses que l'on apporte à ces questions, on va enseigner à l'université des choses très différentes et de façons très différentes. Le premier modèle de vérité a eu, dans la culture Francophone, des heures de gloire indéniables dans son projet de stabiliser la société. Mais l'urgence actuelle, est-elle à la stabilité ou à l'adaptation ? Perso, j'aurais tendance à m'inquiéter des indicateurs économiques.