Alors que le marché du ciment s’effondreen Europe, la Belgique limite la casse

Brigitte De Wolf-Cambier
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En Belgique, la consommation baisse de 2,2 % par rapport à 2011. Un recul plus important est par contre attendu pour les années 2013-2014.

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: Le Soir/Dominique Rodenbach
    Photo : Le Soir/Dominique Rodenbach

L’année 2012 aura été une bonne année pour l’industrie cimentière. Alors que le marché du ciment en Europe s’effondre (avec une moyenne de -18,8 %), la Belgique fait figure d’élève modèle avec une consommation particulièrement élevée atteignant 6.410.000 tonnes, soit un recul de seulement 2,2 % par rapport à 2011.

«  Le marché domestique se maintient avec un taux de consommation tout à fait favorable même s’il faut reconnaître que le marché reste tendu avec la montée en puissance des importations (+ 12,8 % par rapport à 2011) qui est un réel problème  », explique André Jasienski, directeur de la Fédération de l’industrie cimentière, Febelcem, dont font partie les sociétés CBR, Holcim Belgique et CCB.

L’évolution devrait être moins favorable en 2013. Une chute de la consommation de ciment gris pourrait intervenir, chute qui suit une année exceptionnelle liée à l’activité due aux élections, mais également un hiver rigoureux en ce début d’année 2013 et enfin, une perte de confiance des investisseurs.

Les prévisions économiques peu encourageantes refroidissent quelque peu les ardeurs des candidats bâtisseurs tant privés qu’industriels ou publics. La Confédération Construction prévoit une quasi-stagnation dans le secteur du logement. Si le secteur du bâtiment résidentiel se maintient en 2013, sans doute grâce au rebond temporaire des autorisations de bâtir déposées en 2012 (+ 5,5 % par rapport à 2011), l’activité dans le secteur du bâtiment non résidentiel devrait connaître elle aussi une période de stagnation en 2013-2014. Un recul de plus de 3 % est attendu 2013-2014 dans le secteur du génie civil.

La construction basse énergie ou passive en particulier est pourtant plus que jamais d’actualité. L’agenda européen, notamment, a fixé un rendez-vous important à toute la filière de la construction en l’an 2020, date à laquelle les constructions neuves devront être proches du « zéro énergie ».

Dans ce débat sur la construction passive, le béton dispose d’arguments de poids pour s’imposer comme l’un des matériaux phares. Ces atouts ont notamment été développés par l’architecte Sébastien Moreno-Vacco, A2M, président de la Plateforme Maison Passive. Le béton est 100 % recyclable. Il dispose d’une inertie thermique. «  Les éléments préfabriqués en béton permettent d’obtenir, sans artifice, un niveau d’étanchéité à l’air intéressant. On peut arriver à construire du passif à 1.000 euros/m2, soit 20 % moins cher que le prix moyen généralement proposé, des performances qui peuvent être atteintes tant au niveau des bureaux que pour des bâtiments résidentiels (logements sociaux ou moyens). Le béton est très économique  », poursuit André Jasienski.

Mélange de matières premières naturelles (eau, sable, granulats et ciment), il est produit localement et est recyclable. Une fois mis en œuvre, il bat des records également en termes de longévité. Il est imputrescible et sa résistance au feu, aux pollutions, aux intempéries, aux chocs est incontestable.

Les membres de Febelcem entendent défendre ses qualités dans un marché particulièrement concurrentiel où se positionnent également des producteurs d’autres matériaux.

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