Le budget wallon suspendu au bon vouloir du fédéral
Les députés wallons ont entamé ce lundi leurs débats à propos du premier ajustement du budget 2013. Une question s’impose d’emblée : à quoi vont rimer ces heures et ces heures de discussion alors que tout le monde est conscient que les véritables enjeux, même pour la Wallonie, sont ailleurs, ces jours-ci.
En réalité, tout se joue au gouvernement fédéral qui doit prendre des décisions importantes sur son propre ajustement budgétaire, le deuxième celui-là, mais aussi sur son budget pour l’exercice 2014 (déjà !), avec dans l’esprit la très délicate question de la loi de financement et de l’équilibre des efforts à demander à toutes les entités du pays, à commencer par la Wallonie.
Le député Ecolo Stéphane Hazée a sans doute trouvé le mot juste pour résumer la nature des chiffres présentés par le gouvernement et les commentaires que les uns et les autres peuvent développer à leur propos : fragilité…
« On marche sur un fil », a-t-il encore dit après avoir noté à quel point le ton employé dans son exposé préalable par André Antoine, le ministre du Budget, était résolument à la gravité. Et pour longtemps encore : le grand argentier wallon a déjà annoncé un second ajustement budgétaire à l’automne, histoire d’intégrer les mesures prises par le fédéral et qui pèseront d’un poids certain sur les politiques régionales, mais aussi communales.
Une situation qui, pour le ministre CDH, n’est pas loin de s’apparenter à de l’injustice. Il n’en finit pas de rappeler que depuis le début de la législature, la Wallonie a respecté tous ses engagements pour atteindre comme demandé l’équilibre budgétaire à l’échéance 2015. Au prix de gros efforts financiers : 1,1 milliard depuis 2010 et encore 335 millions cette fois-ci, si l’on veut bien prendre en compte la Wallonie et la Fédération Wallonie-Bruxelles. Avec en toile de fond la crise et des perspectives de croissance qui jouent au yo-yo de trimestre en trimestre, pour plomber toujours un peu plus les finances régionales…
Dans ces conditions, répète-t-il pourtant, la phase de redressement économique que traverse le sud du pays doit continuer à inciter à l’optimisme. À moins d’un coup de bambou majeur asséné par le gouvernement fédéral.
L’ajustement budgétaire pour 2013 devrait être approuvé en fin de semaine par la majorité PS-CDH-Ecolo.
Vos réactions
Voir toutes les réactions "le grand argentier wallon": trop drôle Quand on sait que si on considère les organismes pararégionaux la dette de la Wagonie a augmenté de 25%. Au lieu de nettoyer tout cela comme dans les intercommunales (par exemples +/- 178 noms apparaissent dans les différents comités d'administration, de gestion et de rémunération de Tecto-brutele en 2011 dont beaucoup d'échevins et secrétaires communaux). Attendez-vous à de nouvelles taxes, ils ont une imagination sans limite pour garder leurs privilèges !
2 erreurs budgétaires importantes et qui ont coûté depuis quelques années : la suppression de la redevance radio automobile, montant faible pour chaque automobiliste mais qui représentait chaque année quelques dizaines de millions d'euros; idem pour le maintien de la disponibilité pour les enseignants à 55 ans alors que la situation de pénurie n'était pas connue en 1995, date de l'introduction de la mesure... perte annuelle : jusqu'à 80 millions d'euros (maintien d'une rémunération de disponibilité alors qu'on doit aussi assumer le coût d'un remplaçant..). L'addition de ces deux mesures a eu un coût annuel d'au moins 100 millions d'euros pas an...
Et lorsqu'une formation, certes aux goûts brunâtres détestables, demande une certaine transparence, ils s'empressent de jeter l'opprobre sur la demande légitime en diabolisant la formation. Mais que font-ils depuis des lustres sinon faire la même chose. Regardez l'empressement à jeter l'enfant avec le bain plutôt que d'oser la véritable confrontation démocratique. La démocratie serait-elle si tiède qu'elle ne justifie même plus un combat ni d'être remise en question?
Ils vous diront tous qu'il faut la sauver et sont pourtant les premiers à la bafouer jusqu'à aller changer la constitution pour rester incontournables. Quel est le projet de société qui nous est proposé depuis des décennies? En fonction du principe d'action réaction, ils n'osent même pas avec honnêteté évaluer la scission. C'est trop dangereux, mettant en péril la main mise sur leur chose. Ils préfèrent évoquer cette scission dans des termes qui la rendent néfaste. Sur qui devons nous alors compter pour défendre nos intérêts si ce n'est sur ceux qui sont censés travailler pour tous, à un prix d'ailleurs raisonnable. Mais non, ils s'octroient des revenus indécents pour des responsabilités nulles. C'est une conception très particulière du principe de récompense et d'équité.









Quand les Wallons comprendront-ils que le redressement de leur région est impossible dans un cadre belge dominé par une Flandre hégémonique qui ne lui veut aucun bien et qui cessera tout transfert solidaire dans deux ans ?