Combien d’échecs faudrait-il pour être heureux?

Pierre Bouillon
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Depuis toujours, l’école primaire s’achève par un examen – autrefois, on l’appelait examen cantonal ou examen interdiocésain là-bas.

Ce n’était pas mince (du tout), comme épreuve. Mais elle ne suscitait pas le barnum et les chaleurs politico-médiatiques que provoque depuis quelques années ce fameux CEB.

Il aura fallu que la ministre de l’Education standardise l’épreuve et qu’elle la rende obligatoire (en 2009) pour que le CEB devienne un champ de bataille opposant Marie-Dominique Simonet au MR qui rate peu l’occasion d’accuser la ministre de vouer nos écoles à un nivellement par le bas.Plus largement, bien des profs signalent que les épreuves sont sous le niveau qu’ils atteignent pendant l’année avec leurs élèves.

Ceux qui jugent le CEB trop facile invoquent l’hécatombe au seuil du secondaire.

Juste: le 1er degré de la grande école constitue le moment délicat de la scolarité. Mais l’échec à ce niveau doit d’abord interroger le secondaire et son fonctionnement. Ce qui est en cause, c’est la rupture entre deux mondes primaire et secondaire qui ne se parlent pas, qui fonctionnent trop différemment et qui perturbent trop de jeunes jetés dans un système qui leur paraît froid, distant, dépersonnalisé, trop rapide.

Mais attention aux chiffres. Mardi, le ministère a annoncé un taux de réussite de 96%. On confond souvent ce pourcentage (qui est la proportion d’élèves ayant réussi le CEB) et la moyenne obtenue par nos élèves dans les épreuves, moyenne qui se situe généralement entre 70 et 80%.

En tout état de cause, ce taux de réussite de 96% signifie que 4 élèves sur cent ratent l’épreuve.

Pour le tourner autrement: en moyenne, dans chaque classe de 6e primaire, un élève, après neuf années d’école (au moins), loupe un test dont il est dit par ailleurs qu’il est facile. Autant dire que le secondaire ne doit pas être le seul niveau à se sentir interpellé par le débat sur le CEB.

Pour le reste, on ne mettra jamais les gens d’accord. Certains estimeront que 4% d’échec est un pourcentage trop élevé.

D’autres le jugeront trop bas et diront que si peu d’enfants en échec signale une école sans plus d’exigences sérieuses.

Soit. Que ces derniers nous instruisent et nous disent donc à partir de quelle proportion d’élèves en échec ils jugeront que l’école a le «bon niveau.»

Deux par classe de 25?

Quatre?

Cinq?

Douze?

Vos réactions

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15. dronist dit le 27/06/2013, 12:18

On peut et on devrait d'ailleurs savoir aussi que 15% au moins des élèves sortent du primaire sans savoir réellement lire et compter. On doit donc conclure qu'au minimum 11% des élèves réussissent le test actuel sans savoir lire et compter. Donc, ce qui serait satisfaisant comme taux d'échec passe par le préalable d'avoir un test valide. Le reste n'est que bla bla.

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14. individualiste dit le 26/06/2013, 22:05

@13. BruxellesdanslaRue Là encore, vous passer de bien commun dans le sens bien être commun au sens bien matériel. Ainsi je serais un tueur si je ne vous suis pas (d autres diraient un traitre ou un mécréant. ëtes-vous à ce point imbu de vous même que vous pensiez détenir LA vérité au point de l'imposer à chacun? Que votre priorité soit le pauvre, l'humain, la culture, les petits oiseaux ou autre, c'est bien, mais au nom de quel principe ma priorité devrait-elle être la même que la vôtre? Et si ma priorité n'est pas la même que la vôtre en quoi cela vous freine-t-il?

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13. BruxellesdanslaRue dit le 26/06/2013, 21:41

[Individualiste] Vous pensez vraiment ce que vous dites? Ou bien vous tentez de noyer le poisson avec des attaques aveugles en espérant que l'une touche. Si je vous disais que je suis libéral, vous n'en croiriez pas vos oreilles parce que vous êtes phagocyté par la propagande et sa novlangue délirante. Mais vous avez raison: je ne suis pas idiot. Ce n'est pas difficile de l'affirmer depuis votre position car vous avez peur d'attaquer trop fort. Trop drôle... Autre chose: le bien commun existe. La planète Terre, par exemple, est un bien commun de l'humanité. Vous pouvez être réac et égocentrique, même cynique si vous voulez, la Terre "est bien pour vous et pour moi", selon vos termes. Mais seuls les imbéciles ne l'ont pas compris. C'est la raison pour laquelle les nervis de la droite mondiale scient la branche sur laquelle ils sont assis... à côté de nous. Combien de temps encore pensez-vous que nous allons laisser une minorité orgueilleuse mettre nos vies en péril?

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12. individualiste dit le 26/06/2013, 21:26

@11. BruxellesdanslaRue Vous confondez individualisme et égoïsme, vous confondez libéralisme et richesse, vous confondez progrès et assistance. Vous confondez beaucoup de choses. Mais comme je ne pense pas que vous soyez complètement idiot, vous devez être manipulateur. Autre chose, le bien commun n'existe pas. Ce qui est bien pour moi ne l'est pas nécessairement pour vous et inversement. Vous voulez que tout le monde parle d une même voix à condition que ce soit la vôtre, discoure classique des petits dictateurs

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11. BruxellesdanslaRue dit le 26/06/2013, 15:48

Il y a des intervenants ici qui ne supportent pas d'être mis à contribution pour l'intérêt commun, mais qui ont néanmoins des tas de suggestions pour gérer les biens communs et les services sociaux étatiques. C'est magnifique quand même d'être de droite et bien individualiste. Ca fait un peu inspecteur des travaux finis entre deux parties de golf, avec esclaves sous-payées pour nettoyer sa maison et cuisiner (et parfois plus si affinité), mais vert de rage dès qu'on lui demande de participer au bien commun dont il profite continûment et sans honte, alors que le reste de la population se saigne bon gré mal gré pour maintenir ces quelques biens communs, sans toujours pouvoir en profiter. Et ça a la prétention de se croire indispensable! Magnifique! La liberté, pour la droite, ça signifie: Moi libre, et vous esclaves. Vive l'individualisme! Vive la droite! Vive le parasitisme décomplexé! Vive la réaction et le frein au progrès!

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