«A Dilbeek, la leçon est dans le pantalon»
Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef, revient sur le « déculottage » de l’échevin des Sports de Dilbeek (N-VA). Tout le monde a condamné. Mais faut-il pour autant tourner la page ? Sa chronique.
Surtout, ne pas toucher à ce pantalon. Le laisser là, baissé, affaissé sur les chevilles et ne rien dire. C’est sans doute la sagesse. Notamment venant d’un francophone et sans doute en particulier, de la signataire de cette chronique. D’autant que la « bonne blague » de l’échevin des Sports de Dilbeek s’est attirée la condamnation générale, notamment - c’est le plus important - du top de son parti, la N-VA. Et pourtant, nous n’arrivons pas à tourner la page car on ne sait ce qui nous atterre le plus, du déculottage de Mr De Dobbeleer ou de la déclaration de son pote, président du désormais célébrissime club de Pétanque SAP66 de Dilbeek, Mr Tratsaert : « Notre club de pétanque ne compte aucun membre francophone et j’en suis fier »..
A ceux qui auraient été au Kamchatka en ce début de semaine, il faut, avant d’aller plus loin, rappeler les faits. L’échevin des Sports de Dilbeek s’adressant à 400 personnes membres de clubs qui ont joué les championnats dans leur division, a soudain baissé son pantalon en évoquant le club de son ami, en compétition dans la Fédération Belge Francophone de pétanque. Un flamingant revendiqué embrigadé dans une compétition de francophones : trop drôle selon l’échevin, pour ne pas fêter l’occasion en baissant son « froc ». Une bonne blague entre copains dont il mettra plusieurs heures à reconnaître et sous la pression, qu’elle était surtout déplacée, s’en excuser et se voir interdit de présence dans différents événements estivaux, histoire durant quelques semaines de faire oublier ses jambes (velues ? l’histoire ne le dit pas) et de réviser son « humour pour les Nuls ». Frank De Dobbeleer n’est plus patron de café mais échevin, que diable !
Tout le monde est d’accord : cet baisse de pantalon en public est déplacé, vulgaire, de mauvais goût. Qui plus est pour un édile communal censé donner l’exemple et porter des valeurs, et, circonstance aggravante, face à un public notamment de jeunes qui doivent pratiquer respect et flair play. Mais pour les francophones, il y a un complément de malaise. Le porte parole de la N-VA le précisait spontanément et nous l’en remercions : « L’échevin n’a voulu blesser aucun francophone ». Dont acte. Cela ne suffit cependant pas à nous ôter la conviction que ce pantalon, personne ne l’aurait baissé, s’il n’était pas convenu pour ce petit monde qu’il était hilarant, trop drôle, terriblement amusant, qu’un club flamand puisse être en compétition dans un championnat francophone. Quel mélange horrible, contre nature, quel sommet de l’absurdité n’est-ce pas. Ah ah ah !
Ce que l’échevin N-VA et son ami, conseiller communal N-VA promeuvent ainsi, face à 400 personnes et des milliers d’autres aujourd’hui au courant de l’anecdote, c’est que la vraie Flandre serait mieux entre elle ? Surtout pas de mixage, pas de corps étranger. Cachez ce francophone que je ne saurais voir. Mieux, éjectez-le de mon univers, de mon groupe sportif, de mon quartier
Attention. A Dilbeek, comme dans toute commune de la région flamande, il est normal de parler le néerlandais lorsqu’on est un habitant, francophone, italien ou autre. Guess what? L’inverse me choque car si l’on décide de vivre dans un endroit, on parle la langue de cet endroit, sauf à ce que vos interlocuteurs vous engagent à faire l’inverse. Mais ce ne serait donc pas encore assez pour être un citoyen de l’endroit? Il faudrait montrer qu’on est du club, qu’on est né local, qu’on n’a pas de filiation autre que noire et jaune?
Cachez ces drapeaux belges, cachez ces appellations de café en français, cachez ces plaques de rue, cachez ces boules de pétanque. Ma question est simple : où s’arrête cette chose ? Et qui va dire aux jeunes, à ceux qui vont construire l’avenir, qu’une société ce n’est pas « tous pareils et uniquement avec des semblables», mais c’est « tous ensemble, même si différents »? Avec pantalons à la ceinture et bras ouverts.
Vos réactions
Voir toutes les réactions La loi contre le racisme ça existe non ? Ceci dit cette attitude applaudie par les participants justifie de ne plus se rendre en flandre où manifestement nous ne sommes plus bienvenus !
Et dire qu'on a fait un foin terrible pour cet articulet de Luc Trullemans sur facebook - un articulet qui n'était même pas de lui! Pourquoi deux poids, deux mesures pour les "blagues de potaches"? A tout prendre, l'attitude de cet échevin est bien plus insultante envers les francophones! Mais qu'attend donc le MRAX pour déposer plainte et réclamer la révocation de De Dobbeleer?
Merci pour l'autruche, dicar. Probablement sans vous en rendre compte, votre commentaire vient cependant de demontrer mes propos par A+B. Merci a vous.









Ce flamingant n'a fait que nous montrer le vrai visage de la NVA.