L’affaire Snowden est dans l’impasse
L’Équateur a rompu unilatéralement sa convention douanière avec les Etats-Unis. Moscou refuse de son côté de livrer l’ex-consultant de la NSA, Edward Snowden. Une affaire qui empoisonne les relations diplomatiques américaines.
Comment sortir de l’impasse Snowden ? La question doit tarauder sérieusement la diplomatie américaine. Inculpé pour « espionnage » aux Etats-Unis, Edward Snowden est toujours reclus dans la zone de transit d’un aéroport de Moscou. « La situation autour de Snowden est dans une impasse », a confirmé une source russe proche du dossier à l’agence Interfax. « Il n’a pas l’intention de se rendre aux autorités, c’est la raison pour laquelle il ne quitte pas la zone de transit et ne traverse pas la frontière russe. Et Moscou laisse trainer », poursuit cette même source.
« L’Équateur n’accepte ni des pressions ni des menaces »
Bref, la situation est bloquée. Et pendant ce temps, le ton ne cesse de monter entre les Etats-Unis – soucieux de juger la « taupe » de la NSA – et les pays qui refusent de le livrer, voire qui réfléchissent à l’accueillir. C’est le cas de l’Équateur, et de son président Rafael Correa, qui a reçu une demande officielle d’asile de la part de Snowden. L’analyse de cette demande pourrait prendre des mois. Quito vient d’annoncer par ailleurs avoir rompu « de manière unilatérale et irrévocable » ses préférences douanières avec les Etats-Unis. Une conséquence directe des bisbilles autour du cas Snowden. « L’Équateur n’accepte ni des pressions ni des menaces de personne. Et il ne marchande pas avec les principes, il ne les soumet pas à des intérêts mercantiles, aussi importants qu’ils soient », dénonce le gouvernement équatorien. Ambiance… Ces accords ont été établis avec plusieurs pays des Andes. Le deal ? Des tarifs préférentiels en échange d’une lutte accrue contre le trafic de drogue. L’Équateur dénonce aujourd’hui « un outil de chantage ».
Plus remonté que jamais contre les Etats-Unis, Rafael Correa a dénoncé hier un éditorial du Washington Post, qui soulignait que son pays persécutait les journalistes. « Ils ont réussi à focaliser l’attention sur les méchants pays qui soutiennent [M. Snowden] », tonne le chef d’État.
Obama n’enverra pas d’avions
Dans le même temps, la Russie fait preuve d’attention envers Edward Snowden. Une commission parlementaire vient de l’inviter à « collaborer » sur le système de surveillance de l’Internet russe par les autorités américaines. « Nous invitons Edward Snowden à collaborer et espérons que dès qu’il aura réglé la question de son statut légal, il collaborera avec notre groupe de travail, et nous fournira des preuves de l’accès des services secrets des Etats-Unis aux serveurs des compagnies internet », a expliqué le sénateur en charge de la commission. Cette bienveillance russe a cependant ses limites : une source proche du dossier a confirmé à l’agence Ria Novosti que l’initiateur du scandale Prism ne pouvait s’envoler pour un autre pays, faute de « passeport valable ». Une position qui ne doit pas satisfaire les Etats-Unis, qui pressent Moscou de leur livrer « l’espion » Snowden. Des demandes par câbles diplomatiques auraient été envoyées en ce sens, selon certaines sources. En revanche, pas de demande officielle d’extradition. La Russie s’y oppose. Le président russe, Vladimir Poutine, a affirmé en guise d’apaisement que les services secrets russes ne profitaient pas de la présence d’Edward Snowden à Moscou pour obtenir de lui des informations sur le renseignement américain.
D’apaisement, il en est aussi question du côté de Barack Obama. Le président américain, en déplacement en Afrique, est catégorique : « Je ne vais pas envoyer des avions pour attraper un pirate informatique de 29 ans ». Bien que M. Obama se soit légèrement trompé sur l’âge du fugitif (30 ans), cette phrase a pour but de détendre l’atmosphère. L’affaire Snowden a déjà, depuis son éclatement, brouillé les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et plusieurs pays alliés : Russie, Chine (Hong Kong compris) et Équateur en tête.
Edward Snowden est toujours invisible depuis dimanche et son atterrissage dans un aéroport moscovite. La situation est partie pour durer, comme l’expliquait l’organisation Wikileaks il y a peu. Les relations Etats-Unis/Russie ont encore tout le temps de se dégrader davantage.
Vos réactions
Voir toutes les réactions @ awel_merci - Oui Awel, vous avez raison au sens strict. Je fais un raccourci par simplicité en rangeant le Proche-Orient comme un prolongement de l'Afrique du nord à laquelle il ressemble très fort, en plus des racines arabes, des antécédents coloniaux et des enjeux géopolitiques. La Syrie fut un temps liée à l'Egypte (africaine) dans une république arabe (1958-1961).
@Labrador : la Syrie africaine a les même soucis que le Labrador asiatique, plus personne ne sait plus trop où ils (en) sont.
Si Obama voulait VRAIMENT faire quelque chose pour l'Afrique, il cesserait de soutenir les mercenaires qui font tant de morts en Syrie. Un seul mot officiel de sa part suffirait pour éviter d'autres milliers de morts! Les mercenaires sans soutien se retireraient aussitôt. Mais même s'il le voulait, le complexe militaro-industriel ne le laissera pas faire pour ne pas rater l'opportunité de faire passer l'Etat syrien sous la zone d'influence US qui n'en finit pas de s'étendre.
@ 4. mbmoe63.... connaisant le prix des consultants (je suis aussi consultant) 20.000eur par point * 5 !! cela devrait faire environ 100.000 eur + commissions (min 10.000eur) pour Di Rupo, Marcour, Happart etc... donc un total facile de 300.000 eur!!! Pour des conneries évidemment









@ awel. Précision importante. Mon commentaire précédent se limite à une observation géographique, sans plus. Loin de moi l'idée de soutenir un quelconque regroupement politique, religieux ou racial, ou un "grand remodelage" forcé suivant l'idée de think-tanks qui pensent qu'une majorité de 1,2 milliard de sunnites unis par les pétrodollars aurait tôt fait d'absorber 200 millions de chiites. Des vues aussi réductrices nient la réalité et la diversité locale et provoquent de grandes catastrophes chaque jour : mardi 4 chiites étaient lynchés par la foule en Egypte, aujourd'hui A-Nosra diffusait la décapitation de trois moines franciscains. www.rfi.fr/afrique/20130625-le-lendemain-lynchage-quatre-chiites-egypte-choquee-s-interroge-morsi et www.rfi.fr/europe/20130627-al-nosra-decapite-trois-moines-franciscains-diffuse-video