Une campagne de pub de Studio Brussel choque la gent féminine

Julie Huon
Mis en ligne

Studio Brussel, le Classic 21 flamand, vient de se faire tancer par les associations de défense des femmes. En cause : une campagne invitant les fans de musique à poster une vidéo de leur gros popotin dansant au son du groupe qui a popularisé le « Bubble Butt » en mai dernier.

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Dans le clip de Major Lazer, la spectaculaire créature qui fait de trois jeunes New-Yorkaises ses compagnes de «
Bubble Butt
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    Dans le clip de Major Lazer, la spectaculaire créature qui fait de trois jeunes New-Yorkaises ses compagnes de « Bubble Butt ».

Si vous ignorez ce qu’est le Bubble But, prenez-vous dix minutes : il vous faudra visionner deux vidéos.

La première, c’est le dernier clip de Major Lazer, label du DJ californien Diplo, genre électro-reggae, qui multiplie les collaborations avec La Roux, Beyoncé, Snoop Dogg, Vampire Weekend, M.I.A., Bruno Mars, etc.

Bref, dans la chanson « Bubble Butt », un groupe de filles blanches se fait harponner par une créature géante qui leur fourre un tuyau « quelque part » et leur fait ostensiblement gonfler le derrière. Oubliées les petites fesses musclées des magazines de mode, ces culs-là n’ont eux non plus rien à envier à la Vénus hottentote, bondissent sur le dancefloor et se mettent à bouger, sauter et danser comme autant de parcelles de chair indépendantes. Depuis la fin mai, le clip de Major Lazer fait le buzz, on comprend pourquoi. C’est, il faut avouer, très drôle, mais terriblement incorrect puisque, pour une fois, oui, bêrk mais youpie, on voit de la cellulite à la télé !

Il va sans dire que le Bubble Butt a beaucoup de succès sur les sites de X. Mais dans le sport aussi : il y a quelques semaines, une joueuse de football américain avait signé son but d’un petit « frottage de popotin » sur la tête (le casque) d’une adversaire dangereusement penchée vers l’avant. Un comportement sévèrement sifflé bien entendu.

Depuis deux jours, c’est Studio Brussel qui est pointé du doigt. Le Vrouwenraad – branche néerlandophone du Conseil national des femmes, qui regroupe aujourd’hui une quarantaine d’associations flamandes – ne digère pas la (sic) « Campagne de cul » de Studio Brussel.

Incriminée, la pub pour le « Bubble Butt Contest » où la radio publique de la Communauté flamande, dépendant de la VRT, part à la recherche de la meilleure danseuse du pays. Il lui suffira de poster une vidéo pour tenter d’emporter le tournoi et rejoindre sur scène le groupe Major Lazer à l’affiche de Werchter le 5 juillet. Une vidéo où elle secouera ses fesses le mieux du monde. Et en rythme s’il vous plaît.

« Cette campagne nous rend malades », ont déclaré les membres du Vrouwenraad mercredi dans le quotidien De Morgen. Elles ajoutent se sentir « salies » et regrettent que l’événement ne se concentre que sur un aspect très particulier de la femme. Sur Twitter, le mot « misogynie » a évidemment beaucoup tourné ces dernières heures.

« C’est une action fun, s’est défendu dans la même page l’animateur radio et DJ Jan Van Biesen. Ce n’est sans doute pas la plus haute forme d’art et peut-être pas socialement très pertinent, mais c’est drôle. »

Le tollé rappelle celui qui avait accompagné en Flandre l’été dernier la campagne de l’hebdomadaire Humo, autour des « bikinibabes ». Sur le site du magazine, chaque festival était illustré d’une série de photos de filles en maillot de bain. Face aux réactions négatives, le site avait finalement décidé de retirer les images.

Pour traiter du même sujet, les festivals de l’été, Humo mise sur quelque chose de définitivement moins sexy cette année : la lutte contre les acouphènes. Moins de risque que l’Association pour la défense des acouphènes vienne se plaindre.

Osez la rencontre !