Gardiens choqués, bourgmestre déçu…
Le personnel de la prison de Nivelles était en grève hier, suite à une agression commise par un détenu. Le bourgmestre Pierre Huart a immédiatement pris un arrêté pour limiter la surpopulation carcérale. Après un couac jeudi après-midi, le texte devrait être appliqué par la police dès ce vendredi matin.
La surpopulation à la prison de Nivelles n’est pas un fait nouveau: en avril déjà, suite à un mouvement d’humeur des gardiens, le bourgmestre Pierre Huart (MR) s’était rendu sur place et avait décidé d’un geste fort: la prise d’un arrêté pour interdire, à partir de ce 1er juillet, qu’il y ait davantage de prisonniers par cellule que le nombre pour lequel celles-ci sont conçues. Un véritable ultimatum: le nombre maximal de détenus a été fixé par le maïeur à 248, sachant qu’ils étaient plus de 270 en avril, et que la prison de Nivelles a une capacité théorique de… 192 prisonniers!
Hier matin, à quelques jours de l’échéance donc, les gardiens ont décidé d’arrêter le travail suite à deux incidents. Le principal, c’est une agression commise par un détenu sur trois agents, dont un a dû être hospitalisé mercredi après-midi. D’après certaines informations, touchée aux côtes, la victime a par la suite été victime d’un malaise.
Et alors que les gardiens étaient à l’extérieur de l’établissement pour marquer le coup, hier, ils ont vu débarquer deux prévenus supplémentaires: ceux-ci devaient normalement être incarcérés à Forest, mais vu l’arrêté du bourgmestre en vigueur depuis quelques jours là-bas, un juge d’instruction aurait demandé qu’ils soient dirigés vers Nivelles. Pas de quoi, on s’en doute, apaiser la colère du personnel aclot!
Une nouvelle fois, jeudi matin, ce sont donc les policiers locaux qui ont été envoyés dans la prison pour assurer l’ordre, tandis que les gardiens étaient en grève à l’extérieur. Le bourgmestre Pierre Huart, dans l’urgence, a convoqué une réunion à l’hôtel de ville avec des représentants du personnel et de l’administration pénitentiaire, la directrice de la prison, le chef de la zone de police Nivelles-Genappe et le procureur du Roi.
A l’issue de cette entrevue, le maïeur a annoncé un nouveau geste pour accentuer la pression sur le Fédéral: il a signé un nouvel arrêté, pour rendre exécutoire immédiatement, c’est-à-dire jeudi à partir de 14 h, le texte élaboré en avril. En clair, il a confié à la police locale la mission de filtrer les entrées de la prison, pour empêcher l’arrivée de tous nouveaux détenus tant que le nombre de prisonniers à l’intérieur n’était pas ramené à 248.
Il est vrai qu’hier, ils étaient 287! Il y avait toutefois une condition: que les gardiens en grève reprennent le travail et donc que les policiers puissent œuvrer à l’extérieur plutôt qu’à l’intérieur de l’établissement.
Logique? Pas pour tout le monde. A 14 h, lorsque les agents prévus pour le service de l’après-midi se sont prononcés à main levée, ils ont refusé la reprise du travail. «Ce sont eux qui ont été confrontés directement à l’agression mercredi, glissait un représentant syndical sur place. Ils sont encore sous le coup de l’émotion et on peut comprendre. Le travail reprendra vendredi matin.»
L’arrêté interdisant l’arrivée de nouveaux détenus n’a donc pas pu être mis en œuvre immédiatement, et le bourgmestre Pierre Huart n’a pas caché sa déception. «Je reverrai les représentants du personnel, a-t-il commenté. Nous avons été attentifs à leurs propositions, des engagements avaient été pris mais ils n’ont pas été défendus…»
Le nouvel arrêté du maïeur aclot sera toutefois d’application dès la reprise du travail. Ce vendredi matin, donc, la police locale devrait empêcher l’arrivée de nouveaux détenus dans l’établissement pénitentiaire.



