Colgate-Palmolive, c’est fini
Ce vendredi, les travailleurs de Milmort prestent leur dernier jour. Une quinzaine d’entre eux ont retrouvé du travail mais 45 doivent encore être reclassés.
C’est l’application du plan de restructuration imposé en novembre 2012 par la direction américaine du groupe: le centre de recherche de Colgate-Palmolive, aménagé dans le zoning des Hauts-Sarts à Milmort, ferme ses portes ce vendredi après-midi. La fin d’une aventure qui durait depuis 1976, au moment de l’inauguration de ce site liégeois, pour certains des travailleurs: «C’est le cœur gros qu’ils ont passé ces derniers mois à expédier le matériel de recherche et de production aux quatre coins du monde», résume Gonzague Milis, secrétaire permanent CGSLB. Avec l’aide de l’ASBL Socran, des syndicats et de la Région, une quinzaine de travailleurs ont déjà été reclassés, les autres bénéficient d’un accompagnement personnalisé.
À l’origine de ce dossier, l’ouverture en 1976 d’un site de recherche et développement et de parfumerie sur 40 hectares de terrain dans le parc industriel des Hauts-Sarts, à Milmort. Au fil des années, les équipes s’étoffent et ce sont finalement plus de 200 personnes qui se retrouvent dans le laboratoire. Auxquelles il faut ajouter des dizaines d’autres travailleurs occupés dans l’unité de parfumerie, qui développe des arômes pour les produits cosmétiques et d’entretien pour ce géant américain qui en 2012, employait tout de même 39.200 personnes pour un chiffre d’affaires global de 12.950 milliards de dollars.
En 2007 cependant, un premier plan social est signé par les travailleurs, il se traduit par le départ de 60% d’entre eux. Et en novembre 2012, c’est un nouveau coup dur avec l’annonce d’une fermeture imminente et définitive du site: une procédure de licenciement collectif Renault est alors mise en oeuvre. «De nombreux sites ferment en Europe, reprend le secrétaire permanent du syndicat libéral. La recherche et développement va être rapatriée aux Etats-Unis, tout ce qui est production sera délocalisé en Inde et au Mexique.» La fermeture de la parfumerie, qui emploie encore 75 personnes, est aussi à l’agenda. Il ne devrait finalement rester en Belgique qu’une équipe de 25 personnes au siège de Bruxelles, en charge du commercial et de la logistique.
Reste, dans un contexte économique difficile, à relancer ceux qui, dès ce soir, n’auront plus de travail. «Une dizaine de personnes, surtout des chimistes et des pharmaciens, ont trouvé du travail chez Mithra Pharmaceuticals et quelques autres ont trouvé ailleurs», continue Gonzague Milis. Avec l’appui des syndicats, de Socran et du gouvernement wallon, d’éventuels repreneurs ont été démarchés, l’opportunité de relancer une activité de recherche sur le site a été plusieurs fois évoquée, un «book» reprenant les profils des travailleurs laissés sur le carreau a largement été distribué et continuera à l’être car, conclut le permanent CGSLB, «la fin de cette aventure, c’est aussi l’ouverture pour de nouvelles opportunités». Avec cet appel: «Toute solution pouvant permettre à un ou plusieurs de ces travailleurs de retrouver une nouvelle fonction serait accueillie avec enthousiasme.»








