Le portrait: Jan Bakelants, imprévisible Flamand
Le Belge Jan Bakelants a signé sa première victoire majeure sur la 2e étape du Tour de France, dimanche à Ajaccio, après avoir essuyé plusieurs échecs souvent causés par son caractère aussi imprévisible qu’incontrôlable.
« Il est très, très fort, il est attachant mais c’est aussi un garçon très dur à coacher », confie son directeur sportif Alain Gallopin.
Né à Audenarde, lieu d’arrivée du mythique Tour des Flandres et coeur du cyclisme flamand, Jan Bakelants (1,77 m, 67 kg) est un passionné. Son talent est unanimement reconnu mais il n’a jamais réussi à véritablement en tirer profit. Sa saison 2008 était des plus prometteuses avec dix victoires dont Liège-Bastogne-Liège Espoirs et le Tour de l’Avenir, compétition qui rassemble les jeunes coureurs du monde entier. Passé pro l’année suivante, il n’a plus brillé depuis.
« Il m’a manqué de la chance, de la réussite. J’ai eu deux opérations après une chute au Tour de Lombardie 2010 (fracture genou et coude). Ça prend du temps pour guérir », explique-t-il, en admettant « avoir eu des opportunités » de victoires sur les Tours d’Italie et d’Espagne.
« Il a fait n’importe quoi »
Souvent dans les bons coups, il a au mieux décroché des places d’honneur. Cette saison a été un calvaire pour lui. « Il a eu des problèmes à un genou au début de l’année. Il est revenu au Tour de Romandie mais il a fait n’importe quoi. Il a dû arrêter avant le contre-la-montre car il voulait revenir trop vite, raconte Gallopin. En stage en Sierra Nevada, il a refait n’importe quoi. Je ne l’ai pas mis au Dauphiné. Je l’ai appelé et je lui ai dit : toutes les conneries que tu as faites, c’est fini. Tu fais de longs entraînements et tu arrêtes de faire n’importe quoi. Il a compris. » « Il n’a pas vraiment conscience de son potentiel », estime le Français.
Le coureur, titulaire d’une licence d’ingénierie biologique, ne s’intéresse pas qu’au vélo. Mais quand on lui fait remarquer que son compatriote Maxime Monfort raconte que, contrairement à beaucoup d’autres coureurs, il ne parlait pas des voitures et des filles, il rectifie : « Les voitures et les filles m’intéressent aussi. Et ici (sur le Tour de France), on a de beaux exemplaires sur le podium ! ». « Je pense qu’il y a plus que le vélo dans la vie, reprend-il, mais actuellement le vélo tient la première place ».
Avec sa victoire inattendue dimanche, le vélo y est probablement durablement installé.



