Budget: «Des mesures fortes, mais pas de grande réforme»
L’accord sur les budgets 2013 et 2014 est « fort et équilibré sur le plan budgétaire et politique », commente Carl Devos. Il devrait convaincre la Commission européenne, malgré l’absence de grande réforme socio-économique, analyse le politologue de l’université de Gand. Entretien.
L e gouvernement a fait un effort plus important (750 millions d’euros) que celui demandé par le comité de monitoring (524 millions), alors qu’on a entendu dire dans la bouche de certains qu’on était à l’os, qu’il n’y avait plus de marges. Il y avait donc clairement moyen de faire encore des économies…
Oui, et il y a plusieurs raisons à cela. Premièrement : en allant plus loin cette année, on rend l’exercice 2014 moins difficile. Deuxièmement, c’est un moyen de convaincre l’Europe. On peut constater qu’il ne faut plus séparer ajustement budgétaire 2013 et budget 2014 puisque toutes ces mesures font partie d’une même opération, d’un même processus. C’est aussi, sur le plan politique, vu les élections qui se profilent, une manière pour le gouvernement Di Rupo de dire : nous sommes capables de décider et de prendre des mesures fortes.
La Commission européenne a réclamé à plusieurs reprises des mesures structurelles. Est-ce le cas ici ?
Oui, dans le sens où plusieurs mesures auront des effets pendant plusieurs années. Et non, par ailleurs, car on n’a rien décidé concernant les pensions, le marché de l’emploi. On a donc des mesures fortes, mais sur le plan budgétaire strict : il n’y a pas de grande réforme structurelle telle que demandée par la Commission. On voit donc que le gouvernement a voulu convaincre l’Europe sur les chiffres, mais qu’il est impossible pour lui d’assumer, à un an des élections, des grandes réformes.
Le gouvernement se ménage du temps pour éviter une amende européenne tout en se préservant vu l’échéance électorale ?
Exactement. Mais sur le plan budgétaire strict, c’est un accord très fort, équilibré, sur le plan budgétaire mais aussi politique. Il y a des décisions importantes, notamment la « fairness tax » (impôt minimum des sociétés). Mais il ne contient pas de grande réforme socio-économique telle que recommandée par la Commission. Je pense qu’il y a une forme de compensation : on fait ce qu’on a à faire sur le plan des chiffres, et même davantage, avec des mesures qui portent sur plusieurs années, qui sont donc structurelles de ce point de vue, mais qui ne sont pas les grandes réformes demandées par l’Europe.
La question est désormais de savoir si les entités fédérées vont consentir à faire un nouvel effort. Didier Reynders leur a dès ce matin mis la pression. En Flandre, la N-VA est réticente. Côté francophone, on n’est pas très chaud non plus. Cela s’annonce compliqué…
Oui. C’est le maillon faible de cette négociation budgétaire. La N-VA a conditionné sa participation au budget à la participation des gouvernements du sud du pays. Il y a beaucoup de pression désormais sur les gouvernements bruxellois et wallon.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Mencken dit le 01/07/2013, 13:13 Attendez un peu. Que va faire la flandre avec tous ces fonctionnaires fédéraux qu'il faudra bien recaser ? Ils sont majoritairement flamands ! C'est déjà le cas avec la scission judiciaire de Hal Vilvoorde. Mais de cela on ne dit mot !!
les journalistes payés par des hebdomadaires largement subsidié par nos impots donc les caste politique qui les distribuent n'ont plus aucune pertinence concernant le fond. Les journaux sont obligés de taper dans les mains et vanter les merites des politiciens afin de maintenir les aides... donc plus de contre pouvoir et un tout droit vers la dictatures des partis









j'adore la mesure qui consiste à diminuer de 20% l'alloc "rentrée scolaire".... vraiment pour embeter les familles mono-parentales par exemple.... par contre, limiter les allocs à 3 ou 4 enfants, çà on peut pas hein, c'est raciste !!! c'est tellement plus "politiquement correct" de s'assurer d'encore moins bien équiper nos petites têtes blondes, afin de les plomber encore un peu +, pour dire qu'ils ne se rebellent pas contre l'autorité politique d'ici 25 ans...