Marilou Berry: «Les gens sont cons, les enfants encore plus»
Dès mercredi, la fille de Josiane Balasko est à l’affiche de «Les reines du ring». Elle est aussi la vedette de «Joséphine», en salle depuis mercredi.
Dans son premier film, Comme une image, de Agnès Jaoui, il y a dix ans, Marilou Berry en voulait au monde entier car elle n’avait pas le look des filles de magazine. Au récent Festival de Cannes, la fille de Josiane Balasko en a schotché plus d’un en apparaissant avec 25 kilos en moins, des lunettes noires et une chevelure blonde. Si l’actrice a toujours été bien dans sa peau, elle l’est plus encore aujourd’hui. Sa métamorphose lui ouvre d’autres horizons. Comme celui de Joséphine, une vraie girly, héroïne de la comédie romantique de Agnès Obadia. Comme celui de Rose, catcheuse et jeune mère sortant de prison, dans la comédie dramatique de Jean-Marc Rudnicki. Un rôle un peu « frères Dardernne » dirait-elle. Mais c’est totalement girly qu’elle nous rejoint à la terrasse d’un palace bruxellois où très vite,on saisit que Marilou est bien la fille de Josiane Balasko. Elle a les mêmes intonations de voix et faut pas l’emmerder.
On a beaucoup parlé de votre métamorphose physique. Cela vous flatte ou ça vous agace?
Ca me fait rire car il y a un moment que j’ai changé. J’ai l’impression qu’on me redécouvre à chaque fois. Les journalistes ont la mémoire courte et la main flemmarde. Ils se contentent de recopier Wikipedia.
Vous avez des exemples?
Il y a a peu, on a dit que j’étais la fille de Claude Berri ! On a dit aussi que j’étais la fille de Richard Berry qui est mon oncle. On a dit que j’avais gagné un César, ce qui me flatte, mais ce n’est pas le cas. On dit beaucoup aussi en ce moment que j’ai enfin des premiers rôles. En fait, j’ai commencé avec des premiers rôles !
Mais à 30 ans, vous décrochez votre première comédie romantique, « Joséphine »...
Oui. Si je n’avais pas perdu du poids, je n’aurai jamis eu ce rôle.Avec 30 kilos de plus, il y a plein de trucs que vous ne pouvez pas faire. Ce rôle, j’en avais envie. J’avais envie d’être très féminine, très girly.
Avec des fesses énormes !
C’est ça qui était marrant. On m’a mis un faux cul et cette prothèse de fesses influence ma manière d’être et de marcher. Ce film parle des trentenaires. On est une génération le cul entre deux chaises.
Dans « Les reines du ring », vous êtes catcheuse et mère...
Oui, j’ai découvert l’univers du catch et faire le gala des catcheuses m’a procuré le plus grand kif de ma carrière d’actrice. J’ai ressenti une poussée d’adrénaline comme jamais. C’est aussi mon premier rôle de mère. Un rôle sombre, un peu « frères Dardenne ». le travail passait par le non-travail.
Où vous situez-vous entre ces deux personnages ?
Nulle part car pour moi, ce sont des films. Ok, c’est moi car je les joue et que la frontière est mince, c’est le paradoxe du comédien. Mais pour moi, jouer la comédie, c’est un travail. J’arrive le matin, je me fais maquiller, je joue ma scèn et je rentre chez moi. C’est comme quelqu’un qui va au bureau. Il n’y a pas ce côté mystérieux qu’on veut donner à ce métier. En fait, c’est beaucoup plus simple.
Contrairment au type qui va au bureau, vous jouez avec vos émotions ?
Pour moi, ce n’est pas très différent. Acteur, c’est un vrai boulot comme boucher.
Et vous en rêviez petite ?
Je voulais faire tous les trucs en « ère » mais rapidement, ce fut actrice. Ca avait l’air super chouette. Et c’est le cas.
Votre mère vous a donné des trucs pour durer ?
Plutôt une éducation, une manière d’appréhender la vie qui fait que je suis à l’aise dans ce métier. Je ne me prends pas la tête. Je vis les choses simplement. Je n’attends pas qu’on m’appelle. Je n’ai pas peur de l’oisiveté. Je fais ce que j’ai envie.
Etre fille de... fut toujours cool ?
A l’adolescence, qui n’est pas la période la plus sympa, ce fut lourd. Car les gens sont cons et méchants, les enfants encore plus. J’avais le sentiment de ne jamais être personne. Mais ce fut assez bref.
Aujourd’hui, vous vous réalisez pleinement ?
J’écris une comédie d’aventure et j’ai envie de réaliser. Etre comédienne devient assez frustrant. On ne décide de rien. Una cteur fait ce qu’on lui demande. Il est là pour remplir le contrat. Etre metteur en scène, c’est choisir. C’est ce que je veux.









