A Narbonne, la maison de Jacques a vu son prix croître de 80%
A 69 ans, Jacques vit une retraite paisible entre Namur et… Narbonne, où il a fait l’acquisition, fin 2002, d’une petite maison de ville. Après avoir été fonctionnaire dans une grande administration à Bruxelles, son rythme de vie a radicalement changé : aujourd’hui, il passe deux semaines dans un appartement qu’il loue dans la capitale wallonne, puis une semaine dans l’Aude dans une monofaçade se situant à 50 mètres de la cathédrale. « Et surtout à deux pas du canal de la Robine, insiste-t-il. C’est cet endroit magnifique qui m’a poussé à investir dans le Sud. »
Deux étés pourris en Belgique à la fin des années 90 poussent Jacques à prendre la direction du grand Sud. Pendant trois semaines, il sillonne en voiture une dizaine de villes à la recherche de son nouvel eldorado. « J’ai visité Aix-en-Provence, Avignon, Montpellier, Carcassonne…, commence-t-il par énumérer. Les vols low-cost n’existaient pas encore vraiment à l’époque. J’ai cherché ma maison pendant six mois. Quand je l’ai trouvée, c’était un taudis. J’ai fait pour 45.000 euros de travaux et maintenant, c’est un bijou. Fait cocasse : quelques semaines avant d’acheter, j’apprenais que Ryanair ouvrait une ligne Charleroi-Carcassonne, qui se situe à 60 km de Narbonne. Je n’en croyais pas mes oreilles ! Mais j’étais très sceptique sur sa durée de vie. Onze ans plus tard, il y a un vol par jour et l’avion des Belges est toujours plein… »
Dix-sept fois par an, Jacques se rend ainsi à l’aéroport de « Brussels South », direction Narbonne où un copain l’attend avec sa propre Peugeot 206, achetée en Belgique, et qu’il laisse là-bas pendant ses séjours à Namur. « A l’aéroport de Salvaza, ils me connaissent par cœur !, plaisante-t-il. Célibataire, je peux voyager quand bon me semble. En moyenne, mes vols aller-retour me coûtent 65 euros mais je les réserve cinq mois à l’avance et je ne voyage jamais le week-end. »
Si la proximité d’un aéroport low-cost n’a pas influencé son choix de départ, Jacques est conscient que celui-ci a contribué à doper le prix de sa maison qu’il revendra un jour, vraisemblablement selon la formule du viager. « Mais pour que celui-ci soit rentable, je devrai attendre mes 75 ans, dit-il, visiblement très au courant des us et coutumes du marché immobilier. D’ici là, je continuerai à manger mes huîtres à Gruissan et à profiter du soleil et de la douceur de vivre car, croyez-moi, à Narbonne, ce ne sont pas des acharnés du boulot ! »
Selon Jacques, la valeur de sa maison a augmenté de 80 % en dix ans. Pour un placement réussi, c’en est un. « Au début des années 2000, le marché immobilier de Carcassonne et de ses environs était à son apogée, surtout à cause des Anglais qui débarquaient en masse. Mais on pouvait malgré tout acheter une baraque de village (sic) à retaper pour 50.000 à 60.000 euros. Aujourd’hui, la même maison vaut plus du double. »
Si la présence dans la région des vols Ryanair tire les prix de l’immobilier vers le haut, elle est toutefois tempérée par une autre réalité : la revente des biens appartenant aux Anglais. Quand ceux-ci décèdent, leurs enfants souhaitent rarement garder la maison. « La revente de biens par une nouvelle génération fait qu’il y a de nouveau de belles occasions à faire dans le coin… », avance Jacques qui laissera le soin à d’autres, plus jeunes que lui, de s’y essayer.
D’ici à ses 75 ans, notre ancien fonctionnaire compte bien continuer à profiter de ses séjours à Narbonne, où il dévore l’Indépendant, la gazette locale qui accompagne son croissant du matin. Après quoi, Jacques lit Le Soir, qu’il se procure sur place avec un jour de retard. Mais là, ses épais sourcils se dressent. « Il coûte 2,30 euros en semaine et 2,80 euros le week-end. Vous imaginez ? »
Des huîtres délicieuses et pas chères, ça se mérite non ?…








