Mariage low-cost et immobilier: attention à l’atterrissage forcé!
Depuis plus de 15 ans déjà, les promoteurs immobiliers et offices du tourisme locaux ont pris le pli de spéculer sur l’ouverture d’un aéroport local et sur les dessertes des compagnies low-cost pour multiplier les offres de secondes résidences à proximité. L’association avion/soleil/mer ou neige est ainsi devenue la recette gagnante un peu partout. Pourtant, un simple grain de sable dans les rouages de cette union sacrée entre offre et demande vacancières boostées au kérosène, et le placement immobilier peut s’effondrer comme un château de cartes. Inventaire des risques connus.
La bulle spéculative. Aujourd’hui en Espagne, plusieurs investisseurs étrangers se mordent les doigts d’avoir placé leurs économies dans la brique andalouse ou catalane il y a quelques années en escomptant une plus-value annuelle à deux chiffres. Non seulement ils devront patienter environ dix ans au mieux avant de voir leur placement reprendre de la valeur, mais ils devront revoir également leurs rendements locatifs à la baisse. Il faut donc bien choisir le lieu et le moment pour investir.
La monnaie forte. Durant près de dix ans, les pourtours de la Méditerranée – Espagne et France en tête – ont fait la danse du voile aux retraités anglais, dont les économies en livres sterling offraient un cours de change particulièrement intéressant face à l’euro. Il a suffi que la livre soit dévaluée, lors de la récente crise financière, pour que ces investisseurs-vacanciers anglais peinent à rembourser leurs traites mensuelles et espacent leurs déplacements… tout comme les compagnies low-cost délaissées. Une perte sèche pour des lieux de villégiature qui avaient trop exclusivement misé sur ce public temporairement porteur, notamment dans la région espagnole de Murcia.
Le caprice ou la santé du transporteur. On connaît le caractère tranché de Michael O’Leary, le bouillant patron de Ryanair, qui n’avait pas hésité à interrompre (temporairement) sa desserte de Marseille suite à un conflit syndical local. Mais d’autres compagnies aériennes ont récemment interrompu inopinément leurs liaisons avec telle ou telle destination à la mer ou à la neige. En cause : des problèmes financiers ou des soucis de rentabilisation de lignes par temps de crise. Ainsi, entre février 2012 et avril 2013, pas moins de neuf compagnies aériennes européennes ont été déclarées en faillite, dont les espagnoles Spanair, Air Madrid et Iberiaworld Airline (Orbest).
Les dégâts collatéraux d’une catastrophe. On l’a récemment vu pour les navires de croisière, avec le naufrage du Costa Concordia et ses effets temporaires sur le secteur du tourisme de croisière, ou le tsunami en Thaïlande, mettant à mal les infrastructures de toute une région. Une catastrophe climatique, un accident d’avion ou un attentat peuvent passablement plomber une destination de tourisme. Le problème, pour conjoncturel qu’il soit, peut mettre à mal un investissement immobilier à l’étran ger, pour autant que le montage financier soit trop serré.
L’instabilité politique du pays. Comme c’est actuellement le cas pour plusieurs pays du Maghreb et du Moyen-Orient, la situation politique intérieure peut plomber durablement le fragile équilibre unissant résidence de tourisme et ligne aérienne régulière ou low-cost. Certains observateurs émettent pour l’instant certaines craintes pour des marchés touristiques en plein essor comme le Maroc ou la Turquie, où nombre d’Européens, Belges y compris, ont investi dans la brique au soleil.








