Un urgent besoin de révolution fiscale
C’est le lot de chaque budget, ou presque. A peine annoncées, plusieurs mesures se heurtent à la critique : impraticables, peu rentables, contraires au droit européen… La cuvée 2013 respecte la tradition, singulièrement pour ses mesures phares. La « fairness tax », pudique appellation pour « impôt minimum des sociétés », suscite un certain scepticisme. Pareil, d’ailleurs, pour d’autres éléments de ce budget, qu’il s’agisse de l’imposition de certaines sicav, ou de la taxe sur les banques.
Le gouvernement Di Rupo aurait-il mieux fait de s’abstenir ?
Faut-il rappeler que notre pays a vécu dans l’immobilisme entre 2007 et 2010 ? Puis, pendant les négociations fédérales 2010-2011, toute l’énergie a été absorbée par le communautaire… Avant que la menace des agences de notation ne presse les négociateurs, enfin penchés sur les thèmes socio-économiques. Au final, l’accord de gouvernement osait de vraies réformes, mais seulement en matière de pensions et de chômage. De réforme fiscale, il ne fut point question, le temps pressait trop. Or, le gouvernement Di Rupo n’a qu’une bible : l’accord de gouvernement. S’en écarter, c’est mettre en danger la fragile coalition. Conclusion : pour la réforme fiscale, il faudra repasser, après les élections de 2014. Il y a bien quelques groupes de travail qui planchent sur des pistes, des présidents de parti qui se positionnent. Mais la réforme ne pourra être discutée que dans le cadre des négociations pour la formation du futur gouvernement…
D’ici là, les mesures fiscales, nécessaires à l’équilibre d’un budget approuvé par la gauche et la droite, ne seront nécessairement que des emplâtres sur une jambe de bois. Des mesures symboliques ou des mesurettes de correction. Souvent adoptées dans la nuit, puisque, en Belgique, c’est une autre tradition, on ne boucle un budget qu’à une heure indue.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Tous é 22% d'imposition, et fin de toutes les primes, les ris défalcations, les abatements, les aides, etcetc. Je suis d'accord pour des emprunts à taux avantageux pour financer des gros investissements (machines) qui permettent d'agran dir la société et auygmenter l'emploi. Mais je ne vois pas où est l'intérêt publique à financer (déductions fiscale) pour remetrre en peinture la facade, des noiuveaux ordinateurs, pour la nouvelle voiture du patron, un domicile (2me domicile)pour le patron, du sponsoring pour le club du village. Tous ces frais qui sont décomptés pour réduire les bénéfices, donc l'impôt. CE que les uns ne payent pas, d'autres devront suppléer.
[Edito complémentaire] (suite et fin) L'augmentation du profit au détriment du salariat explique pourquoi les salaires ont stagné depuis 30 ans malgré une augmentation constante du PIB/habitant (les bas salaires expliquent aussi l'ouverture du crédit à la consommation). Le nombre de millionnaires a augmenté considérablement sur la période, et la Belgique est le pays qui compte le plus de millionnaires par habitant. La crise des recettes fiscales, les privatisations et le sauvetage des banques (remember 2008) se sont conjugués pour lancer la nouvelle-ancienne idéologie du XIXème: l'austérité. Ainsi, malgré que le PIB/hab. de la Belgique est le 9ème du monde (le 1er si l'on exclut les producteurs de pétrole et les paradis fiscaux), la crise des recettes et le sauvetage des banques grèvent notre pays et le saignent. La question qui se pose est donc: que donnerait une révolution fiscale dans le pays le plus riche du monde au moment où il n'a jamais été aussi riche dans son histoire?
[Edito complementaire] (suite) Ainsi j'emboite joyeusement le pas de Mme Lamquin pour cette promenade fiscale, et je propose quelques chiffres afin de nourrir le débat, la controverse, le pugilat, bref la lutte des classes. Depuis plus de quinze ans, les riches et les grandes entreprises ont bénéficié de réductions fiscales dans la plupart des paysde l'OCDE. Cela couplé à la financiarisation de l'économie et aux système des offshores a causé une crise des recettes pour nos gouvernements. On estime qu'en moyenne sur les pays OCDE la part du PIB alloué au profit du capital a augmenté de 7% depuis 1982 (9.3% en France), au détriment du salariat. Le coût du capital dans l'entreprise est tel que la construction d'un produit de 100 eur coûte actuellement 170 eur en France. Ainsi, parler de coût du travail sans parler de coût du capital dans la course à la compétitivité relève d'une erreur grossière, voire d'une idéologie.
En France un gouvernement théoriquement de droite défiscalisait les heures supplémentaires et maintenant le gouvernement Hollande les remet dans le chaudron. C'est donc le contraire de ce que vous demandez, sans d'ailleurs indiquer les buts économiques, ce qui est l'essentiel.








Le pays a besoin d'une révolution tout court !