Nouveau record de faillites en juin
Le cabinet Graydon vient de publier les chiffres des faillites pour le mois de juin. Les comportements de paiement et le manque de ressources sont principalement pointés par les analystes. La loi sur la continuité des entreprises aussi.
C‘est devenu une triste habitude qui n’est pas près de nous quitter. À chaque début de mois, les chiffres des faillites des entreprises belges publiés par Graydon continuent de confirmer la lourde tendance entamée en 2009. Et pour le mois de juin, ce ne sont pas moins de 1.033 entreprises qui ont mis la clé sous le paillasson, soit une hausse de 3,41 % par rapport à juin 2012.
Ce premier semestre 2013 est d’ailleurs le plus lourd jamais enregistré par Graydon « depuis le début de ce siècle » (sic), cumulant, à l’exception de mai, les records mensuels (voir illustration). Au niveau des Régions, cela se traduit par une hausse généralisée, principalement subie par Bruxelles-Capitale (+33,4%). La Flandre s’en sort mieux avec une légère hausse de 4,8 %. Enfin, la Wallonie accuse une augmentation de 6,1 % de faillites.
« Après les premiers signes de la crise de 2008 sur notre économie réelle, le nombre de faillites ne cesse d’augmenter de façon très significative », commente Eric Van den Broele, Senior Manager à la recherche chez Graydon.
Or, ces trois derniers mois révèlent un nouveau phénomène. La deuxième vague de faillites identifiée en Flandre dans le secteur des moyennes et grandes industries s’étend désormais au centre et au sud du pays.
« Jusqu’ici, c’étaient principalement les secteurs de l’Horeca, de la vente au détail et de la petite construction qui étaient en première ligne à Bruxelles et en Wallonie, rapidement suivis par celui des fournisseurs en gros. Désormais, la tache d’huile s’est étendue à l’ensemble du royaume et à tous les étages », précise Eric Van den Broele.
Et ce dernier de pointer principalement les « comportements de paiement lamentables » (sic) de la clientèle. Ainsi, une facture sur huit est payée en retard ou ne l’est pas du tout. Résultat ? Une faillite sur quatre serait due aux mauvais payeurs…
Une autre observation concerne le manque de réserves et de ressources « à ce point épuisées que les coûts restant stables, les entreprises en pâtissent directement ». En guise d’explication, le chercheur observe que les entreprises investissent trop souvent sur de l’argent prêté plutôt que de renforcer leurs réserves et d’investir le « beau temps » revenu.
Graydon ajoute également la difficulté des PME à réduire leurs coûts, là où les grandes entreprises ont connu plus de succès ces derniers mois.
La loi sur la continuité des entreprises montrée du doigt
Plus gênant, Graydon met en cause, et ce n’est pas la première fois, le bien-fondé de la loi sur la continuité des entreprises. Selon Éric Van den Broele, celle-ci ne fait que retarder les faillites. « Nous constatons que la plupart des entreprises (environ 70 %) faisant appel à ce mécanisme finissent par déposer le bilan », déplore Eric Van den Broele. Pour rappel, cette loi abaisse les seuils exigibles pour les entreprises en difficultés afin de surmonter la mauvaise passe.
La critique de Graydon s’ajoute à celle déjà formulée par le secrétaire d’État John Crombez, qui déclarait en septembre dernier dans les pages du Tijd que cette loi était « une aubaine pour les fraudeurs » et ferait l’objet d’une réforme prochaine. On attend toujours.
Au milieu de cette montagne de mauvaises nouvelles, on relèvera quand même que la courbe nationale des faillites ne connaîtra vraisemblablement pas de changement radical dans les mois à venir. «
On attend une hausse moins forte, mais certainement pas une baisse
», tempère Eric Van den Broele.
Vos réactions
Voir toutes les réactions Une seule explication à l'augmentation des faillites: c'est la politique libérale menée par la Commission européenne et Merkel qui est la cause de cette récession touchant, c'est le paradoxe, d'abord les PME et les petits commerçants!









Au ministère des finances, curieusement, on est ravi : une faillite, c'est excitant. J'exagère à peine, car il ne faut pas s'étonner des chiffres quand on voit à quel point on tente d'asphyxier les PME. Chaque trimestre, de nouvelles règles pénalisent l'entreprise, la PETITE, pas la grande, elle, elle est peinarde (et tant mieux pour elle).