A Belek, c’est le bonheur comme je le veux…
Le Club Med a ouvert son nouveau village en Turquie.
Seize villas avec majordome complètent un vaste domaine dédié à tous les types de clientèle.
Mais elles sont uniquement proposées à la location.
Ne cherchez plus : le métier qui marche aujourd’hui, c’est GO (gentil organisateur) au Club Med. Six mois après l’ouverture du village à Pragelato (Italie), un an après celui de Valmorel et deux ans après celui de Sinai Bay, l’enseigne au célèbre trident a inauguré il y a peu sa nouvelle destination : Belek, en Turquie. Et on ne vous parle même pas ici du village de Guilin qui fera son baptême du feu cet été en Chine (trois autres villages sont prévus dans ce pays dans les trois ans à venir).
Comme à Pragelato, où il s’était installé dans un village qui avait servi de dortoir pour les Jeux olympiques de Turin, le Club Med a investi des lieux déjà existants sur la Riviera turque.
Construit il y a un peu plus de cinq ans par un magnat de la céramique, l’énorme village de vacances qui s’étend le long de la Méditerranée, à une trentaine de kilomètres de l’aéroport d’Antalya, avait les plus grandes difficultés à atteindre un taux d’occupation de 60 pour cent.
L’expérience et le réseau du Club Med, qui a effectué quelques gros travaux d’aménagement du site et qui en assurera la gestion hôtelière, permettront sans mal de remplir à plusieurs moments de l’année les 1.200 lits que propose le vaste domaine.
Les premiers signes sont, en tout cas, très encourageants. « Un mois après son ouverture, Belek arrive déjà en tête de nos ventes pour l’été en Belgique, affirme Hadi Kamouh, le responsable du Club Med pour le Belux. Ce succès nous a quelque peu surpris mais ce fut pareil avec Sinay Bay, Valmorel et Pragelato… »
Avec la mer turquoise en face de lui, les doigts de pied en éventail sous le parasol, le touriste ne manquera pas d’admirer un village qui présente comme autre particularité de s’offrir en deux versions : la première, plus adaptée à des familles avec enfants qui profiteront à souhait des toboggans et autres attractions faisant penser à un parc aquatique, et la deuxième, située à l’autre bout du village, côté golf, plus au calme.
Deux faces pour un village classé quatre tridents qui offre même un troisième visage : face au golf, 16 villas attendent le client pour des séjours personnalisés et plus intimes. Mais contrairement à la Plantation d’Albion (île Maurice) ou Valmorel (avec les chalets), les deux autres villages où ce type d’hébergement existe, les villas de Belek, qui possèdent toutes une piscine intérieure et extérieure, ne sont proposées qu’à la location. Pas question, ici, d’en devenir propriétaire.
Le concept cartonne malgré des prix très « haut de gamme ». À Belek, au mois de juillet, vous pourrez loger dans une villa (trois chambres et 200 m2 habitables) moyennant entre 2.110 et 2.216 euros la nuit. Le tarif le plus cher est atteint en août avec 2.261 euros la nuitée. Si vous êtes un peu « juste » rayon finances, préférez le mois de novembre (979 euros). Le petit-déjeuner vous sera servi par le majordome attitré de la villa (ils sont Mauriciens et Turcs).
Bien sûr, à ce prix-là, vous bénéficierez d’une zone privée à la plage équipée de lits de plage équipés de voiles. Effet garanti. On viendra également vous y servir les boissons et vous aurez aussi accès gratuitement au parcours de golf, un dix-huit trous plutôt difficile (amateurs, passez votre chemin ou emmenez beaucoup de balles dans vos valises…) mais à l’entretien impeccable.
Réputé pour être le plus beau de Turquie, ce dix-huit trous vaut à coup sûr le coup d’œil. « Les locataires d’une villa, qui peuvent bien sûr se restaurer au village, pourront également le faire au club-house du golf qui est payant pour les autres GM (gentils membres), explique Sabrina Cendral, la responsable du produit « villas et chalets » du Club Med. Une conciergerie s’occupera de faire le lien entre les locataires des villas et le village, notamment pour les réservations. Enfin, le client peut bénéficier, s’il le souhaite, de services «à la carte», comme les soins prodigués à domicile ou l’organisation d’une soirée cocktails ou d’un barbecue privé. Il n’a qu’à commander et nous nous chargeons de tout le reste. Avec les villas du Club Med, on se situe clairement dans une gamme supérieure au cinq tridents. »
Le bonheur si je le veux mais surtout « comme » je le veux…
Toujours plus « haut de gamme », le Club Med ? Affirmatif. La stratégie a été dictée voici plus de dix ans par le patron Henri Giscard d’Estaing pour redresser un navire qui prenait l’eau. Et elle porte ses fruits. Car il est indéniable que ce genre d’offre de plus en plus exclusive a ses amateurs. « Les villas sont quasiment pleines tout l’été, c’est-à-dire durant la période qui s’étale du 1er mai au 31 octobre, affirme Hadi Kamouh. Le haut de gamme est désormais inscrit dans nos gènes et notre offre s’est intensifiée. Nous offrons aujourd’hui des villages classés 3, 4 et 5 tridents, auxquels s’ajoutent des villages 4 tridents avec espaces 5 tridents intégrés, et maintenant les villas et les chalets. Des réflexions au sein du management du Club Med ont lieu actuellement pour voir comment nous pourrions encore étoffer cette offre dans de nouveaux villages, voire des villages existants. »
Cette montée en gamme n’est pas une nécessité mais plutôt une réponse à la demande du client qui est toujours plus exigeant, toujours mieux informé. « Notre souci premier est de lui offrir le meilleur produit selon ses besoins spécifiques. Ici à Belek, c’est le golf et la table qui constituent les «plus» qui font la différence. Autre exemple : à Guilin, les GM auront l’impression de se balader dans un musée d’art moderne en plein air. »
Et le marché belge, le deuxième en importance du Club Med, mord à l’hameçon avec une belle avidité. « Deux tiers de nos ventes en Belgique se font sur des villages classés 4 et 5 tridents. Le public belge a fait beaucoup mieux que répondre à nos attentes… », conclut Hadi Kamouh.
Gérard Blitz, le fondateur du Club Med, peut décidément reposer en paix : même si l’esprit du camp de vacances tel qu’il l’avait imaginé a bien changé, ses compatriotes continuent de le représenter dignement…
PAOLO LEONARDI




