Pas de révolution chez Margiela à Paris

Julie Huon
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Au 3e jour des défilés de Haute Couture à Paris, en attendant Jean-Paul Gaultier, cet après-midi, voici la vision de l’élégance façon Maison Martin Margiela pour l’hiver prochain. De notre envoyée spéciale à Paris.

Fidèle à la tradition de cette griffe créée par le Belge Martin Margiela en 1988, personne ne montre son visage. Le créateur, qui s’est retiré en décembre 2009, a entretenu le mystère durant 21 ans, n’accordant aucune interview, ne publiant aucun portrait de lui, ne venant même pas saluer en fin de défilé. Priorité au vêtement.

Ce matin, à Paris, sa griffe montrait comme elle s’en sort bien sans lui. Suivant la ligne, masquant le visage des mannequins et présentant un travail d’équipe, aucun directeur artistique n’étant mis en avant, comme d’habitude, dans cette collection.

Deux choses frappent immédiatement. La première : on s’échappe complètement de l’esprit de construction/déconstruction cher à Margiela. Le vêtement à peine cousu, l’envers passant sur l’endroit, l’architecture du modèle dévoilé comme un squelette qui passerait par-dessus la peau. Rien de tout ça. La collection révèle des manteaux trapèzes bordés de fleurs, de mini-robes de mousseline noire, d’autres plus longues, brodées, très classiques, des fourreaux de soie, des drapés pourpres, rappelant les toges des empereurs romains. Les tons sont automnaux, difficile de retenir une pièce un peu marquante sauf peut-être ces micro-blousons comme en mosaïques de cuir.

L’autre chose qui surprend, c’est le jean. Du jean dans la Haute Couture, c’est plutôt rare. Pourquoi pas s’il est revisité, refaçonné, réinventé comme peut le faire un Jean-Paul Gaultier, mais là, il est hyper simple, même pas fashion, taille basse et retroussé sur de grandes bottes. On cherche, on s’interroge, on se demande pourquoi jusqu’à ce qu’on se rappelle d’un coup que Maison Martin Margiela a été rachetée en 2003 par le patron de… Diesel.

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Margiela à Paris

Osez la rencontre !