L’affaire Snowden provoque un imbroglio diplomatique en Europe

Camille Wernaers (avec agences)
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Après les révélations d’Edward Snowden, Paris et Berlin s’opposent sur la question d’un accord de libre-échange avec les États-Unis alors que le président bolivien Evo Morales, en provenance de Moscou, a été bloqué à Vienne.

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Le président bolivien Evo Morales devant son avion, bloqué à Viennes ©Reuters
    Le président bolivien Evo Morales devant son avion, bloqué à Viennes ©Reuters

L’affaire autour de l’informaticien américain en fuite Edward Snowden fait des vagues jusqu’en Europe. Invisible depuis son départ de Hong Kong il y a 11 jours, ce dernier a permis la publication le week-end dernier de nouvelles informations sur l’espionnage des communications de l’Union européenne, provoquant la colère des Européens. Ce mercredi d’ailleurs, la porte-parole du gouvernement français Najat Vallaud-Belkacem a plaidé pour une «  suspension temporaire  » des négociations entre l’UE et les États-Unis sur un accord de libre-échange, en raison des révélations sur l’espionnage des Américains en Europe. Côté allemand, on soutenait en revanche un démarrage des négociations la semaine prochaine comme prévu, provoquant un différent entre Paris et Berlin.

Evo Morales interdit d’entrer dans l’espace aérien européen

Soupçonné d’avoir emmené avec lui Edward Snowden, le président bolivien Evo Morales a vu son avion être forcé de faire escale à Vienne, après que plusieurs pays aient refusé de le laisser survoler leur espace aérien. Il a finalement pu quitter la capitale autrichienne mercredi en fin de matinée. Son avion s’est posé dans l’après-midi aux Canaries pour une escale technique avant de regagner la Bolivie. «  C’était quasiment comme un enlèvement de près de 13 heures  », a protesté le président bolivien, furieux, lors d’une conférence de presse à l’aéroport autrichien.

Il a notamment pointé du doigt la France, l’Italie, le Portugal et l’Espagne qui ont, selon La Paz, refusé à son avion le survol de leur territoire. Il s’agit «  d’une erreur historique  », a-t-il lancé, «  d’une provocation (…) envers la Bolivie et toute l’Amérique latine, c’est une agression envers l’Amérique latine  ». Une centaine de manifestants ont brûlé mercredi des drapeaux français à La Paz, et jeté des pierres contre l’ambassade de France en Bolivie, en réaction au refus de la France de laisser le président Evo Morales franchir son espace aérien.

Edward Snowden a essuyé mardi un refus de la part de nombreux pays auxquels il a demandé l’asile politique. En contact étroit avec de nombreuses capitales, les États-Unis ont dit avoir «  bon espoir  » que l’ex-consultant de la NSA rentre aux États-Unis.

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38. Labrador dit le 05/07/2013, 14:45

Les Européens commencent à avoir des problèmes avec le reste du monde, déjà discrédités moralement pour leur soutien douteux aux guerres militaires et civiles en Afrique ce qui ternit stupidement nos efforts de décolonisation, en froid avec la Russie, maintenant avec l'Amérique latine que cela se gâte, bientôt l'Asie? Toutes les régions du monde n'ont pas envie d'entretenir des relations vassales avec les USA. Nous payons notre manque d'autonomie. La Unasur exige que les pays européens présentent des excuses à Evo Morales, et c'est bien la moindre des choses, cela ne nous plairait pas qu'un de nos présidents soit traité de cette manière. Un minimum de réciprocité doit être respecté au niveau international. http://tiempo.infonews.com/2013/07/05/argentina-105017-la-unasur-exige-a-los-paises-europeos-que-pidan-disculpas-a-evo.php

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37. L'espingouin dit le 04/07/2013, 20:03

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais .... Telle devrait être la nouvelle devise de l'Oncle Sam. J'ai peine à croire au cynisme de Barak Obama, pourtant démocrate, pauvres américains, des points clés de leur constitution sont régulièrement bafoués par leurs autorités, et malheur à celui qui révèle les manoeuvres - honteuses - de leur gouvernement. Assange et Snowden en sont deux exemples criants, les pays démocratiques devraient se disputer pour avoir l'honneur de les accueillir sur leur territoire, et F... les vilains du gouvernement outre atlantique qui s'autorisent des comportements indignes.

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36. Louise_2011 dit le 04/07/2013, 16:45

Je rigole: tous ces pays qui crient bien fort, mais qui n'osent rien faire 1 parce que personne ne peut compter sur un traitre et 2 parce qu'ils ont besoin de l'argent et du soutien des USA!

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35. cherpay dit le 04/07/2013, 09:53

ENFIN! Leurs yeux s'ouvrirent et ils virent: Le grand mensonge depuis si longtemps répandu à tort et à travers...Que signifie désormais la bannière étoilée qui affronta jadis la croix gammée et la bannière au soleil levant, ou encore le marteau et la faucille sur les drapeaux rouges?C'est la bannière de l'impérialisme le plus absolu d'un pays dont la grande blessure narcissique reçue un 11 septembre, terrorise à son tour le Monde entier sans la moindre vergogne.Il faut bien dire que c'est lui qui maintenant menace nos Libertés au nom de son statut de "Gendarme du Monde"...Enfin, maintenant on voit, ON VOIT!!!!

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34. Manu Militari dit le 04/07/2013, 08:44

Une évidence s'impose Nous sommes les vassaux serviles de l'empire américain, tentant d'attraper pour notre maitre le méchant, le dangereux Snowden. Lequel Snowden nous a averti que le dit empire américain nous espionnait pour nous asservir encore d'avantage. C'est fou... on devrait le remercier ce gars là, lui accorder l'asile politique. Et bien non, on le recherche activement et on traite le président bolivien - l'excellent président soit dit en passant - comme un criminel. Pathétique.

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